Affichage des articles dont le libellé est soin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est soin. Afficher tous les articles

dimanche 1 novembre 2020

La pleine conscience

 Un article de Scholavie

La pleine conscience représente une véritable alliée en cette nouvelle période de confinement et de troubles ! 

« Il existe aujourd'hui un nombre croissant de travaux montrant l'intérêt de la méditation de pleine conscience auprès des enfants, pour l'équilibre émotionnel, les capacités de résilience, la qualité des échanges familiaux et les capacités attentionnelles, notamment dans le travail scolaire et les apprentissages »

Christophe André



Qu'est-ce que la pleine conscience ?

La pleine conscience est un « état de conscience qui résulte du fait de porter son attention, intentionnellement, au moment présent, sans jugement, sur l’expérience qui se déploie moment après moment » (Baer, Smith, & Allen, 2004). 


C'est aussi :

  • Tout simplement être avec soi, connecté à tous ses sens, une manière d’être ouvert à notre expérience telle qu’elle se présente à nous, d’instant en instant.
  • Un remède contre le stress, une pause pour apprécier le moment présent, un entraînement de l’esprit dit Matthieu Ricard. La pratique est essentielle, l’entraînement régulier nécessaire.
  • Apprécier sa vie et ses petits plaisirs, et se préparer à vivre au mieux les périodes difficiles, avec énergie et ressources.
  • Se libérer de nos pensées, qui ne sont que des pensées.
  • Une pratique (ou plutôt un ensemble de pratiques) laïque et contemporaine, validée par la recherche scientifique.


La pleine conscience, ce n’est pas arrêter de penser. Impossible, le cerveau en est incapable. Il ne s’agit pas de faire le vide : le rien en méditation est toujours plein. Il s’agit plutôt de faire de l’espace, de la place. Ce n’est pas non plus se couper du monde. C’est une manière de s’ancrer dans la relation à soi, à l’autre, au monde.

Pourquoi pratiquer la pleine conscience ?





De multiples bienfaits de la pleine conscience ont été documentés par de nombreuses recherches menées depuis trois décennies.

Elle permettrait notamment de contribuer à : 


  • Reconfigurer les interactions entre les régions du cerveau (par exemple, de renforcer les connections entre les régions impliquées dans l’attention).
  • Améliorer la santé physique et prolonger la vie.
  • Lutter contre la douleur chronique, le stress et l’anxiété.
  • Soigner la dépression et prévenir les rechutes.
  • Diminuer les risques d’épuisement professionnel.
  • Corriger le déficit d’attention avec hyperactivité.
  • Réguler les comportements alimentaires.
  • Améliorer le fonctionnement cognitif et mieux le connaître.
  • Stimuler la créativité.
  • Améliorer la qualité du travail et la productivité.
  • Contribuer à la découverte et à l’actualisation de soi.
  • Faire face aux aléas émotionnels.
  • Favoriser l’équilibre mental (attention, cognition, affect).
  • Rendre plus optimiste.
  • Assurer un certain niveau de compassion pour soi.
  • Faire grandir la spiritualité et la maturité au plan moral.
  • Favoriser l’adoption de buts intrinsèques (et non extrinsèques).
  • Augmenter l’altruisme, l’empathie, la compassion, la bonté.
  • Améliorer les relations avec autrui.
  • Augmenter l’engagement dans des comportements écologiquement responsables.
  • Donner un sens plus profond à l’existence.
  • Améliorer la qualité de vie, le bien-être et le bonheur.


Extrait de la Revue québécoise de psychologie (2014), 35(2), 1-7 –
(Fredrickson, Cohn, Coffey, Pek, & Finkel, 2008; Henry, 2013; Kabat-Zinn, 1990/2012; Langer, 2009; Malinowsky, 2013; Niemiec & Ryan, 2013; Shapiro, 2009 ainsi que les articles du présent dossier).

"Le meilleur moment pour pratiquer est maintenant"
Thich Nhat Hanh

Comment ?

Tout d’abord, il faut savoir que cet entraînement à la pleine conscience est possible, tout comme pour n’importe quelle habileté, et que cet apprentissage laisse des changements permanents dans le cerveau.

