jeudi 7 mai 2020

Pour une enfance heureuse




Dans son livre "Une enfance heureuse" paru en 2014, Catherine Guéguen  utilise la biologie et la science médicale, science « dure », pour nous faire comprendre l’importance pour le développement de l’enfant de l’environnement des premières années mais aussi les conséquences de cet environnement dans la future vie adulte de l’enfant.

Pour ce, elle s'appuie sur la composition du cerveau humain, des différentes étapes de construction du cerveau chez l’enfant et du coup des différentes étapes de maturation émotionnelle et affective de l’enfant. C’est vrai que si l’on peut trouver partout l’âge des premières dents, des premiers pas, des premiers mots, savoir quand le cortex pré-frontal devient opérationnel reste inconnu des parents. Et pourtant vu qu’il est essentiel dans la régulation des émotions, cette information serait bien utile pour comprendre les réactions de l’enfant et pour s’adapter en tant que parent. L’importance va même au-delà : une réaction sécurisante d’un adulte face à un enfant en stress, en pleurs, va aider à la construction dans le cerveau de l’enfant des connexions qui lui serviront dans le temps à gérer ses émotions.

Ensuite son livre montre toute une série d’expériences prouvant l’impact du stress et de l’environnement affectif de l’enfant sur le développement du cerveau avec notamment :
  • des petits rats bien maternés qui développent des neurones bien plus florissants que leurs camarades peu ou pas maternés.
  • Une étude qui montre une diminution globale du cerveau des enfants maltraités et notamment du cortex pré-frontal indispensable dans la gestion de nos émotions

Catherine Gueguen aborde aussi les impacts du stress sur la sécrétion d’hormones, impacts qui perdurent à l’âge adulte. Ces hormones jouent un rôle direct sur notre humeur et notre comportement. Elles peuvent apaiser comme elles peuvent nous angoisser, tout est question de quantité sécrétée.


S’énerver contre un enfant en colère n’apporte que stress et angoisse, adieu ocytocine, connue comme hormone du bien-être, ou endorphine, hormone qui diminue l’anxiété.

Entre impact sur le développement du cerveau et sécrétion d’hormones, Catherine Gueguen nous montre les conséquences à terme sur le cerveau adulte de l’enfant. Au-delà d’un certain âge, le développement en retard du cerveau ne pourra pas se rattraper. La quantité et le type d’hormones produites à l’âge adulte ne seront pas identiques entre un enfant materné ou non. L’enjeu va donc bien au-delà de l’éducation de l’enfant mais concerne aussi l’adulte en devenir et le comportement de notre société.

Autre information intéressant : un petit rappel de plusieurs connaissances et commentaires importants pour nos méthodes éducatives :
  • Le poids sur le parent de l’éducation qu’il a reçue enfant : elle va avoir un impact « sur sa vision de l’enfant, sur sa relation avec eux et sur sa façon de l’éduquer »
  • Le besoin d’empathie de l’être humain et tout particulièrement de l’enfant. Ce besoin d’empathie qui s’il est rempli permettra à l’enfant de se sentir compris, écouté.
  • Il est tout à fait possible de sortir du rapport de domination adulte sur enfant sans que l’enfant ne devienne un enfant-roi
  • L’éducation par la peur est très nocive
  • L’enfant imite ses parents, il apprend en imitant et il imite tout, y compris nos défauts

Il parait primordial de garder en tête notre fragilité face à l’éducation d’un enfant. Admettre sa fragilité nous permet de nous remettre régulièrement en question. Admettre sa fragilité, nous permet de demander de l’aide si on en ressent le besoin pour le bien de l’enfant et pour notre propre bien. Admettre sa fragilité, nous permet d’accepter nos erreurs et donc de s’excuser si besoin. Clairement nous ne sommes pas parfaits mais dans une gifle ce qui fait le plus mal c’est l’atteinte à la fierté pas le mal physique, pouvoir s’excuser n’annulera pas mais pourra réparer en grande partie.

Donc un livre à lire et à relire pour notre bien, le bien de nos enfants et le bien de notre société.

Pour une enfance heureuse de Catherine GueGuen

Pour aller plus loin :



mercredi 6 mai 2020

7 conseils pour aider votre enfant dyslexique

By Benjamin Stevens
Par Joshua Jenkins, enseignant, diplômé de Harvard, spécialisé dans l’aide à l’enfant dyslexique. Il enseigne à Newton, dans le Massachussets

“Je souhaite que les parents comprennent que leur enfant dyslexique est capable de lire et qu’il va lire.Ils doivent savoir que leur enfant a des forces, pas juste des faiblesses.”

En tant que professeur d'éducation spécialisée qui enseigne à des lecteurs  en difficulté souffrant de différents handicaps, notamment spécialisé pour l’enfant dyslexique, je dresse souvent des listes de choses que j'aimerais que les parents sachent sur leur enfant. Plus important encore, je souhaite que les parents de mes élèves comprennent que leurs enfants peuvent apprendre à lire et qu'ils le feront, mais que cela prendra du temps.Dans le processus, il est important de reconnaître leurs nombreuses forces en dépit de leurs faiblesses en matière de décodage, d'orthographe ou d'écriture. Je veux que les parents sachent que préparer leur enfant à faire face à leur handicap peut augmenter leur confiance en eux.De plus, cette préparation va leur permettre d'envisager un bel avenir. Les enfants doivent comprendre leur handicap ainsi que leurs forces, en défendant leur propre façon d’apprendre.

