Affichage des articles dont le libellé est non-violence. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est non-violence. Afficher tous les articles

jeudi 15 septembre 2022

« Tu m’énerves quand tu fais ca ! »

 

article du blog "les ateliers Gordon"

S’affirmer face à un comportement qui me pose problème


Lorsque notre enfant a un comportement qui nous pose problème, nous avons bien souvent du mal à nous affirmer de manière appropriée. Et ça peut donner « Tu m’énerves quand tu fais ça ! », accompagné parfois de noms d’oiseaux plus ou moins exotiques... Et là, contrairement à ce que nous espérons, notre réaction engendre la plus grande indifférence apparente de l’autre ou provoque un conflit.

Comment faire autrement ? Comment indiquer à mon enfant que son comportement ne me convient pas sans être agressif ? Comment l’inciter à changer sans lui faire perdre la face ou lui faire éprouver du ressentiment à mon égard ?


Lorsque le comportement de notre enfant nous pose problème, nous sommes contrariés, énervés ou en colère parce qu’il fait quelque chose qui nous empêche de satisfaire nos besoins.

  • Par exemple, votre aîné qui s’était porté volontaire pour aller chercher son petit frère à l’école n’a pas rempli son engagement, vous êtes dérangé au milieu de votre réunion pour aller le chercher de manière précipitée.
  • Ou encore, votre fils laisse dans le salon ses chaussures pleines de terre et ses affaires de sport alors que vous avez des invités.
Dans de telles situations, nos besoins ne sont pas satisfaits. Nous voulons nous aider nous-mêmes. Cela signifie que nous devons nous affirmer, nous dévoiler, donner à notre enfant des informations qui l’aideront à comprendre en quoi son comportement nous pose un problème, afin qu’il modifie son attitude. Voici deux manières de le faire :

En évitant les messages blessants et les “messages-Tu"

En formulant ce que Thomas Gordon appelle des “messages-Je de confrontation”

1. Eviter les messages blessants et les « messages-Tu »

Tout d’abord voyons comment éviter les messages blessants et les « messages-Tu ».

Parfois, lorsque nous avons un problème et que nous sommes contrariés, nous accusons l’autre en utilisant des paroles blessantes ou jugeantes. Les cris et les mots blessants, qui sont d’usage fréquent dans notre culture, ont malheureusement des effets négatifs, ils créent une relation tendue, « électrique » et ne permettent pas de résoudre les problèmes.

Si je veux communiquer de façon positive et résoudre les problèmes de manière constructive, j’évite le plus possible les attitudes et les mots blessants.

Voici quelques attitudes à éviter :
- Les cris,
- Les insultes,
- Le ton ironique,
- L’absence d’attention
ex : Je ne regarde pas mon enfant ou je suis sur mon téléphone pendant qu’il me parle,
- Juger mon enfant et non son comportement
ex : Tu es égoïste ! au lieu de « tu pourrais ranger tes affaires de sport dans ton placard»,
- Minimiser ce que l’autre ressent
ex : Mais non, ce n’est pas grave, vous allez vous réconcilier demain ! (quand mon enfant est désemparé après s’être disputé avec son ami) ,
- Généraliser le comportement
ex : Tu ne ranges jamais rien ! (au lieu de « tu n’as pas rangé tes affaires de sport »),
- Comparer les enfants entre eux
ex : Ta sœur, elle, n’aurait jamais laissé le salon dans cet état !
- Critiquer, faire des reproches
ex : C’est toujours pareil ! Il n’y a pas moyen de garder une maison propre et rangée avec toi !
- Menacer
ex : Si ça continue, je vais te priver de foot ou t’envoyer en pension !

On gagne aussi à éviter les messages-Tu car ils rejettent la faute sur l’autre personne et disent dans les grandes lignes « Tu as tort », « tu es injuste », « tu devrais être plus responsable », « c’est de ta faute », « voici ce que tu dois faire ».

Dans mon exemple, cela pourrait être : “Tu n’es pas le seul à utiliser le salon, tu abuses vraiment de toujours laisser cette pièce en bazar !” ou « tu comptes ranger et nettoyer un jour ?”

Les messages-Tu vont particulièrement contrarier l’autre personne sans pour autant nous aider à obtenir ce dont nous avons besoin ou envie.

En résumé, les Messages-Tu :

✓ sont le plus souvent pleins de critiques et de jugements,
✓ attaquent l’estime de soi de l’autre,
✓ rejettent la faute sur l’autre,
✓mettent presque toujours l’autre sur la défensive et peuvent générer des argumentations ou des disputes,
✓ nuisent à la relation,
✓ ne facilitent pas la résolution d’un problème.

Lorsque je suis confrontée à un comportement qui me pose problème, je peux déjà commencer par porter mon attention aux mots que j’emploie en évitant les mots et attitudes blessantes ainsi que les messages-Tu.
Je peux aussi formuler un message-Je de confrontation.


2. Le message-Je de confrontation


Lorsque nous avons un problème avec une personne, nous aurons plus de facilité à initier un changement de comportement si nous lui disons nos pensées et ressentis de façon claire, directe, et sans accusation. Il est important d’assumer nos pensées, besoins et ressentis, et d’apprendre à les exprimer à nos enfants lorsque leurs comportements entrent en interférence avec la satisfaction de nos besoins. Thomas Gordon a appelé cela un « Message-Je de confrontation ».

Cela peut être difficile, nous sommes tous réticents à dire aux autres que leur comportement nous pose un problème. Et personne n’aime entendre cela. Nous craignons qu’ils se sentent blessés, se mettent en colère ou ne comprennent pas. Pour certains, cette appréhension est si présente qu’ils évitent tout simplement la confrontation. Le problème n’est ni traité ni résolu. L’autre personne est laissée dans l’ignorance du problème et nous développons du ressentiment à son égard.

Au contraire, le message-Je fait savoir à mon enfant ce qui m’arrive et ce dont j’ai besoin. Il n’accuse ni ne rabaisse personne et ne dit pas à l’autre ce qu’il doit faire.