En savoir plus :
Le rapport détaillé est publié dans Brefczynski- Lewis, Lutz, Schaefer, Levinson & Davidson, 2007; on trouve un compte-rendu abrégé dans Davidson & Begley, 2012, pp. 215-218. Pour d’autres études avec des « experts » sur la méditation de compassion, voir Lutz, Greischer, Rawling, Ricard & Davidson, 2004; Lutz, Brefczynski-Lewis, Johnstone & Davidson, 2008.

Voici une expérience à vivre grâce à cette vidéo pour mieux comprendre ce qu’est la pleine conscience.




La pleine conscience est donc un ensemble d’activités que l’on peut faire pour la muscler.

Prendre conscience de sa respiration

 Respirer naturellement ou de façon profonde et amener exclusivement l’attention sur les sensations de la respiration (air qui rentre et sort, le ventre qui se gonfle et se dégonfle, etc.)

Prendre conscience de son corps 

L’exercice consiste à porter l’attention progressivement sur les différentes parties du corps, de la tête aux pieds ou inversement. C’est le fameux exercice du scan corporel.

La pleine conscience au quotidien 

Porter attention à ce que l’on voit, sent, ressent dans des gestes quotidiens (attentes des transports, jardinage, cuisine…), pendant les repas (goûts, saveurs, mastication, couleurs, etc.).

S’exercer à la pleine conscience, c’est se livrer à de nombreux exercices formels et informels. On vous propose d’utiliser le chemin de l’attention que vous trouverez sur notre site, avec tous nos outils :




Pour aller plus loin
Nos outils ScholaVie adaptés à la période de confinement et de retour à l'école
Le site internet de covid'Ailes et notamment son kit pratique d'attention  

Ouvrages
Jennings, P. (2019). L'Ecole en pleine conscience. Les Arènes.
André, C. (2011). Méditer, jour après jour : 25 leçons pour vivre en pleine conscience. L'Iconoclaste. 

Pour la pratique de la pleine conscience à l’école avec les ados (avec CD) :
Tout est là, juste là, Jeanne Siaud-Facchin , Odile Jacob
Respirez, Elise Snel, les Arènes Pour la pratique de la pleine conscience à l’école avec les enfants (avec CD) :
Petit cahier d’exercices de pleine conscience, Jouvence éditions
Calme et attentif comme une grenouille, Elise Snel, Les Arènes 

 Article
Shankland, R., André, C. (2014). Pleine conscience et psychologie positive : incompatibilité ou complémentarité ? Revue Québécoise de Psychologie, 35, 157-178.

dimanche 17 mai 2020

Enfants et confinement : “Je crains la montée en puissance des phobies scolaires” (S.Marinopoulos)




Julia Vergely de Télérama
Publié le 07/05/2020.

Sophie Marinopoulos, psychanalyste spécialiste de l’enfance, a pu observer les relations parents-enfants en cette période de confinement. Selon elle, on ne pourra pas demander aux enfants de tout de suite “faire école”, de mettre les bouchées doubles. Le déconfinement est un cheminement.






Après huit semaines de confinement et d’école à la maison, dans des conditions sanitaires et sociales loin d’être égalitaires, de nombreuses familles expriment leur mal-être et semblent au bord de l’implosion. Sophie Marinopoulos, psychanalyste spécialiste de l’enfance, est une observatrice privilégiée de relations parents-enfants, notamment grâce à son association Les pâtes au beurre.

Depuis le 19 mars dernier, elle a ouvert une ligne d’écoute, « confinés mais pas seuls » (1) pour les parents qui se sentent débordés. Elle a ainsi pu faire des constats sur l’état psychique des familles confinées et penser le déconfinement pour les enfants. Elle publie aux éditions Les Liens qui libèrent, l’ouvrage numérique Un virus à deux têtes. Traversée en famille au temps du Covid-19 (disponible ici pour 2,90 euros, les droits d’auteur seront reversés à son association).

Quelles ont été les premières conséquences de ce confinement sur les familles ?

Ce confinement est l’histoire d’une rupture : une modification interne très profonde, toujours violente. C’est un choc émotionnel. Le confinement a donc obligé chacun, parents, enfants, à se redéfinir, et à redéfinir leur relation, avec plus ou moins de heurts. On a parlé des inégalités sociales et matérielles, évidemment, mais peu des inégalités psychiques : on n’a pas tous les mêmes ressources, ni la même capacité à supporter l’autre, avec ses exigences. Et les enfants sont devenus très exigeants dans ce confinement.