1) Notez les points forts de votre enfant

Votre enfant a beaucoup de capacités et de compétences !

Peut-être est il un bon dessinateur ou possède-t-il un excellent vocabulaire ? Peut-être a -t- il de grandes capacités d'écoute ou est-il excellent en sport ?Assurez-vous de noter ces talents et de leur dire que vous voyez les domaines dans lesquels ils sont bons.Souvent, j’ai l’impression que les parents de mes élèves sont trop absorbés par les lacunes de leurs enfants en matière de lecture.Ils en oublient parfois les choses que leur enfant peut bien faire.(Les enseignants sont “coupables” de cela aussi.)

Si votre enfant est doué pour les arts, utilisez ce talent à la maison !Cela pourra lui permettre de montrer qu'il comprend une histoire que vous avez lue à haute voix ; faites lui dessiner l’intrigue de l'histoire ou faites lui dessiner le personnage principal.
Ce n'est pas parce que votre enfant est faible en décodage des mots, qu’il a une écriture malhabile ou une mauvaise orthographe que vous ne pouvez pas le pousser à donner le meilleur de lui-même en utilisant divers moyens.Permettre à votre enfant d'utiliser ses points forts et l’encourager à le faire renforcera sa confiance.


2) Fêtez chaque succès !

Célébrez chaque succès en faisant un bon repas ou un jeu que votre enfant aime. Chacun d'entre eux. Ne vous fiez pas aux notes du bulletin scolaire pour juger des progrès de votre enfant. Célébrez sa lecture correcte d'un nouveau mot ou d’un petit texte. Mettez-vous au niveau de lecture de votre enfant et célébrez les réussites dès ce niveau. Si votre enfant est un débutant ou pratiquement un non-lecteur, célébrez le décodage des syllabes simples "le, la, lu”.



Photographer: Aw Creative | Source: Unsplash
Si votre enfant dyslexique commence à lire plus couramment, fêtez le moment où il se corrige de lui-même. Dans mon quotidien de travail de la lecture en petits groupes, je me retrouve à faire constamment des compliments ; c'est parce que je veux qu'ils sachent que je remarque leurs progrès et les choses qu'ils font bien. Si ce que nous lisons est un défi, un sourire et un petit mot comme "bon travail" peut changer la journée d’un enfant. Lorsque j'entends les parents de mes enfants s'inquiéter à propos des notes, je leur parle immédiatement d'une petite, mais merveilleuse réussite que leur enfant a eue en lecture ou en écriture ce jour-là à l'école. Harceler les élèves à propos des notes du bulletin scolaire ne va pas leur redonner confiance.

Les lecteurs en difficulté ont besoin de savoir ce qu'ils font de bien, et pas seulement leurs erreurs.

3) Soyez honnête avec vous-même et avec votre enfant dyslexique : fixez des objectifs


Un enfant dyslexique n'atteindra pas un excellent scolaire du jour au lendemain. Vous devez être honnête avec vous-même et avec votre enfant au sujet de ses progrès tout en vous fixant des objectifs réalistes. Un moyen facile de faire face au très, très long chemin (ai-je mentionné qu'il est long ?) qui mène à la lecture de bon niveau consiste à se fixer des objectifs concrets à très court terme.

En tant qu'enseignant qui utilise un système d'évaluation de la lecture et des livres nivelés, mon objectif pour les élèves est de progresser d'un seul niveau de lecture.

À la maison, vous pouvez même vous fixer comme objectif de simplement déterminer un temps de lecture tous les jours.Par exemple, vous pouvez suggérer à votre enfant de lire un certain nombre de livres de premier niveau en un mois (les livres de premier niveau sont des livres que votre enfant peut lire seul ou avec un peu d'aide).

Vous pouvez vous fixer comme objectif de lire un chapitre par semaine avec votre enfant.Faites un compte à rebours et rayez chaque livre ou chapitre, respectivement, jusqu'à ce que vous atteigniez votre objectif.

N'oubliez pas : vous vous fixez un objectif réaliste pour vous et votre enfant. Cela aura une incidence positive sur sa lecture.

Ce que fait réellement l'objectif, c'est de lui permettre de voir qu'il est capable d'atteindre un but, qu'il peut réussir.Vous leur donnez une chance de développer une autre force.

4) Ne laissez pas sa mauvaise orthographe arrêter votre enfant dyslexique



Si votre enfant a un trouble d'apprentissage, il est possible qu’il soit dyslexique et qu’il ait également des grosses difficultés en orthographe. Il se peut qu’il ait même du mal à se souvenir des mots très simples.

Voici un secret important.

Apprenez à votre enfant à faire face. Même si vos enfants ne peuvent pas épeler, ils ont encore d’autres manières de penser. Ils ont une créativité dont ils peuvent se servir pour s’exprimer. On peut être dyslexique et créatif !

Ne laissez pas la mauvaise orthographe rendre votre enfant muet.