Dans le message-Je de confrontation, je vais décrire :
1. Le comportement qui me pose problème
2. Les conséquences concrètes que ce comportement provoque chez moi
3. Mon ressenti

COMPORTEMENT / EFFETS / SENTIMENT : ces trois parties peuvent se positionner dans n’importe quel ordre, bien que cet ordre soit souvent le plus efficace.


  • Premièrement, la description du comportement : c’est uniquement ce que je pourrais filmer ou enregistrer. Les sentiments intérieurs, interprétations, jugements, pensées, ou suppositions ne sont pas des comportements car nous ne pouvons pas les observer directement, factuellement. Je décris factuellement sans être accusateur.
Ex. si je dis « tu agis vraiment comme un égoïste » : c’est un jugement
Si je dis « Tu laisses au salon tes chaussures pleines de terre et tes affaires de sport. Il y a de la boue sur le tapis.» : je décris le comportement

  • Ensuite, nommer les conséquences concrètes que le comportement de l’autre a sur moi : cela lui permet de se rendre réellement compte de la manière dont son comportement limite ou empêche la satisfaction de mes besoins. Les personnes peuvent mieux nous comprendre et s’identifier à notre problème. Les conséquences concrètes sont les effets réels et directs que nous n’apprécions pas ou que nous ne voulons pas avoir à subir : nous prendre du temps, de l’énergie ou de l’argent, nous empêcher de faire quelque chose, nous demander davantage de travail, nous fatiguer, nous faire mal physiquement ou nous donner de l’inconfort.
Ex : perte de temps et d’énergie pour ranger et nettoyer le salon avant que les invités n’arrivent, nous mettre en retard pour commencer à préparer le repas avec le risque de ne pas avoir le temps de finir à temps.
  • Troisièmement, mon ressenti : c’est une sensation que nous éprouvons en réaction au comportement de l’autre personne et que nous éprouvons dans notre corps (et pas dans notre tête).
Ex. je suis agacée, je crains de ne pas pouvoir finir, je crains de ne pas récupérer le tapis sali.

  • Ainsi, dans mon exemple, le message-Je pourrait être :
Lorsque tu laisses au salon tes chaussures pleines de terre et tes affaires de sport alors que j’attends des invités, je suis agacée car je perds 15 à 20 minutes à ranger et nettoyer. Je suis en retard pour commencer la préparation du dîner, et je crains de ne pas finir à temps.

Le message-Je de confrontation est donc une manière de dire aux autres, sans les agresser, que leur comportement nous pose un problème.
Puisque le message-Je n’accuse pas l'autre, il est moins susceptible de se mettre sur la défensive, et nous avons plus de chance de le voir coopérer.


Par Edwige Grouin, Formatrice Gordon accréditée


https://www.facebook.com/edwigegrouinateliers

mardi 21 juillet 2020

DU CONFLIT A LA COCREATION : faire le premier pas dans l’écoute

"Quand je regarde les conflits que j’ai vécu ou ceux que j’ai pu observer, je remarque qu’à chaque fois le ton est monté parce qu’il n’y avait pas d’écoute. Si je ne suis pas entendu, je vais hausser le ton pour me faire entendre. L’autre n’étant pas entendu il va faire de même. Et nous pouvons ainsi escalader les marches du conflit jusqu’à la violence verbale ou physique... parce que nous avons un besoin criant d’être entendu.

J’ai fait ce dessin pour me rappeler que dans un conflit, en réalité, je n’ai pas le pouvoir de faire que l’autre m’écoute en revanche j’ai le pouvoir de m’écouter et d’écouter l’autre.

Si l’autre est entendu, il n’a plus besoin de crier. Si il est pleinement entendu cela augmente grandement les possibilités qu’il ait l’espace d’écouter ce qu’il se passe pour moi. Ce n’est pas garanti bien sûr et si je sens poindre en moi la crainte de ne pas vivre de réciprocité dans l’écoute ( « c’est toujours moi qui écoute, lui n’écoute jamais !" « « moi je veux bien l’écouter si il m’écoute d’abord ! »), je peux me rappeler que l’autre n’est qu’une stratégie pour que je vive mon besoin d’écoute et que j’ai d’autres stratégies à ma disposition pour prendre soin de moi ( m’écouter avec empathie , me faire écouter avec empathie par une autre personne plus tard... ) . Du coup, dans la conscience que mon besoin d’écoute n’est plus dépendant de la personne avec qui je suis en conflit, je peux choisir en conscience de faire le premier pas et de l’écouter en premier . Non pas depuis l’exigence d’être écoutée profondément en retour , mais depuis la conscience que l’on a tout les deux un besoin d’être entendu et que je ne suis pas obligé de subir le manque d’écoute .

J’ai le pouvoir de prendre soin de moi et de nous en apportant de l’écoute dans cette relation. En écoutant en premier, je m’offre l’opportunité d’être touchée par ce que l’autre vit et j’augmente ainsi nos chances de transformer ce conflit en occasion de cocréation mutuelle au service de nos besoins à chacun.
—————————————————
Si cela peut vous soutenir pour accueillir vos émotions et rencontrer vos besoins et ceux de vos proches, les cartes "60 besoins illustrés" et "25 émotions et ressentis illustrés" sont téléchargeables avec une participation consciente ici :
Pack 60 cartes besoins illustrés :
Pack 25 émotions et ressentis illustrés :
Pour télécharger « Le livre pour défouler tes chacals » c’est par ici : https://gum.co/BnPcf
Et pour télécharger un pack de 6 illustrations des étapes du processus CNV, c’est ici : https://gum.co/CoknI
Et si le contenu de cette page contribue pour vous et que vous souhaitez soutenir la création et le partage de ces visuels, vous pouvez contribuer sur la page de financement participatif d’Apprentie Girafe https://fr.tipeee.com/apprentiegirafe


49 commentaires

1,2 K partages

mardi 19 mai 2020

Les mots sont des fenêtres .. ou bien ce sont des murs

Un webinaire à destination des chefs d'établissement et enseignants, pour les soutenir dans leurs relations avec les familles, dans le cadre de leur mission de continuité pédagogique. 