“Dans la vie normale, on peut se supporter justement parce qu’on se sépare et qu’on se retrouve.”


Mais surtout, ils ont été 24 heures sur 24 sous les yeux de leurs parents, et inversement. Les parents, face à l’amour de leur vie, ont vu leur narcissisme essentiel s’effriter un peu : parfois, leur enfant ne veut pas travailler, il n’en a rien à faire de l’école, ça ne l’intéresse pas, il trouve que son parent explique mal… C’est une attaque au narcissisme parental ! Ils ont découvert un enfant qui, finalement, ne jouait pas toujours le jeu. Pour les parents, cela peut sembler injuste ou inadmissible. On oublie trop souvent l’enfance et sa logique, on voudrait des enfants sans l’enfance, cela n’a pas changé avec le confinement. Je parle depuis longtemps de malnutrition culturelle, de malnutrition dans nos relations humaines et familiales : nous n’étions pas déjà en grande forme dans nos relations les uns avec les autres avant ce confinement.

En quoi les relations se sont-elles encore dégradées ?

Dans la vie normale, on peut se supporter justement parce qu’on se sépare et qu’on se retrouve. La séparation promet les retrouvailles, et d’ailleurs, la première chose avec laquelle les enfants savent très bien jouer, c’est le cacher/coucou. Ce qui fonde notre équilibre relationnel est qu’on peut se perdre de vue pour mieux se retrouver, et donc se raconter, se dire des choses. Là, on a été totalement privé de cette dimension.

Les parents qu’on a eus au téléphone nous décrivaient ce qu’ils vivaient, parfois on entendait hurler dans la maison et on avait beaucoup de mal à échanger. Ils cherchaient tous des ressources. Comment vivre ainsi, les uns sur les autres ? Ils étaient à bout. On n’a pas tous la même capacité à avoir de la patience, à comprendre l’enfant, dans ce qu’il est. Mais aussi, comme on a perdu l’habitude de comprendre l’enfant, comme on aime vraiment tout rationaliser dans nos vies, on cherche à rationaliser un enfant.

Les parents ont été bouffés par des informations statistiques, sur le nombre de morts, avec des schémas, ils ont été absolument envahis par des choses extrêmement anxiogènes. On commence à entendre chez eux, ce qu’on déteste entendre, nous les psy : « Il fait exprès pour m’embêter », « il fait exprès de pas apprendre »... Quand on décrit un enfant non plus comme un enfant, mais comme un agresseur, qu’on pense qu’il est menaçant, c’est l’origine de la violence et de la maltraitance.

“J’ai peur de la montée en puissance de l’anxiété majeure, qui ne s’exprime pas toujours chez les enfants.”


Comment faire pour éviter cela ?

Il faut qu’on puisse reprendre un peu de mouvement, pour, physiquement et psychiquement, se dégager les uns des autres. Il va falloir y aller, mais les mots choisis par le gouvernement ne sont pas ceux qui permettent de transformer la peur en quelque chose de rassurant. Au contraire, on voit la peur devenir une angoisse et, à l’inverse de la peur, on ne peut pas raisonner une angoisse. Les parents sont pris entre deux feux : ils veulent sortir de ce confinement, de cet état de grand mal-être, de grande souffrance et, en même temps, quand on leur dit que l’école va reprendre, ils ne veulent pas que leur enfant s’y rendent, parce que les garanties ne sont pas claires...

Quelles seront les conséquences du confinement sur les enfants ?

Hier, mon petit-fils de 2 ans et demi, a répondu à sa maman, qui voulait lui donner la main pour traverser la rue : « Non, je suis propre. » On avait l’impression qu’il ne comprenait pas grand- chose, mais il avait pourtant intégré bien des aspects : cette main protectrice, maternelle, qui empêche de se faire écraser, qui est tout pour lui d’ordinaire, soudainement il n’en veut pas, il l’interprète comme quelque chose de dangereux.

Les traces psychiques de ce confinement sur les enfants, on les voit arriver petit à petit dans notre quotidien. Je pense qu’en septembre on aura une bonne idée de l’état psychique des enfants et de notre santé relationnelle et culturelle. Il faut prendre les choses à bras-le-corps dès maintenant, quand le psychisme est atteint, il ne se redresse pas comme ça, du jour au lendemain. J’ai peur de la montée en puissance des phobies scolaires, de l’anxiété majeure, qui ne s’exprime pas toujours chez les enfants, et des mécanismes défensifs obsessionnels.