Reconnaissez leurs bonnes idées. Encouragez-les à utiliser un dictionnaire, vérifier l'orthographe ou utiliser un logiciel de prédiction de mots.

Demandez à vos enfants de créer leur propre dictionnaire de mots personnels comme un outil à utiliser quand ils écrivent.

Parlez de votre enfant à son enseignant. Regardez quelle technologie ou quelles stratégies il pourrait y avoir pour aider votre enfant à réussir plus facilement.

Il y a beaucoup de choses de disponibles, mais vous ne verrez rien si vous êtes trop occupés à voir que votre enfant est incapable d’épeler ou d’écrire tel ou tel mot.

5) Partagez vos propres difficultés avec vos enfants


Montrez à votre enfant qu’il y a des choses qui sont encore difficiles pour vous aussi. Admettre que vous avez aussi des problèmes peut aider votre enfant dyslexique à comprendre que les gens ont des forces et des faiblesses.

Une anecdote que je partage souvent avec mes lecteurs frustrés est que j'ai toujours eu une mauvaise coordination entre mes mains et mes yeux.Et en tant qu'adulte, je fais même des blagues aux personnes avec lesquelles je suis régulièrement en contact : "Ne me lancez rien et ne vous attendez pas à ce que je vous lance quelque chose."C'est vrai, je suis nul dans presque tous les sports. Cependant, j'essaie toujours, et j'essaie encore.Quand je suis en vacances en famille et que nous avons l’occasion de jouer au beach-volley, vous me trouverez en train de m'agiter à côté du filet ou de plonger le nez dans le sable.

La morale : les enfants (et les adultes) devraient essayer des choses pour lesquelles ils ne sont pas doués. Il est toujours intéressant de travailler sur des choses qui ne leur viennent pas facilement.

En ce qui concerne la lecture, n'oubliez pas que lorsque quelque chose est difficile et ne vient pas facilement, vous ne voulez généralement pas le faire !Ce qui rend les lecteurs en difficulté encore plus anxieux à propos de la lecture, c'est la pression qu'ils subissent à l'école et à la maison pour apprendre à lire.C'est une raison de plus pour laquelle il est si important de se fixer des objectifs et de fêter chaque petite réussite.

Ainsi, lorsqu'ils savent que vous travaillez sur des choses qui sont difficiles pour vous, cela les soulage et ils se sentent moins seuls.

Lisez à haute voix à votre enfant.Votre lecteur dyslexique peut faire plus. . . si vous l’aidez !

Lisez à votre enfant chaque jour.


Quand on entend quelqu'un d'autre lire, cela développe la créativité et l'intérêt de votre enfant. Cela offre également une chance de travailler la compréhension sans devoir batailler pour déchiffrer le texte.

Un lecteur en difficulté n’aime pas lire des textes s’ils n’ont aucun intérêt. Il faut que les textes lus lui donnent la motivation pour continuer à travailler la lecture.Quand vous lisez à voix haute ou que votre enfant dyslexique écoute un livre audio (une véritable lecture humaine aux enfants est toujours mieux), votre enfant a la possibilité de se concentrer sur le sens des mots et du contenu.

Il développe des connaissances de base et cela lui permet de développer son imagination.La lecture de livres à votre enfant (ou écouter des livres audio) lui permet de profiter des livres que les autres enfants sont en train de lire. C’est mieux pour les enfants parce qu'ils sont adaptés à leur l'âge.

Le bonus supplémentaire de la lecture avec votre enfant ?Vous pouvez lui donner des explications et des détails en cas de besoin.

6) Les enfants se sentent pris en charge quand ils voient les parents et les enseignants travailler ensemble pour les aider


L'éducation de votre enfant dyslexique n'est pas une affaire privée qui exclut votre enfant !Il ou elle a besoin de savoir ce qui se passe. Expliquez lui ce qu’est la dyslexie.

Votre enfant doit être présent lorsque vous parlez à son enseignant.Sinon, il ne va pas comprendre quoi que ce soit lorsque vous lui direz d'aller jouer ailleurs pendant que vous et l'enseignant parlez entre vous.Faites une faveur à votre enfant dyslexique et dites lui où il en est sur le plan scolaire. Rappelez-lui quels sont ses talents, l'aide dont il a besoin et ce que vous allez faire pour l’aider à apprendre.

Rappelez-vous, les parents, que votre enfant doit avoir un plan et un objectif à l'esprit !

Rappelez-vous aussi que l'enseignant de votre enfant aura un plan pour lui également. Les enfants dyslexiques se sentent pris en charge quand ils voient que les parents et les enseignants travaillent ensemble pour les aider au mieux.

7) Les petites étapes peuvent déboucher sur de grands progrès.


La liste des activités pour améliorer la lecture de votre enfant pourrait continuer, mais il y a une chose plus importante à retenir : cela n’a pas besoin d’être compliqué.

Si votre enfant commence à peine à lire ou qu’il est un lecteur très lent, relisez les voyelles, les premières consonnes. Faites lui lire des syllabes simples, prenez votre temps.