4ème épisode : Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs. 

Animé par Véronique Gaspard, avec le soutien de Catherine Schmider, formatrices en Communication NonViolente certifiées par le CNVC.



Dans ce webinaire, il est question de ce qui peut entraver la communication bienveillante. Marshall Rosemberg parle de "communication aliénante" pour traduire les habitudes qui nous coupent du lien à l'autre. Nous pouvons observer combien au quotidien nous avons cette tendance à juger, moraliser, diviser le monde en bien et mal. La CNV n'exige pas que nous arrêtions de nous comporter ainsi, elle invite à observer ce que nous disons ou faisons, et l'impact que cela peut avoir sur nous et sur autrui Nous avons ainsi le choix de communiquer d'une autre manière, si  nous avons l'intention de faciliter nos relations et nous rendre la vie "plus belle". Voici en synthèse ce que nous dit Marshall Rosemberg dans son livre phare "Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs". 

Voici donc les ingrédients qui nous coupent de nos élans de vie.

« Par delà les notions de bien et de mal, il y a un champs. C'est là-bas que je te retrouverai »  (Jalal Al-Din Rumi)

1 Les jugements moralisateurs font partie de ces modes de communication qui nous coupent  de nos élans de cœur et qui incitent  à des mouvements violents  Dans le jugement, nous disons que l'autre est dans le faux ou dans le vrai en fonction de nos jugements de valeur.

 Exemples de paroles qui sont des jugements : "Le problème avec toi, c'est que tu es égoïste.." "Cette élève est paresseuse...." Cette personne est obtus, bourrée de préjugés...Ce n'est pas correct de penser comme ça..."

(reproches, insultes, dénigrements, étiquettes, comparaisons, diagnostics...) 

  • Dans ce monde polarisé entre le bien et le mal, les autres sont rangés, catégorisés ; celui qui n'agit pas comme je le veux est jugé comme "bizarre", "fou"...Quelqu'un qui agit à sa manière est "anormal" ….
  • Ce fonctionnement qui consiste à juger en bien ou en mal en fonction de ce que l'on désire obtenir ou vivre est l'expression tragique de nos besoins. Par exemple, si ma compagne a besoin de plus d'attention que moi, je la juge « exigeante et dépendante » ; par contre, si c'est moi qui ai besoin de plus de tendresse, je dirai qu'elle est « insensible et lointaine » ; si mon collègue est plus attentif aux détails que moi , je dirai qu'il est "pointilleux ou maniaque" ; si c'est moi qui ai besoin de précisions, je dirai de l'autre qu'il est "brouillon et inorganisé".
  • L'expression est  "tragique" car lorsque nous nous exprimons ainsi , nous risquons d'alimenter des réactions de défenses et de résistances. Si les personnes acceptent de se conformer à nos valeurs, ils le feront alors par crainte, culpabilité ou honte. Ceux-là pourront nourrir de la rancoeur et alimentent une mauvaise estime d'eux-mêmes.


Nous pouvons différencier "jugements de valeurs" et "jugement moral" : 

  • Les jugements de valeur reflètent nos idées et nos convictions profondes (exemple : l'honnêteté, la justice, la liberté, la paix...)Il nous est important de les exprimer. 

Exemple : J'aime l'honnêteté dans mes relations amicales.

  •  Les jugements moralisateurs sont des torts que j'attribue à l'autre lorsqu'il  ne se trouve pas dans la lignée de mes jugements de valeurs.

Exemple  « Arnaud est malhonnête parce qu'il ne me dit pas ce qu'il ressent ».  En CNV, je peux dire plutôt : « Je suis triste lorsque je vois qu'Arnaud n'ose pas exprimer ses sentiments par peur d'être jugé. Je préférerais que notre amitié soit basée sur la confiance et la réciprocité."

  • Lorsqu'on s'exprime en jugeant ou en cataloguant les autres, on favorise la violence : le « méchant » a alors le droit d'être puni, les conflits viennent de l'autre. Les parties en conflits ne tiennent pas compte des sentiments et besoins qui sous-tendent les comportements.

2) La comparaison est une forme de jugement

Se comparer aux autres crée de la souffrance, que ce soit la comparaison physique, matérielle ou au niveau de notre réalisation . Par exemple, le fait de se comparer à ce qu'a réalisé Mozart quand on est musicien, ne peut apporter que de la déception, de la tristesse ou de la frustration. Cela a un impact sur notre estime de soi. Lorsqu'on compare des enfants entre eux, on peut passer à côté de l'unicité de chaque être et de son parcours singulier. Cela peut créer de la souffrance pour celui qui se voit comparé.

3) Le refus de responsabilité : 
  • Le fait de nier ses responsabilités nous empêche d'accéder pleinement à la responsabilités de nos pensées, sentiments et actes. Ce refus de responsabilité apparaît dans l'expression tellement usité  de "il faut" !

 "Il y a certaine choses qu'il faut que tu fasses que ça te plaise ou non...!" 

  • Il est plus juste d'exprimer ce que je ressens lorsque l'autre ne fait pas ce que j'aimerais qu'il fasse. Comment cela vient-il me toucher ? Et quels sont mes besoins inexprimés ou insatisfaits à ce moment-là? Par exemple : "Quand tu ne ranges pas ta chambre, je suis contrariée parce que j'ai à coeur que ma maison soit en ordre. Cela m'apporte de l'harmonie et de la douceur au quotidien."
  • Lorsqu'on utilise le « tu », c'est une autre manière de rejeter la responsabilité sur l'autre. La CNV invite encore une fois à exprimer nos sentiments et besoins    en parlant de soi  : "Je me sens ... quand tu dis, fais, ......parce que j'ai besoin de ......"

Exemple "Tu me culpabilises !"  est un langage aliénant.

4) Les exigences

« En soi, l'exigence fait explicitement ou implicitement planer sur le destinataire la menace s'un reproche ou d'une punition au cas où il ne s'y plierait pas. Or il n'est pas dans notre pouvoir de faire faire quelque chose à quelqu'un » dit Marshall Rosemberg. 