Je redoute qu’on ait également des évitements relationnels très importants. Chez les enfants comme chez les adultes. L’autre, qui déjà jusqu’à présent était très vite l’étrange ou l’étranger, va devenir encore plus suspect, dans une dimension sanitaire : est-il vraiment propre ? Puis-je lui faire confiance ? Moins on fait ensemble, plus on est mis en danger dans notre capacité à vivre pacifié. Il va falloir une vigilance qui est, pour moi, une question centrale de santé publique.

“Il faut mettre de la narration au cœur de nos apprentissages : chanter, danser, créer avec du matériel artistique...”

Peut-on parler de traumatisme ?

Être traumatisé, c’est quand notre appareil à penser n’arrive plus à penser ce qui nous arrive : on est tellement pris par l’émotion, il y a une telle bouffée émotionnelle, que notre appareil psychique n’arrive pas à la contenir, et ça déborde. Donc oui, il y a énormément de familles qui se retrouvent dans cette situation traumatique et qui sont psychiquement très mal. On ne va pas sortir indemnes.

Et remarquez que le gouvernement ne parle pas du tout de santé psychique : la santé, elle n’est que physique. Quels sont les gestes sanitaires psychiques à adopter ? Personne ne dit rien. Sur le déconfinement, il y a pourtant des choses qui me semblent incontournables à faire pour les enfants, pour les parents, pour que chacun retombe sur ses pattes et se remette à penser. Le déconfinement est un cheminement.


Que préconisez-vous pour un retour apaisé à une vie plus normale ?
Il ne va pas falloir demander aux enfants de tout de suite « faire école », de mettre les bouchées doubles parce qu’on aurait pris du retard sur le programme. Au contraire, il faut véritablement leur proposer des sas de décompression, où ils pourront se raconter. Il faut mettre de la narration au cœur de nos apprentissages : chanter, danser, créer avec du matériel artistique, demander à ce que l’école soit une association de pédagogues et d’artistes. La santé culturelle joue un rôle énorme. Si on n’aide pas les enfants à se désintoxiquer de ce qu’ils ont vécu, ils ne vont pas pouvoir reprendre le chemin du savoir aussi simplement.

        


Les parents vont devoir également arriver à créer des espaces de dialogue et d’échange pour dépasser leur besoin de savoir si leur enfant, s’il retourne à l’école, s’est bien lavé les mains, s’il a bien respecté les distances, etc. Il faut plutôt l’aider à se raconter : ce qu’il a fait, le plaisir d’avoir revu les copains. Penser à mettre du narratif plutôt que de lui demander de nous aider à supporter notre angoisse : se déconfiner, c’est aussi se désintoxiquer et donc se parler. La parole est un geste sanitaire psychique essentiel pour que les colères et les mauvaises nuits s’arrêtent.

“Il faut faire l’école dehors avec les enfants et les amener à apprendre à partir de la nature.”


Dans quelle situation la famille déconfinée se trouvera-t-elle ?

Quand on va sortir de l’état de sidération, nous devrons nous réinventer. Quel sens a le fait d’aller au travail, d’être loin de ses enfants, de courir comme des malades, d’avoir ce rythme de vie de dingue alors qu’on a réussi à faire deux mois sans... Il va y avoir des questionnements internes, intrafamiliale, mais aussi sociales, culturelles qui vont peut-être aller vers ce nouveau monde. Qu’est-ce que la famille de l’après-Covid-19 ? J’espère que cette famille va se pencher sur les programmes scolaires de ses enfants et se rendre compte qu’on ne leur parle jamais d’écosystème, d’environnement, ou d’entraide. Les programmes sont d’une pauvreté par rapport à ce que nous sommes en train de traverser ! Je souhaite qu’il y ait des changements majeurs, sous l’impulsion des familles.

L’idée est sûrement un peu utopique, mais il faut faire l’école dehors avec les enfants et les amener à apprendre à partir de la nature. Dans la Commission des 1 000 jours, lancée par le gouvernement et à laquelle je participe, j’ai demandé à ce que les crèches disposent d’un espace extérieur pour que les enfants puissent vivre en contact avec la nature. J’ai senti les freins, pas des membres de la commission, mais sur la possibilité de le mettre en place. Comment faire si on n’instaure pas de règles, ni d’obligations ? Si on laisse les promoteurs décider de l’espace pour construire une crèche (mettre un maximum d’enfants dans un minimum de place), il est évident que les enfants n’auront jamais accès à la nature.