Par Joshua Jenkins

mardi 5 mai 2020

Un parcours tout doux pour se faire du bien ! 👣



À télécharger et imprimer gratuitement !
Voilà plus d'une semaine que je travaille sur ce petit jeu "bien-être" que j'ai plaisir à vous offrir !
Ce jeu ne fait pas partie intégrante du matériel "Graines de magie" mais les illustrations en sont tirées ! Je l'ai juste créé parce que j'en avais envie mais il pourra être un joli complément pour ceux qui ont suivi la formation et qui ont le matériel ludique.
Un petit jeu tout doux pour entrer au coeur des émotions et des ressentis.
En cliquant sur l'image, vous pourrez le voir en plus grand mais pour le télécharger gratuitement en .pdf ainsi que ses annexes (règles du jeu, dé, pions, cartes "messages magiques"), allez directement sur le site www.grainesdemagie.com sous "Ressources" puis "Ressources gratuites Graines de magie".
Je l'ai relu plein de fois mais n'hésitez pas à me dire si il reste une faute d'ortho ou de frappe 😁
Amusez-vous bien !
Et prenez soin de vous et de vos proches 💕
Douces pensées

lundi 4 mai 2020

Confinement chez les enfants : "Transposer autant qu'on le peut la vie d’avant à l’intérieur"

Par Fiona Moghaddam



|La vie des enfants est généralement ponctuée de rituels. Des repères difficiles à conserver pendant le confinement. La psychanalyste Claude Halmos recommande alors de transposer le plus possible la vie d'avant à l'intérieur, tout en soutenant les enfants en ces moments bouleversants.Dans cette période inédite, "il est primordial d'écouter, de parler et d'accompagner les enfants", estime la psychanalyste Claude Halmos.

Photo prise à Besançon, le 21 mars 2020.• Crédits : Ludovic Laude - Maxppp


Entretien avec Claude Halmos, psychanalyste, spécialiste des enfants et autrice notamment de Dessine-moi un enfant (Le Livre de poche).

Qu’est-ce qu’un rituel pour un enfant ?

Un rituel est quelque chose qui se répète à l’identique, tous les jours, toutes les semaines ou à date fixe, et à quoi l’enfant est attaché. Il peut s’agir de vacances à tel endroit, de visites du dimanche à ses grands-parents, etc. Les rituels sont pour lui des repères. Parce qu’ils structurent le temps et parce que, la continuité de sa vie l’assurant de la permanence de son être (du fait qu’il est bien toujours le même), ils lui donnent un sentiment de sécurité. Dès lors, quand un événement, même sans gravité, vient soudainement bouleverser une routine rassurante (un incident, par exemple, sur le chemin entre l’école et la maison) l’enfant peut en être troublé, et même déstabilisé.

En fait, nous avons tous besoin, pour pouvoir, quoi qu’il se passe à l’extérieur, "nous retrouver", d’un tel sentiment de continuité de nous-mêmes. Et ce que nous vivons à l’heure actuelle, qui bouleverse toutes nos vies, nous bouleverse de ce fait, psychiquement, bien au-delà de ce que nous imaginons. Et les enfants sont particulièrement vulnérables car, étant des êtres en construction, le soutien des adultes leur est nécessaire pour supporter ce bouleversement.

En quoi les rituels sont importants pour les enfants ?

L’enfant investit les rituels consciemment et inconsciemment. Et il les investit du fait de leur fonction, que je viens d’évoquer. Mais aussi de leur contenu. Passer ses vacances chez ses grands-parents, quand on les aime, c’est à la fois retrouver leurs personnes, le lien particulier que l’on a à eux, leur mode de vie, leur maison, la trace de ce que l’on y a vécu au fil des années, etc. C’est retrouver des présences chaleureuses et des moments de joie, que l’enfant intériorise et dont il fait des points d’appui intérieurs.

Comment le confinement les perturbe-t-il ?

Ce qui se passe aujourd’hui pourrait être comparé à un tremblement de terre qui, en faisant vaciller nos existences, nous fait vaciller nous-mêmes. Tout être humain a besoin, pour tenir debout, de deux sols : un sol réel, sur lequel ses pieds reposent. Et un autre qui, symbolique, est constitué à la fois, par la place qu’il occupe dans son histoire familiale (transgénérationnelle) et par ce qu’il a construit dans sa vie présente (privée et sociale), sur quoi s’appuie son identité. Or aujourd’hui tout cela se fracture. Le confinement chamboule notre vie familiale, et nous prive de l’extérieur à cette vie que sont pour nous l’espace, et le temps de notre vie professionnelle et sociale. C’est une épreuve dont on ne mesure pas, pour le moment, l’importance.

Et cela l’est d’autant plus pour les enfants ?