5) Les mérites et récompenses

Il est dans l'intérêt de chacun de changer parce qu'il sent que ce changement lui sera bénéfique plutôt que de subir une punition ou une récompense parce que notre comportement est jugé néfaste. 

« La communication aliénante est à la fois un produit et un pilier de nos sociétés fondées sur des principes de hierarchie ou de domination" (Marshall Rosemberg)

vendredi 1 mai 2020

3 jeux pour se familiariser avec la Communication Non Violente en famille


Article du blog Apprendre à éduquer

On n’a pas toujours conscience qu’on peut être violent avec des mots ou être violent contre soi. Le processus de la communication non violente (CNV) vise à respecter toutes les formes de vie.

C’est amener soi et les autres non pas à agir par peur de la punition, par intérêt de la récompense ou par culpabilité, mais à partir de l’intention de comprendre et satisfaire les besoins de chacun.


La communication non violente est une invitation à la lenteur. – Fabienne Posca (formatrice en CNV)

On peut essayer d’être empreint de cette communication bienveillante autant que possible lors des conflits : est-ce que j’ai l’intention d’être connecté avec moi et avec l’autre avec lequel je suis en conflit pour nous rendre la vie plus belle ?

La Communication Non Violente (CNV) est un processus de communication en 4 étapes :




Un exemple : Quand tu as traversé la rue sans regarder, j’ai eu peur et j’ai besoin de prendre soin de toi. Je te demande de t’arrêter à chaque fois au passage piéton et de regarder à droite puis à gauche avant de traverser.

La maîtrise du processus de la Communication Non Violente requiert un travail en amont sur le vocabulaire des sentiments et des besoins, ainsi que la capacité à reconnaître un message qui accuse d’un message qui exprime un besoin.

Les 3 jeux proposés ci-dessous s’y attellent :

Les feuilles des sentiments
Les cartes des besoins
Le langage chacal et le langage girafe

1.Les feuilles des sentiments


Imprimer la liste des sentiments et les découper en forme de feuilles d’arbre (un sentiment correspond à une feuille)





Dessiner deux arbres l’un à côté de l’autre sur une grande feuille :
  • le premier arbre a les branches ouvertes sur le ciel
  • le deuxième arbre a les branches tournées vers le sol

Ces deux arbres représentent les humains : le premier quand les besoins sont satisfaits, le deuxième quand les besoins ne sont pas satisfaits. On pourra écrire dans le tronc du premier “Quand mes besoins sont satisfaits” et dans le tronc du deuxième “Quand mes besoins ne sont pas satisfaits”.

Expliquer que tous les sentiments servent à alerter sur des besoins : les sentiments agréables sur des besoins satisfaits et les sentiments désagréables sur les besoins insatisfaits (on pourra poser des questions aux enfants : “Comment tu te sens quand ton besoin de manger est satisfait ? et quand ton besoin de faim n’est pas satisfait ?”).

Étaler les feuilles des sentiments par terre ou sur une table et présenter les arbres.

Prendre une feuille à la fois : lire le sentiment qui y est écrit, engager une discussion sur ce sentiment, le mimer, évoquer des situations dans lesquelles cet sentiment a été éprouvé. Une fois ce travail sur le vocabulaire effectué, décider ensemble quand ce sentiment est éprouvé : quand un besoin est satisfait ou quand un besoin est insatisfait ? quels exemples vécus ou vus/ lus dans une histoire ?

En fonction de la réponse, coller la feuille soit sur une branche du premier arbre, soit sur une branche du deuxième arbre.

Laisser la possibilité aux enfants de décorer, colorier, personnaliser les feuilles (par exemple, une couleur pourra être attribuée aux émotions agréables et une autre aux émotions désagréables puis dégrader ces couleurs selon l’intensité du sentiment).


2. Les cartes des besoins


Apprendre à identifier les besoins avec ce jeu de cartes positif

Ce petit jeu consiste à identifier certains de nos besoins, d’évaluer dans quelle mesure ceux-ci sont satisfaits… et de voir comment nourrir des besoins insatisfaits.





Je vous propose de télécharger les cartes des besoins issus de la Communication Non Violente (quelques besoins fondamentaux qui nous animent tous) : cartes besoins jeu CNV

Règles du jeu :
  • Télécharger et imprimer les cartes des besoins (les coller sur du carton ou les plastifier pour plus de solidité)
  • Retourner les cartes et les étaler sur la table (ou les tenir en éventail face cachée)
  • Piocher une carte et lire le besoin inscrit
  • Se connecter à ce besoin :
quand est-ce que je ressens ce besoin ?
comment se manifeste-t-il ?
comment je me sens/ qu’est-ce que je fais quand ce besoin est insatisfait ?
comment a-t-il été satisfait dans le passé ?
est-ce que cela m’a nourri.e et comblé.e ?
si non, comment pourrait-il être satisfait différemment dans le futur ?
comment je me sens quand ce besoin est satisfait ?
comment serait la vie si ce besoin était toujours satisfait ?
qu’est-ce que je fais au quotidien pour prendre soin de ce besoin ?
Partager ce qui se passe à l’intérieur (dans une approche tête/ corps/ coeur) une fois en connexion avec ce besoin :
qu’est-ce qui est vivant à l’intérieur ?
comment je me sens ?
Imaginer une action réalisable aujourd’hui pour nourrir ce besoin et se donner pour mission de la réaliser
Imaginer des actions concrètes pour nourrir ce besoin à l’avenir et éventuellement les noter sur un carnet


On peut jouer à ce jeu seul ou bien à plusieurs et tirer autant de cartes que voulu. Les enfants (dès 6 ans) comme les adultes peuvent y jouer : les enfants auront peut-être besoin d’explications et d’exemples pour clarifier la signification de certains besoins.

Apprendre à raisonner en termes de besoins est un premier pas vers la non violence.