(1) Le 02 40 16 06 52, du lundi au vendredi de 9 heures à 21 heures et le samedi de 9 heures à 12 heures.

mardi 12 mai 2020

Mon enfant prend du poids et gère ses émotions avec la nourriture… (et moi aussi !)

Article de :
Dr S Barret, psychiatre et Dr C Stordeur, pédopsychiatre ; F Bergametti, diététicienne ; Centre de Référence Maladie Rare – Anorexie Mentale à début Précoce - Centre d’Excellence Trouble du Neurodéveloppement – Hôpital Robert Debré - Paris

Nous sommes tous perturbés par cette situation exceptionnelle de confinement. Le confinement bouleverse nos repères. Les horaires des repas sont chamboulés, peut-être même complètement inexistants. Le confinement nous impose un nouveau mode de vie et cela a des répercussions sur nos temps de repas et sur notre alimentation.

  •  Si votre enfant prend trop de poids, il est probable que l’alimentation soit trop riche ou trop abondante – ce d’autant que l’activité physique est souvent réduite durant le confinement. Nombreux sont ceux qui ont tendance à manger plus et à grignoter dans la journée avec le confinement, les enfants comme les parents.
  • C’est une réaction fréquente face à une situation de stress et plusieurs facteurs peuvent maintenir l’augmentation des prises alimentaires :
- Une recherche de fuite des émotions négatives (ennui, tristesse en particulier) qui s’associe avec une envie d’aliments plaisir réconfortants souvent gras et /ou sucrés

- La déstructuration des rythmes de vie en particulier l’absence d’horaire de repas et les régimes alimentaires non équilibrés.

1 . Identifiez ce qui se passe : Utilisez le thermomètre des émotions


Lorsque vous voyez votre enfant manger la totalité du paquet de bonbon 1h après la fin du déjeuner, proposez-lui de faire un point sur ce qui se passe avec les questions suivantes :

o Est-ce vraiment de la faim que tu ressens ?
o Comment te sens tu ? Es-tu triste, en colère, as-tu peur ?
o Est-ce que tu t’ennuies ?


Proposez-lui un thermomètre des émotions
et demandez-lui de situer l’intensité de son émotion sur celui-ci.



(source : http://lavs-hallucine.blogspot.com/2014/03/transmission-doutils-thermometre-des.html).


Montrez lui une liste d’émotions afin de préciser le plus possible ce qu’il ressent. Pour les plus grands cette solution avec des mots plus complexes peut être utile.




(D’après Elizabeth Couzon et Charlotte Ribault “Moi aussi je médite”, source : https://adozen.fr/la-tableau-des-synonymes-des-emotions-telechargement-gratuit/)

Au début, votre enfant ne trouvera peut-être pas grand-chose à noter, mais progressivement, il parviendra à mieux identifier ce qui se passe en lui. Et cela lui sera très utile !

Même en période de confinement, il existe d’autres gratifications que les gratifications alimentaires. Faites une liste d’activités réconfortantes accessibles à la maison.

2/Réagissez en fonction : Votre enfant mange parce qu’il s’ennuie

 Il est normal de spontanément chercher à combler le sentiment d’ennui, c’est une sensation que certains trouvent très inconfortable. La nourriture est un moyen simple et facilement accessible pour l’effacer. Voici quelques alternatives que vous pouvez lui proposer :

 Rédiger une liste d’activités que vous et vos enfants pourriez faire lors des moments d’ennui (et donc de grignotage). Par exemple, jouer à des jeux de société, faire des dessins, des bricolages, écouter un podcast sympa, chanter, danser, lire un livre. Si vous manquez d’inspiration, de nombreux sites internet regorgent d’idées (dont https://taleming.com). Échangez avec vos amis et vos proches, partagez vos idées !

Planifier la journée de votre enfant permet également d’éviter de trop grandes plages horaires d’ennui. C’est aussi l’occasion d’échanger en famille sur les envies, les besoins et les limites de chacun.