Tout est toujours plus grave pour les enfants parce qu’ils sont, pour traverser ce qui leur arrive, dépendant des grandes personnes qui les entourent. Pour faire face aux problèmes, l’adulte peut s’appuyer sur l’expérience qu’il a déjà acquise dans sa vie et sur sa compréhension intellectuelle d’un certain nombre de choses. Et puis, il peut demander de l’aide. Un enfant n’a pas tout cela. Son expérience de la vie est trop limitée pour lui servir d’appui et il n’a pas un savoir suffisant pour comprendre ce qui se passe autour de lui. Il lui faut l’aide des grandes personnes. Mais s’il est accompagné par des adultes soucieux de l’entourer et de l’aider, il peut traverser toutes les épreuves. Et l’accompagner, cela veut dire deux choses. 
  • Cela veut dire d’une part mettre des mots sur la situation : la lui expliquer, écouter ce qu’il en dit (en l’invitant à s’exprimer "qu’est-ce que tu en penses, toi ?"), et l’aider à faire avancer les choses dans sa tête. 
  • Mais aussi, d’autre part, être là, physiquement, pour l’entourer de sa tendresse, de sa chaleur, de façon à ce qu’il ne se sente jamais seul : mettre son bras autour des épaules de son enfant quand on lui parle est aussi important que les mots. 
Si l’enfant est accompagné de cette façon, il peut affronter toutes les difficultés, et même en sortir plus fort, car cela l’aura aidé à se construire. Certains adultes racontent ainsi, en analyse, comment ils ont, soutenus par des adultes, et les voyant les vivre, surmonté des moments très difficiles. Et comment ces expériences leur ont servi, toute leur existence, de points d’appui, et permis plus tard de tenir bon, eux aussi.

Grace à ses échanges avec l’adulte, l’enfant comprend qu’il est une personne à part entière, qu’il compte et que l’on est là pour lui et avec lui. La pire chose qui puisse arriver à un enfant, c’est la solitude et même entouré de beaucoup de gens, un enfant peut être seul.

Justement, quelles seraient les conséquences pour des enfants pas ou peu entourés ?

Une angoisse trop importante, trop écrasante. Le confinement, aujourd’hui, fait subir à nos corps qu’il entrave (et plus encore à ceux des enfants) une contrainte, qui s’apparente à une violence : nous sommes enfermés, immobilisés. Et c’est bien sûr encore pire pour les familles confinées dans des espaces qui étaient déjà, en temps normal, trop petits. Le confinement nous contraint de plus à la promiscuité. Or, nous ne sommes pas faits pour rester, même si nous les aimons, 24 heures sur 24 avec nos proches. Nous avons besoin - et c’est vital - de pouvoir être seuls. Les enfants, aussi.

Nous sommes par ailleurs soumis à la peur permanente d’attraper une maladie que l’on ne sait pas, pour l’instant, guérir. Et tout cela sur fond d’informations terrifiantes et sans cesse répétées, sur les conditions de prise en charge dans les hôpitaux, le nombre des morts avérés, ou à venir, la façon dont ils seront inhumés.

Le monde extérieur est devenu dangereux, comme les personnes qui y circulent (et qui pourraient nous contaminer). Et la fin du confinement, qui pourrait apparaître comme une sortie du tunnel, est marquée, pour de nombreuses familles, comme d’ores et déjà leur vie présente, par la crainte d’une nouvelle "horreur économique" : "Vais- je retrouver mon entreprise, mon emploi, mon salaire ?"

Nous sommes donc, tous, confrontés à une masse - bien trop lourde - de peurs, liées à ces dangers tout à fait réels et d’angoisses (produites, chez chacun de nous, par ce que ces peurs – communes à tous et inévitables - font résonner, de nos histoires personnelles).

Et nous sommes d’autant plus désarmés pour faire face à tout cela, que – je l’expliquais déjà dans mon livre Est-ce ainsi que les hommes vivent ? (faire face à la crise, et résister) -, on ne nous a pas habitués à prendre en compte la légitimé de nos souffrances quand elles nous viennent, non pas de l’intime, mais de la société.

Or les enfants sont soumis, eux aussi, à tout cela. Ils sont privés d’une partie de leurs proches, notamment de leurs grands-parents, dont on leur dit qu’ils pourraient les contaminer. Ils sont privés de leur vie sociale (l’école, les copains), et de plus, il faut que nous en soyons conscients, traversés par tout ce que ressentent les adultes qui les entourent (ils le perçoivent, inconsciemment, toujours). Ils sont donc comme irradiés par une angoisse si forte qu’elle fait même vaciller leurs aînés et sans pouvoir souvent, leur en parler. Par peur d'accroître encore leurs difficultés, mais surtout parce qu’un enfant ne peut pas, sans aide, avoir suffisamment de recul pour prendre conscience de ce qu’il vit. Et puis il y a les enfants malheureux pour qui l’école, les copains, les enseignants sont d’habitude un moyen de souffler. Ceux pour qui, parce qu’ils appartiennent à un milieu défavorisé et n’ont pas accès à internet, l'école a complètement disparu. Et, pire encore, les enfants maltraités, soumis désormais jour et nuit, à leurs bourreaux.

Ce confinement met en lumière des problèmes de notre société qui étaient depuis longtemps criants, mais qui, aujourd’hui, se sont mis à hurler et c’est terrible… 

Sur le long terme, le confinement peut-il avoir des conséquences sur les enfants ?

Bien sûr, comme sur les adultes. Il peut les laisser dans un état comme d’après trauma, induire des fragilités, etc. Mais il est possible de les aider ! Et pour cela, il n’y a pas besoin d’un manuel de psychologie ou d’un "psy". Il y a besoin, seulement, de personnes à l’écoute. Il faut que les parents sachent que ce n’est pas parce qu’un enfant est petit qu’il a de petits problèmes, de petites douleurs, de petites peurs, ou de petites joies.