Nous devons reconnaître nos besoins non satisfaits pour communiquer AVEC les autres, pas CONTRE les autres :
quand nous exerçons un jugement contre quelqu’un d’autre
quand nous exerçons un jugement contre nous même

Les jugements, critiques, diagnostics et interprétations portant sur les autres sont autant d’expressions détournées de nos besoins. – Marshall Rosenberg

Communiquer avec la communication non violente implique de trouver le besoin non satisfait qui se cache derrière chacun de nos jugements car les besoins sont la vie qui cherche une expression !

A partir du moment où les gens parlent de leurs besoins plutôt que des torts des autres, il devient beaucoup plus facile de trouver des moyens de satisfaire tout le monde. – Marshall Rosenberg

Nous pouvons nous entraîner, comme un jeu, à tenter de deviner les besoins à l’origine de n’importe quel message. Cette capacité à discerner les besoins des autres est capitale dans la résolution des conflits :

Chaque message, quel que soit son contenu ou sa forme, est l’expression d’un besoin. – Marshall Rosenberg

3.Le jeu des girafes et des chacals

Un jeu collectif pour mettre en pratique la communication non violente

Ce jeu est inspiré du livre Parents respectueux, enfants respectueux de Sura Hart et Victoria Kindle Hodson.

Objectif :
  • Élargir le choix dans la manière d’entendre un message
  • Apprendre à traduire le langage chacal en langage girafe
Préparation :

Chaque participant se dote d’oreilles de chacal et de girafe (à imprimer dans le livre mentionné, à acheter sur cnvc.org ou mettre les mains en cornet pour la girafe et poings fermés pour le chacal)

Un animateur (de préférence un adulte qui est sensibilisé à la CNV) sera désigné et expliquera les 4 manières d’entendre un message selon la Communication Non Violente (CNV) :
  • Oreilles de girafe tournées vers l’autre : EMPATHIE (j’entends les émotions et besoins de l’autre)
  • Oreilles de girafe tournées vers moi : AUTO EMPATHIE (j’entends mes propres émotions et besoins)
  • Oreilles de chacal tournées vers l’autre : CRITIQUES ET REPROCHES ENVERS LES AUTRES (j’entends des critiques et je critique en retour, j’entends des reproches et je fais des reproches en retour)
  • Oreilles de chacal tournées vers moi : AUTO CRITIQUE ET AUTO REPROCHE


Déroulement :

L’animateur donne des exemples de langage chacal et girafe et les participants doivent mettre leurs oreilles de manière à refléter le langage utilisé. Par exemple :
  • si l’animateur dit “Tu es vraiment méchant”, les participants mettront leurs oreilles de chacal tournées vers l’autre (CRITIQUE)
  • si l’animateur dit “C’est toi qui est méchant”, les participants mettront à nouveau leurs oreilles de chacal tournées vers l’autre (CRITIQUE)
  • si l’animateur dit “C’est lui qui a raison, je suis nul”, les participants mettront leurs oreilles de chacal tournées vers eux (AUTO CRITIQUE)
  • si l’animateur dit “Tu es contrarié car tu veux que tes besoins soient pris en compte ?”, les participants mettront leurs oreilles de girafe tournées vers l’autre (EMPATHIE )
  • si l’animateur dit “Je suis blessé et triste, j’ai besoin de compréhension”, les participants mettront leurs oreilles de girafe tournées vers eux (AUTO EMPATHIE )

Une fois que ce tour a été effectué, l’animateur distribue les oreilles de chacal à une personne et les oreilles de chacal à une autre. Chacun à leur tour, les autres participants prononce un message difficile à entendre (un jugement, une critique, un reproche en langage chacal).

La personne qui porte les oreilles de chacal répond d’abord avec les oreilles tournées vers les autres, puis avec les oreilles tournées vers elle-même.

Puis la personne qui porte les oreilles de girafe répond avec les oreilles tournées vers les autres, puis avec les oreilles tournées vers elle-même.

Une fois le tour terminé, les oreilles sont données à d’autres participants.


On peut imaginer d’autres variantes : tous les membres portent des oreilles girafes et doivent réagir en langage girafe à un message agressif lancé par l’animateur; on peut inventer un dialogue dans lequel chaque locuteur porte des oreilles différentes (l’un ne s’exprimant qu’en langage chacal et l’autre seulement en langage girafe) ou inventer un dialogue dans lequel chaque locuteur porte les mêmes oreilles (soit chacal soit girafe) puis on pourra discuter des différences et des résultats constatés selon le type de langage utilisé.


Ces trois petits jeux entraînent les petits (dès 6/7 ans) et les grands à pratiquer la CNV. Ils peuvent être proposés en classe et à la maison pour éveiller les enfants et les adolescents à la communication non violente, en famille ou même en entreprise.

……………………………………………………………………………………………………..

Pour aller plus loin, le livre Parents respecteux, enfants respectueux (éditions La Découverte) propose de nombreux autres jeux à pratiquer avec les enfants pour les sensibiliser à la communication non violente.

lundi 27 avril 2020

TDAH et Confinement : Développer la communication non-violente avec son enfant




Le confinement peut augmenter le risque d’anxiété, d’irritabilité, de dépression. Il peut entraîner chez les parents comme chez les enfants une période de sidération avec difficulté à initier les activités habituelles.

Les enfants avec un TDAH (Trouble Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité) ont plus de mal en général, à réguler leurs émotions. Leur sentiment d’injustice présent en temps habituel peut se trouver dans cette période exacerbée. L’émotion agit comme une sorte de « torche attentionnelle » : elle éclaire certaines choses, les mettant au premier plan et en laisse d’autres dans l’ombre.

Ce mécanisme est très présent chez les patients avec un TDAH. Du fait de leur impulsivité et de leurs émotions, ils risquent de n’entendre que les défauts sur une remarque et ne pas percevoir les éléments positifs qui étaient associés, ce qui peut entraîner chez eux un mouvement de colère irrépressible.

Voici quelques outils pour limiter ce phénomène :
Développer ma communication non violente avec mon enfant sur ce lien : 

https://www.pedopsydebre.org/post/tdah-et-confinement-développer-la-communication-non-violence-avec-son-enfant
par F. Amsellem (psychologue), Dr A. Hubert, Dr S. Bahadori, Pr R. Delorme (pédopsychiatres) – Centre d’excellence des troubles du neuro-développement d’Ile de France 

jeudi 23 avril 2020

Service d'écoute SOS Parentalité

Un message d'Elise Fournier
Consultante en parentalité - Formatrice
"Cultiver la relation pour grandir ensemble !"