 Essayer la méditation. De nombreux ouvrages traitent de ces sujets (Calme et attentif comme une grenouille d’Eline Snel, Un Cœur tranquille et sage de Susan Kaiser Greenland, Méditer jour après jour de Christophe André pour les techniques de méditation, Le piège du bonheur du Dr Russ Harris, pour une réflexion sur le sens de la vie, les valeurs que l’on souhaite cultiver) et peuvent vous accompagner dans cette démarche. 

Vous trouverez aussi de nombreux supports sur internet pour la méditation, par exemple, pour les enfants : https://www.youtube.com/watch?v=CWRAe2b_ZhI
https://www.youtube.com/watch?v=trZ7IYKCGbc


 3 Réagissez en fonction : votre enfant mange parce que cela lui évite de penser ou d’être triste

 Il est humain d’être tenté de fuir ses pensées et émotions désagréables. Cela fonctionne souvent à court terme… moins à long terme ! Et les conséquences à long terme peuvent ne pas convenir à votre enfant ! Les émotions négatives reviennent toujours à nous en boomerang, et tenter de les annuler implique de tout annuler, le positif comme le négatif !

 vous pouvez l’aider à se concentrer sur un exercice de respiration abdominale.

- Certaines applications peuvent être utiles (par exemple, Breathe plus, application téléchargeable gratuitement sur votre portable).
- Vous pouvez dans ce cas-là aussi essayer la méditation.
- Attention ces techniques sont cependant plus efficaces si votre enfant s’est entrainé au préalable à distance d’un moment émotionnellement compliqué.

Dresser une liste d’actions que vous et vos enfants pouvez faire dans les moments difficiles : par exemple : se faire un câlin, faire un câlin à doudou ou au chat, écouter une musique qui m’apaise, appeler un proche …
- Testez les solutions qui vous viennent à l’esprit et notez celles qui vous semblent être les plus efficaces.
- On peut afficher cette liste sur le frigo, dans le salon, dans la cuisine ou même la mettre dans sa poche !

4 Réagissez en fonction : maintenez des horaires de repas réguliers

 Il est important de maintenir des horaires de repas réguliers. Une des conséquences du confinement peut être la perte des rythmes habituels de la vie quotidienne. Ce confinement doit être l’occasion de retrouver les repas de famille pris tous ensemble.

 Favorisez la préparation des repas en famille, et impliquez vos enfants dans la confection des recettes.

Discutez les menus en famille, cherchez de nouvelles recettes, planifiez les courses, cela développera les compétences d’organisation et de planification de chacun.

Souvenez-vous que les enfants prennent 4 repas par jour (pas plus). Le goûter est un repas important pour eux. Limitez au maximum les grignotages, sauf avis médical contraire (par exemple diabète ou encore trouble du comportement alimentaire de type ARFID, c’est -à-dire un enfant qui ne mange pas assez et qui a besoin de prendre des collations entre les repas pour sa santé).

 Si votre enfant vous réclame à manger constamment dans la journée, proposez-lui éventuellement une collation (soit 1 ou plusieurs articles alimentaires prélevés sur les repas d’avant et/ou d’après) à 10h.

Prenez également conscience de ce que vous mangez au cours du repas : éteignez les écrans, faites du repas un moment convivial et consacrez-y le temps nécessaire, à savoir au minimum 30 minutes. Profitez-en, vous pouvez prendre le temps de manger !

Évitez les grignotages : pour éviter les grignotages, reportez-vous à la fiche, mon enfant grignote toute la journée. Cliquez ici

 5 Réagissez en fonction : Adaptez vos habitudes alimentaires au confinement

Si votre enfant a pris du poids, il n’est pas souhaitable de le mettre au régime. Ceci ne ferait qu’augmenter la fréquence des grignotages et des prises alimentaires irrépressibles.

 L’objectif est d’avoir une alimentation équilibrée et variée. Inutile de batailler pour qu’ils finissent leurs légumes mais insistez pour qu’ils y goûtent. Valorisez plutôt les efforts effectués et déterminez ensemble au préalable les menus.

En cas de conflit récurrent autour des repas, des systèmes de tableau à points peuvent même être proposés. 

Voir fiche Motiver les changements durant le confinement : Le tableau à point ou système d'économie de jeton


Un repas équilibré (déjeuner ou dîner) peut être obtenu avec 4 types d’aliments seulement :

- Crudité pour la vitamine C : légume cru (tomate/salade/..) en entrée ou fruit cru (pomme/orange)
- Viande ou poisson ou œuf (protéines)
- Féculent ou légume, ou un peu des deux
- Produit laitier (fromage 1x/jour maximum ou un laitage)

Attention : on ajoutera très peu ou pas de pain si on ne mange que des féculents.