Les enfants ont des douleurs, des souffrances, des joies et des peurs qui sont à la mesure de ce qu’ils sont, et donc, proportionnellement, aussi fortes que les nôtres. Ils ont donc besoin qu’on ne leur cache pas la vérité, mais qu’on la leur explique. En posant que les adultes, ensemble, se battent pour la changer, que l’on va y arriver ; et qu'en attendant, il faut faire en sorte de "fabriquer", dans chaque maison, une vie aussi agréable que possible. 

Parce que les petites joies de tous les jours : un brin d’herbe, une histoire que l’on raconte, une attention, un sourire, sont des médicaments qui, eux aussi, au quotidien, nous soignent.

C’est une manière de remplacer les rituels ?

On ne peut pas remplacer les rituels, mais on peut continuer à les faire exister, par la parole : "C’est l’heure à laquelle d’habitude tu vas au judo. Comme ce sera bien quand tu pourras y retourner !" On nomme les rituels qui ne peuvent avoir lieu. Non pas pour pleurer leur absence mais, au contraire, pour assurer l’enfant qu’elle n’est que momentanée et maintenir ainsi la continuité de ses repères. 

 Par rapport aux visites chez les grands-parents, il est important d’expliquer aux enfants la dangerosité du virus pour les plus âgés, et de mettre en place des rendez-vous réguliers, vidéos ou téléphoniques. Ou, si ce n’est pas possible, de leur proposer de dessiner pour leurs grands-parents, le jour où on leur rend habituellement visite. Puis d’envoyer les dessins par courrier, ou de les garder pour les leur donner, une fois le confinement levé : un cadeau magnifique, qui leur fera tellement plaisir !

Il faut préserver les rituels et de façon plus générale, essayer de transposer à l’intérieur, autant qu’on le peut, la vie que l’on avait auparavant. Il faut organiser, et structurer les journées : temps d’activités scolaires, physiques, de loisirs, de communication avec les autres, etc. Et puis il faut aussi s’habiller, comme si l’on allait travailler, ou à l’école, cela fait partie des rituels. Et pour insignifiants qu’ils paraissent, ces rituels sont de minuscules points d’appui, de minuscules rambardes qui, ajoutées les unes aux autres, nous aident à tenir debout.

Donc la solution pour s’en sortir dans cette crise, c’est de parler et d’écouter les enfants ?

Les enfants ont besoin, pour se sentir épaulés, de savoir qu’une personne est là, prête à les écouter et à leur parler ; que l’on peut aborder, avec elle, tous les sujets, qu’aucun n’est interdit, et qu’ils ne lui feront pas de peine en parlant. 

Précision importante car les enfants essaient toujours de protéger, voire de soigner les adultes et en premier lieu leurs parents, surtout s’ils les sentent angoissés, ce qui est, en ce moment le cas. Il est donc important de reconnaître ses propres craintes, d’en expliquer la légitimité (comment ne serait-on pas inquiets en un tel moment ?) mais, en même temps, de rassurer les enfants en leur expliquant que les grandes personnes sont à même de gérer la situation, en s’appuyant les unes sur les autres et de continuer à les protéger. Ils peuvent donc vivre et dormir tranquilles et ne pas hésiter à énoncer leurs peurs, pour qu’on les aide à les chasser.

Le virus rôde, mais on lui fait la guerre. Et cette guerre on peut même, dès aujourd’hui, en faire des petites histoires ou des dessins que l’on pourra, quand elle sera finie, regarder tous ensemble, pour se souvenir, et se réjouir qu’elle soit enfin terminée.

À LIRE AUSSI

dimanche 3 mai 2020

"Au secours...je vais exploser!"

Sur le blog "Comme en famille", article de Clarence Henry-Delhumeau


 Depuis le 17 Mars, nous sommes confinés chez nous...nous vivons de grands moments de joie et de partage et aussi des moments où la cocotte minute éclate!!!!!
Alors, comment faire quand on en peux plus, que dame colère s'invite chez nous et que l'ambiance se détériore ?
Découvrez notre film et 6 astuces pour décompresser en cas d'énervement, de ras le bol ou de raz de marée ;-)


 


Vous pouvez télécharger ci-dessous le mind mapping des 6 astuces que nous utilisons pour décompresser.




samedi 2 mai 2020

22 RÈGLES FAMILIALES (À IMPRIMER)

Le site de papa positive.fr propose quelques règles à retenir et offrir ainsi un cadre sécurisant pour mieux vivre ensemble durant cette période.

Poser des règles familiales a plusieurs avantages.

Elles représentent en effet :
  • un cadre sécurisant et des repères
  • un outil pour mieux vivre ensemble selon des valeurs communes
  • des objectifs pour progresser

Notez que ces règles doivent évoluer au fil du temps. D’où la règle tacite : “nous proposons de nouvelles règles si besoin”.

Plus bas, je vous propose 22 exemples de règles avec les thèmes suivants : gratitude, confiance, optimisme, apprentissage, échec, réussite, émotions, tolérance, confiance en soi, forces et faiblesses, pleine conscience, respect …

Notez que l’emploi du “nous” resserre les liens et renforce la conscience d’appartenir à un groupe où chacun contribue à l’harmonie. Cette conscience se transpose aisément à l’extérieur de la famille.