  • Je suis particulièrement heureuse de vous annoncer que le service d'écoute SOS Parentalité est désormais identifié par le gouvernement comme ressource au niveau national pour les parents. Son numéro pourra être communiqué aux personnes qui appellent le numéro vert Covid-19.

Les horaires d'ouverture :  7 jours sur 7, de 8h à 12h et de 14h à 17h+ 2 soirs : mercredi et vendredi de 20h à 22h.
- Tél : 0974 763 963
- Appel non surtaxé, anonyme et gratuit
- 15 min d'écoute, 15 min pour relâcher la pression
- Les écoutants sont des consultants en parentalité formés par Catherine Dumonteil-Kremer et membres du Réseau Parentalité Créative. Nous sommes 120 à nous relayer bénévolement.

On en a parlé sur France Inter dans l'émission "Carnets de solution" de Philippe Bertrand (7/04/20).

- Pour voir en replay mon intervention "Le jeu-écoute, le jeu qui guérit"
- Pour revoir toutes les interventions depuis le 2 avril (sous-titrées)

  • En complément nous nous mobilisons pour vous proposer des ateliers découverte gratuits du cycle d’ateliers « Vivre et Grandir Ensemble », créé par Catherine Dumonteil-Kremer : en visio,  par petits groupes de 6 à 8 participants maximum, pour tous les parents d’enfants de 0 à 18 ans.
2 prochaines dates :
- Mercredi 29 avril de 17h30 à 18h30
- Mercredi 6 mai de 21h à 22h

Inscription (Clôture 48h avant l’atelier)

Plus de 11 000 membres ont rejoint ce groupe depuis sa création au début du confinement ! Les échanges sont nombreux, les parents y trouvent du soutien et un espace pour exprimer leurs difficultés. N'hésitez pas à nous rejoindre, vous y serez les bienvenus! :)

QUELQUES RESSOURCES :
Magazine PEPS - Un numéro gratuit : « Confinés en famille : quand tout s’arrête autour de nous »
Planches - "Le réservoir affectif" Épisodes 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7
Livret "Sans fessée, comment faire ?"
Dossier "Colère, punitions-récompenses : comment s'en sortir ?"
Conférence "Parents, enfants et confinement" 
Live de Catherine Dumonteil-Kremer (Ville de Bormes-les-Mimosas 15/04/20)

PROGRAMME DES JOURS ET SEMAINES A VENIR


Interventions gratuites, ouvertes et accessible à tous, en visio sur le logiciel Zoom, pendant le confinement :

  • Journée de la Non-Violence Éducative :

- Jeudi 30 avril de 21h à 22h30 : Conférence « Sans fessée ni punition, comment faire ? »

- Vendredi 1er mai de 10h30 à 11h30 et de 18h à 19h : Cafés des parents « Sans fessée ni punition, comment faire ? 

Sur inscription : contact@elisefournier.fr (Pour le café des parents, préciser le créneau auquel vous souhaitez participer.)

mardi 21 avril 2020

L'écoute des autres et de soi - Declic CNV





Un webinaire à destination des chefs d'établissement et enseignants, pour les soutenir dans leurs relations avec les familles, dans le cadre de leur mission de continuité pédagogique.

Dans ce webinaire, Véronique Gaspard et Catherine Schmider, donnent des clés d'écoute empathique pour soi et pour les autres : 
  • Véronique Gaspard explore par le ressenti et l'expérience ce que sont les émotions et les besoins, deux repères importants dans l'écoute. Que se passe-t-il lorsqu'on se sent accueilli pleinement ? Quelles sont les conditions d'un accueil empathique ? Comment faire quand on se sent soi-même submergés ? 
  • La vidéo se termine ( à 49'00) par un temps de guidage en "auto-empathie", temps d'écoute de soi, face à un moment qui nous a contrarié : comment se relier à ce moment au niveau des faits, à nos jugements à ce moment-là, à nos ressentis qui nous permettent de nous relier à nos besoins profonds. Comment remplir alors notre réservoir de besoin en manque pour se sentir mieux ?  

Animé par Véronique Gaspard, avec le soutien de Catherine Schmider, formatrices en Communication NonViolente certifiées par le CNVC et animatrice de Declic-CNV

jeudi 16 avril 2020

Mon réservoir est vide !

Cécile Veilhan
Cécile Veilhan

Ou comment identifier lorsque mes ressources s’épuisent et trouver des pistes pour remplir mon réservoir et celui de mon enfant.

http://institut-parentalite.fr/mon-reservoir-est-vide/
A l’institut de la Parentalité, nous avons l’habitude de parler de réservoir, réservoir d’énergie et aussi réservoir affectif pour illustrer ce que nous percevons tous très bien d’une énergie et disponibilité qui se grignotent au fur et à mesure que la journée ou la semaine avance et peut entraîner un épuisement de nos ressources.

Nous avons tous connu ce moment où après notre journée de travail, nous nous sentons « à plat », « sans jus ». Cela signifie que notre réservoir est vide et que nos ressources s’épuisent. 

Pourquoi et comment se vide notre réservoir ? Comment le remplir ? Comment aider notre enfant avec son propre réservoir ?

Ce réservoir nous en possédons tous un. Il nous permet – lorsqu’il est rempli- d’être en forme, disponible, productif et attentif. Il nous permet également de raisonner plus facilement, prendre du recul, analyser les situations sans se sentir débordé. Il augmente notre fenêtre de tolérance, notre capacité à accueillir des situations perturbatrices ou encore les émotions parfois vives de nos enfants. Parce qu’il est rempli, notre réservoir nous permet de voler et faire face en cas de tempête. Nous relativisons toujours plus en revenant de vacances, reposé et en forme, car notre réservoir a pu se remplir. Comme le réservoir d’un avion, notre réservoir se vide au fur et à mesure que nous effectuons nos heures de vols. Il nous faut donc être bien attentif à la jauge du carburant. Lorsque celle-ci nous indique que le carburant est sur la réserve, elle nous indique qu’il nous faut être raisonnable, faire une pause, dire stop aux heures de vol et le re remplir avant que la réserve soit épuisée. Sans cela, voler va s’avérer très compliqué.