 Pour le goûter : vous pouvez donner 2 des 3 types d’aliments suivants :

- Une portion individuelle de biscuits
- Un laitage (yaourt ou verre de lait)
- Un fruit

Si vous n’avez pas d’idées, une grande variété de menus est disponible sur le site manger, bouger


6 Réagissez en fonction : Faites du sport avec votre enfant et toute la famille

 Favorisez l’activité physique : malgré le confinement, il est possible de pratiquer du sport à la maison : yoga, gymnastique adaptée aux enfants vous trouverez plein d’exercices à effectuer sur internet et de nombreuses applications sont maintenant gratuites le temps du confinement. Vous pouvez aussi faire des parcours de motricité, danser en famille, l’essentiel est d’avoir des temps au cours desquels vous vous dépensez tout en vous amusant.

Déterminez à l’avance les temps au cours desquels les enfants pourront se dépenser à leur guise, structurez la journée avec un emploi du temps … Prévoir deux fois 30 minutes chaque jour pour se dépenser et se défouler, vos enfants en ont besoin et vous aussi !

 Vous pouvez aussi lire nos fiches de psychomotricité, il y en a pour tous les âges et vous y trouverez plein d’idées pour bouger : maternelle – primaire - collège / lycée

mercredi 8 avril 2020

L’ergothérapie au quotidien

Plusieurs thérapeutes ont mis à disposition un livret proposant plusieurs activités à faire à la maison durant cette période de confinement.


Cette période de confinement nous oblige à repenser notre quotidien et nos activités. Notre métier étant étroitement lié à l’activité, c’est avec grand plaisir que plusieurs ergothérapeutes ont accepté de partager leurs travaux. Dans nos cabinets, nous sommes chaque jour au contact des plus jeunes et nous souhaitions pouvoir mettre à profit nos compétences pour vous accompagner durant cette période particulière. Nous sommes très heureux de pouvoir offrir ce PDF de plus de 100 activités à faire avec vos enfants. Ce document est libre de droits, nous vous invitons à le partager au maximum pour qu’il puisse être utile au plus grand nombre.

Mais au fait, l’ergothérapie, kesako ?


Ergothérapeute en anglais se dit « occupationnal therapist », c’est donc le professionnel de SANTÉ qui s’intéresse aux occupations. Il fonde sa pratique sur le lien entre l’activité et la santé. De plus, il a une vision holistique, il s’intéresse donc à la personne dans sa globalité. Mais encore ? Plus concrètement, nous intervenons lorsque les enfants ont des difficultés à réaliser pleinement leurs activités (de par une pathologie, un handicap ou simplement un retard de développement). Et en cette période de confinement nous expérimentons tous une limitation de participation dans nos occupations.

Nous faisons de la prévention, de la rééducation ou encore de la guidance parentale (et plein d’autres choses) pour aider les enfants à (re)trouver ou maintenir LEUR AUTONOMIE ET LEUR INDÉPENDANCE dans les activités quotidiennes.

Il n’y a pas de limite d’âge pour bénéficier de l’ergothérapie, voici quelques exemples d’activités signifiantes pour les enfants : être bien installé au sol à 3 mois, jouer avec ses pieds à 4 mois, être correctement assis pour la diversification à 6 mois, manipuler des jeux et jouets, explorer son environnement, apprendre à tenir une cuillère, dessiner, écrire son prénom, maintenir son attention en classe, etc. L’intervention en ergothérapie est donc aussi variée que nous sommes d’êtres humains.

Dans ce document, vous retrouverez un échantillon d’outils que nous utilisons à des fins précises en soin, et faisant du lien avec les activités significatives, c’est-à-dire qui font du sens pour nos patients. 

Nous espérons qu’il pourra vous être utile, pour vous, dont le suivi en ergothérapie a été interrompu, pour vous, qui êtes chamboulés par la perte de vos repères, mais aussi pour tous ces enfants contraints de rester à la maison.

Et surtout, nous y avons mis tout notre savoir-faire, notre créativité et notre bienveillance pour
qu’il soit source d’amusement pour vous et vos enfants, alors à vous de jouer !
Clémentine LUZU Ergothérapeute D.E, Fb et Instagram