Le fichier PDF est à télécharger ici.

vendredi 1 mai 2020

3 jeux pour se familiariser avec la Communication Non Violente en famille


Article du blog Apprendre à éduquer

On n’a pas toujours conscience qu’on peut être violent avec des mots ou être violent contre soi. Le processus de la communication non violente (CNV) vise à respecter toutes les formes de vie.

C’est amener soi et les autres non pas à agir par peur de la punition, par intérêt de la récompense ou par culpabilité, mais à partir de l’intention de comprendre et satisfaire les besoins de chacun.


La communication non violente est une invitation à la lenteur. – Fabienne Posca (formatrice en CNV)

On peut essayer d’être empreint de cette communication bienveillante autant que possible lors des conflits : est-ce que j’ai l’intention d’être connecté avec moi et avec l’autre avec lequel je suis en conflit pour nous rendre la vie plus belle ?

La Communication Non Violente (CNV) est un processus de communication en 4 étapes :




Un exemple : Quand tu as traversé la rue sans regarder, j’ai eu peur et j’ai besoin de prendre soin de toi. Je te demande de t’arrêter à chaque fois au passage piéton et de regarder à droite puis à gauche avant de traverser.

La maîtrise du processus de la Communication Non Violente requiert un travail en amont sur le vocabulaire des sentiments et des besoins, ainsi que la capacité à reconnaître un message qui accuse d’un message qui exprime un besoin.

Les 3 jeux proposés ci-dessous s’y attellent :

Les feuilles des sentiments
Les cartes des besoins
Le langage chacal et le langage girafe

1.Les feuilles des sentiments


Imprimer la liste des sentiments et les découper en forme de feuilles d’arbre (un sentiment correspond à une feuille)





Dessiner deux arbres l’un à côté de l’autre sur une grande feuille :
  • le premier arbre a les branches ouvertes sur le ciel
  • le deuxième arbre a les branches tournées vers le sol

Ces deux arbres représentent les humains : le premier quand les besoins sont satisfaits, le deuxième quand les besoins ne sont pas satisfaits. On pourra écrire dans le tronc du premier “Quand mes besoins sont satisfaits” et dans le tronc du deuxième “Quand mes besoins ne sont pas satisfaits”.

Expliquer que tous les sentiments servent à alerter sur des besoins : les sentiments agréables sur des besoins satisfaits et les sentiments désagréables sur les besoins insatisfaits (on pourra poser des questions aux enfants : “Comment tu te sens quand ton besoin de manger est satisfait ? et quand ton besoin de faim n’est pas satisfait ?”).

Étaler les feuilles des sentiments par terre ou sur une table et présenter les arbres.

Prendre une feuille à la fois : lire le sentiment qui y est écrit, engager une discussion sur ce sentiment, le mimer, évoquer des situations dans lesquelles cet sentiment a été éprouvé. Une fois ce travail sur le vocabulaire effectué, décider ensemble quand ce sentiment est éprouvé : quand un besoin est satisfait ou quand un besoin est insatisfait ? quels exemples vécus ou vus/ lus dans une histoire ?

En fonction de la réponse, coller la feuille soit sur une branche du premier arbre, soit sur une branche du deuxième arbre.

Laisser la possibilité aux enfants de décorer, colorier, personnaliser les feuilles (par exemple, une couleur pourra être attribuée aux émotions agréables et une autre aux émotions désagréables puis dégrader ces couleurs selon l’intensité du sentiment).


2. Les cartes des besoins


Apprendre à identifier les besoins avec ce jeu de cartes positif

Ce petit jeu consiste à identifier certains de nos besoins, d’évaluer dans quelle mesure ceux-ci sont satisfaits… et de voir comment nourrir des besoins insatisfaits.





Je vous propose de télécharger les cartes des besoins issus de la Communication Non Violente (quelques besoins fondamentaux qui nous animent tous) : cartes besoins jeu CNV

Règles du jeu :
  • Télécharger et imprimer les cartes des besoins (les coller sur du carton ou les plastifier pour plus de solidité)
  • Retourner les cartes et les étaler sur la table (ou les tenir en éventail face cachée)
  • Piocher une carte et lire le besoin inscrit
  • Se connecter à ce besoin :
quand est-ce que je ressens ce besoin ?
comment se manifeste-t-il ?
comment je me sens/ qu’est-ce que je fais quand ce besoin est insatisfait ?
comment a-t-il été satisfait dans le passé ?
est-ce que cela m’a nourri.e et comblé.e ?
si non, comment pourrait-il être satisfait différemment dans le futur ?
comment je me sens quand ce besoin est satisfait ?
comment serait la vie si ce besoin était toujours satisfait ?
qu’est-ce que je fais au quotidien pour prendre soin de ce besoin ?
Partager ce qui se passe à l’intérieur (dans une approche tête/ corps/ coeur) une fois en connexion avec ce besoin :
qu’est-ce qui est vivant à l’intérieur ?
comment je me sens ?
Imaginer une action réalisable aujourd’hui pour nourrir ce besoin et se donner pour mission de la réaliser
Imaginer des actions concrètes pour nourrir ce besoin à l’avenir et éventuellement les noter sur un carnet


On peut jouer à ce jeu seul ou bien à plusieurs et tirer autant de cartes que voulu. Les enfants (dès 6 ans) comme les adultes peuvent y jouer : les enfants auront peut-être besoin d’explications et d’exemples pour clarifier la signification de certains besoins.