Pourquoi et comment se vide mon réservoir ?


Le stress, les préoccupations (économiques, familiales…), les conflits (au travail, dans le couple…), entament notre réservoir. La fatigue agit elle comme une perceuse qui après avoir percé de petits trous dans notre réservoir entraîne des fuites qui le videront plus rapidement.

L’absence de temps pour soi entraîne également le réservoir à se vider plus rapidement car il puise dans ses réserves sans être rempli pour autant.

Conséquence ?


Tout est plus difficile et plus coûteux, c’est-à-dire que le quotidien nous demande un effort. Notre fenêtre de tolérance se réduit, celle des frustrations s’agrandit et nous éprouvons plus de difficultés à apaiser notre esprit, traverser nos émotions sans nous laisser envahir par elles, nous nous sentons « à bout de nerfs », « prêt à craquer ».

Comment remplir mon réservoir ?


Le réservoir se remplit de tout ce qui nous fait du bien et de repos. La question à se poser est donc : qu’est ce qui me fait du bien ? Respirer, voir des amis, faire une sieste, faire du sport, appeler sa famille, méditer, faire un jeu de société avec les enfants… ? Comment puis-je me reposer ? C’est à nous de dresser la liste des activités qui procurent « ce carburant ». Une fois la liste dressée, il est temps d’aller faire le plein.

Et du côté des enfants ?


Les enfants possèdent eux aussi leur réservoir. A la différence du notre le leur, se vide plus rapidement. Ils sont le pilote d’un plus petit avion avec un réservoir moins conséquent, les heures de vols en « autonomie » sont donc réduites.

Lorsque leur réservoir est vide, ils peuvent être en difficulté pour répondre à nos demandes, rester concentré, être emporté plus rapidement par leurs émotions, se sentir insécurisé ou incapable… Leur réservoir est dépendant comme le nôtre de leur fatigue et est plus sensible à leur environnement du fait de leur dépendance aux adultes.

S’il se vide plus vite il peut se remplir aussi plus vite. L’écoute, la disponibilité des adultes, les contacts physiques, les câlins, les moments de jeux sont de véritables ressources qui remplissent le réservoir de notre enfant. Ralentir le rythme pour les enfants comme pour les adultes permet également de ralentir la fréquence des vols et d’avoir des réservoirs qui se vident moins vite.

Anaïs Thétiot, psychologue clinicienne et Formatrice, à l’Institut de la Parentalité

Pour aller plus loin : Consulter cet article du 26 janvier 2020 de Catherine Dumonteil Kremer
RECETTE POUR REMPLIR UN RÉSERVOIR AFFECTIF :-)


mardi 14 avril 2020

Les Webinaires de Déclic : La relation au coeur de l'éducation, on en parle ! #1 L'école élémentaire


Des acteurs éducatifs témoignent de leur expérience avec la Communication NonViolente : comment elle les soutient au quotidien pour vivre leurs intentions éducatives et ce qu'elle permet dans les relations avec les enfants et les jeunes, entre eux et au sein des équipes.

Animé par Véronique Pardonnet, formatrice en Communication NonViolente certifiée par le CNVC. Avec Céline Bianco, directrice d'école élémentaire, Karine Cever, enseignante et conseillère pédagogique et Mylène de Sainte Marie, enseignante.

Vous pouvez soutenir les webinaires de Déclic en faisant un don ICI

Visionner le Webinaire #1 - L'école élémentaire

mardi 7 avril 2020

Violence dans la famille - le confinement quand on est ado

Sur le site  CIAO

Tu cries, ils·elles crient, ça crie : que faire ?

Photo FreePick



 Ce n'est pas toujours facile de vivre en famille. Tu dois supporter tes frères et sœurs qui te piquent systématiquement tes affaires, qui squattent la salle de bain ou la télévision. Tes parents sont constamment sur ton dos et te dictent des règles de vie que tu ne veux pas toujours suivre : débarrasser la vaisselle, nettoyer ta chambre, respecter les heures de rentrée, etc.

Tu cries, ils·elles crient, ça crie : c'est le conflit. Tu pars dans ta chambre, tu claques la porte ou tu te refermes totalement sur toi et tu en veux à la terre entière.

En tant qu'adolescent·e, tu vis une phase de ta vie où tu construis ta personnalité en te confrontant aux autres, à tes parents, à tes profs, à tes frères et à tes sœurs. Les conflits avec les parents sont plus nombreux à l'adolescence et c'est normal.

Chaque conflit avec tes parents ou tes frères et sœurs est une occasion nouvelle pour réfléchir sur toi et sur tes réactions. Grâce à ces conflits, tu peux apprendre à contenir tes émotions. Arriver à exprimer d'une autre manière que par la violence ce que tu ressens est important à réaliser.

Règles de vie


Les règles de vie te semblent peut-être bien lourdes par moments, elles sont pourtant là pour te protéger et non pour t'embêter.

Pour éviter que la violence s'installe à la maison, il est nécessaire de comprendre qu'il existe un certain nombre de règles qui sont propres à chaque famille et qu’elles sont à respecter. Elles permettent de vivre dans le respect mutuel et garantissent une ambiance agréable. Même si tu rêves de liberté, il te faudra attendre encore quelques années pour vivre ta vie comme tu l'entends.

En attendant, tu ne peux pas faire n'importe quoi, car tu es sous l'autorité légale de tes parents. Tu dois par exemple respecter les heures de rentrée qu'ils·elles te fixent, participer aux tâches ménagères, avertir lorsque tu sors, demander l'autorisation pour aller dormir chez un·e ami·e, aller au cinéma ou encore boire un verre, etc.