Apprendre à raisonner en termes de besoins est un premier pas vers la non violence.

Nous devons reconnaître nos besoins non satisfaits pour communiquer AVEC les autres, pas CONTRE les autres :
quand nous exerçons un jugement contre quelqu’un d’autre
quand nous exerçons un jugement contre nous même

Les jugements, critiques, diagnostics et interprétations portant sur les autres sont autant d’expressions détournées de nos besoins. – Marshall Rosenberg

Communiquer avec la communication non violente implique de trouver le besoin non satisfait qui se cache derrière chacun de nos jugements car les besoins sont la vie qui cherche une expression !

A partir du moment où les gens parlent de leurs besoins plutôt que des torts des autres, il devient beaucoup plus facile de trouver des moyens de satisfaire tout le monde. – Marshall Rosenberg

Nous pouvons nous entraîner, comme un jeu, à tenter de deviner les besoins à l’origine de n’importe quel message. Cette capacité à discerner les besoins des autres est capitale dans la résolution des conflits :

Chaque message, quel que soit son contenu ou sa forme, est l’expression d’un besoin. – Marshall Rosenberg

3.Le jeu des girafes et des chacals

Un jeu collectif pour mettre en pratique la communication non violente

Ce jeu est inspiré du livre Parents respectueux, enfants respectueux de Sura Hart et Victoria Kindle Hodson.

Objectif :
  • Élargir le choix dans la manière d’entendre un message
  • Apprendre à traduire le langage chacal en langage girafe
Préparation :

Chaque participant se dote d’oreilles de chacal et de girafe (à imprimer dans le livre mentionné, à acheter sur cnvc.org ou mettre les mains en cornet pour la girafe et poings fermés pour le chacal)

Un animateur (de préférence un adulte qui est sensibilisé à la CNV) sera désigné et expliquera les 4 manières d’entendre un message selon la Communication Non Violente (CNV) :
  • Oreilles de girafe tournées vers l’autre : EMPATHIE (j’entends les émotions et besoins de l’autre)
  • Oreilles de girafe tournées vers moi : AUTO EMPATHIE (j’entends mes propres émotions et besoins)
  • Oreilles de chacal tournées vers l’autre : CRITIQUES ET REPROCHES ENVERS LES AUTRES (j’entends des critiques et je critique en retour, j’entends des reproches et je fais des reproches en retour)
  • Oreilles de chacal tournées vers moi : AUTO CRITIQUE ET AUTO REPROCHE


Déroulement :

L’animateur donne des exemples de langage chacal et girafe et les participants doivent mettre leurs oreilles de manière à refléter le langage utilisé. Par exemple :
  • si l’animateur dit “Tu es vraiment méchant”, les participants mettront leurs oreilles de chacal tournées vers l’autre (CRITIQUE)
  • si l’animateur dit “C’est toi qui est méchant”, les participants mettront à nouveau leurs oreilles de chacal tournées vers l’autre (CRITIQUE)
  • si l’animateur dit “C’est lui qui a raison, je suis nul”, les participants mettront leurs oreilles de chacal tournées vers eux (AUTO CRITIQUE)
  • si l’animateur dit “Tu es contrarié car tu veux que tes besoins soient pris en compte ?”, les participants mettront leurs oreilles de girafe tournées vers l’autre (EMPATHIE )
  • si l’animateur dit “Je suis blessé et triste, j’ai besoin de compréhension”, les participants mettront leurs oreilles de girafe tournées vers eux (AUTO EMPATHIE )

Une fois que ce tour a été effectué, l’animateur distribue les oreilles de chacal à une personne et les oreilles de chacal à une autre. Chacun à leur tour, les autres participants prononce un message difficile à entendre (un jugement, une critique, un reproche en langage chacal).

La personne qui porte les oreilles de chacal répond d’abord avec les oreilles tournées vers les autres, puis avec les oreilles tournées vers elle-même.

Puis la personne qui porte les oreilles de girafe répond avec les oreilles tournées vers les autres, puis avec les oreilles tournées vers elle-même.

Une fois le tour terminé, les oreilles sont données à d’autres participants.


On peut imaginer d’autres variantes : tous les membres portent des oreilles girafes et doivent réagir en langage girafe à un message agressif lancé par l’animateur; on peut inventer un dialogue dans lequel chaque locuteur porte des oreilles différentes (l’un ne s’exprimant qu’en langage chacal et l’autre seulement en langage girafe) ou inventer un dialogue dans lequel chaque locuteur porte les mêmes oreilles (soit chacal soit girafe) puis on pourra discuter des différences et des résultats constatés selon le type de langage utilisé.


Ces trois petits jeux entraînent les petits (dès 6/7 ans) et les grands à pratiquer la CNV. Ils peuvent être proposés en classe et à la maison pour éveiller les enfants et les adolescents à la communication non violente, en famille ou même en entreprise.

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Pour aller plus loin, le livre Parents respecteux, enfants respectueux (éditions La Découverte) propose de nombreux autres jeux à pratiquer avec les enfants pour les sensibiliser à la communication non violente.