Parler ensemble


Il est indispensable de parler ensemble de ce qui se passe. C'est la seule façon de garder une bonne ambiance familiale ou de l'améliorer. Lorsque la communication est fluide dans la famille, il y a moins de risques que s'installe la violence.

Lorsque le conflit est déjà là (par exemple au moment de sortir alors que tes parents n'ont pas donné leur autorisation), il est difficile de parler de manière constructive. Il vaut mieux choisir un autre moment et un endroit calme pour parler de ce qui pose problème. Pour que la discussion ait des chances d'aboutir, voici quelques trucs utiles à respecter autant par les parents que les enfants bien sûr:
  • Parler de ce que tu ressens, de tes sentiments: «j'ai honte», «je me sens mal, triste, en colère, blessé ou blessée», etc.
  • Éviter les reproches qui ne conduisent à rien: «c'est ta faute», «tu ne m'écoutes jamais», «tu préfères ma sœur ou mon frère», etc.
  • Éviter les généralités: «tu ne me laisses jamais sortir», «tu m'interdis toujours ce qui me fait plaisir »
  • Écouter la personne qui te parle sans l'interrompre
  • Éviter les insultes, les cris, etc.
  • Et si une décision familiale est prise, fais de ton mieux pour la respecter
  • Si tu te rends compte que sur le moment, aucune discussion n'est possible, trouve une personne neutre avec qui tu pourrais parler de tes problèmes familiaux : ami·e, prof, infirmier·ère scolaire, médiateur·trice, etc.

Maltraitance familiale


Si la violence se trouve partout où il y a des êtres humains, lorsqu'on la rencontre dans la famille, on l'appelle violence familiale. Si elle est plutôt unilatérale (parent sur enfant par exemple), on la nomme "maltraitance dans la famille".

Dans ta famille, tu peux te retrouver face à des gens qui peuvent te manquer de respect ou t'agresser. Il peut s'agir d'un oncle, d'une tante, de ton parrain ou ta marraine, l'un de tes grands-parents, mais aussi de ton frère ou ta sœur, ton père ou ta mère, ton beau-père ou ta belle-mère.

On constate que les enfants et les adolescent·e·s négligé·e·s, battu·e·s, rejeté·e·s ou abusé·e·s sexuellement le sont par des personnes proches et connues, et le plus souvent par quelqu'un de leur famille. C'est donc d'autant plus difficile pour eux·elles de se rendre compte de la gravité de ce qu'ils·elles vivent et de prendre la décision de parler pour se défendre et se protéger.

Si tu veux en savoir plus:
Pourquoi en parler et à qui?
Comment sortir de sa violence?
Ce qu'il faut savoir en cas de maltraitance

dimanche 29 mars 2020

Déclic-CNV, bases pour une écoute empathique

Mardi 31 mars de 17h à 18h,

un webinaire à destination des chefs d'établissement et enseignants,

pour les soutenir dans leurs relations avec les familles, dans le cadre de leur mission de continuité pédagogique

"Des bases pour une écoute empathique et les pièges à éviter"

Le mardi, de 18h à 19h, environ 2 fois par mois, plusieurs acteurs.trices de l'éducation :
témoignent de leur expérience avec la Communication NonViolente : comment elle les soutient au quotidien pour vivre leurs intentions éducatives et ce qu'elle permet dans les relations avec les enfants et les jeunes, entre eux et au sein des équipes
et répondent aux questions des participant.e.s au webinaire. 

100 personnes peuvent participer en direct au webinaire. Le webinaire est enregistré et est ensuite disponible sur la chaine Youtube de Déclic. 

Pour recevoir les informations et le lien pour participer, inscrivez-vous à la newsletter de Déclic, en bas de la page (à droite dans le pied de page) ou suivez-nous sur

L’association DECLIC - CNV & Education http://declic-cnveducation.org a pour objet de contribuer à une éducation et un accompagnement conscients et respectueux de l’enfant, dans les familles et dans les structures accueillant des enfants et des jeunes. 

A cet effet, elle promeut la Communication NonViolente (CNV), approche développée par Marshall Rosenberg, axée sur la prise en compte des besoins de chaque être humain. Elle œuvre pour la rendre accessible à toute personne en relation directe avec des enfants et des jeunes, ou ayant une action les concernant in fine. 

En participant à la transformation des pratiques éducatives en France, elle contribue à :
● favoriser le bien-être et l’épanouissement de chaque être humain, enfant et adulte, 
● développer la capacité de chacun à vivre dans le respect de lui-même, des autres et de son environnement.

mercredi 25 mars 2020

SOS Parentalité (RESEAU PARENTALITE CREATIVE)


Nous, les 80 consultant.e.s en parentalité du Réseau Parentalité Créative, nous nous mettons à la disposition de tous les parents, aussi longtemps que nécessaire, pour vous soutenir et vous accompagner.

✔️ Un service d'écoute gratuit pour tous les parents :

- Composez le 09 74  763 963
- 15 minutes pour relâcher la pression
- Un service anonyme et gratuit (appel non-surtaxé)
- Du lundi au samedi, de 14h à 17h + Nouveaux créneaux à partir du 30 mars : Du lundi au samedi, de 8h à 12h et les mercredis et vendredis, de 20h à 22h
- Des consultants en parentalité à l’écoute

✔️ Un groupe de discussion :

> Un groupe de soutien créé spécialement pour les parents en cette période inédite, à l'initiative de Catherine Dumonteil-Kremer.

Je vous encourage à nous rejoindre dans ce groupe et à le partager aux parents de votre entourage : https://www.facebook.com/groups/2725728787713643/. Vous y trouverez soutien, astuces, idées anti-pétage de plomb et bonne humeur ! 

> A venir : 

A l'occasion de la Journée de la Non-Violence Éducative du 30 avril et suite à l'annulation des événements initialement organisés sur tout le territoire, des consultant.e.s en parentalité du Réseau Parentalité Créative, seront en direct chaque jour du 2 au 30 avril, sur ce groupe, pour intervenir sur différents thèmes. Un planning des thèmes proposés sera bientôt publié sur ce groupe.

4 planches - « Le confinement en famille dans la bonne humeur » :