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mercredi 2 septembre 2020

Un salut personnalisé le matin


 Comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo ci-dessus, tous les jours, Barry White Jr. A, un instituteur américain dit bonjour d’une manière résolument cool à ses quarante élèves de CM2. Filmé par « ABC News » dans son école primaire Ashley Park PreK-8 à Charlotte, en Caroline du Nord, on découvre cet enseignant d’anglais échanger un salut personnalisé avec chacun des enfants, « check » et mini choré à l’appui.


« L’objectif de ce rituel est d’avoir un impact positif sur les élèves. Ils viennent de milieux difficiles, c’est important que chacun d’entre eux se sente spécial. Il ne faut jamais sous-estimer la valeur d’une relation, avec qui que ce soit », a confié Barry White Jr. A à la chaîne de télévision WCNC. « Au départ, c’était juste avec un ou deux élèves puis c’est devenu contagieux. Je me suis rendu compte que c’était important pour eux. Et puis, avant que je puisse leur apprendre quelque chose, ils doivent m’accepter », a-t-il poursuivi.


dimanche 17 mai 2020

Enfants et confinement : “Je crains la montée en puissance des phobies scolaires” (S.Marinopoulos)




Julia Vergely de Télérama
Publié le 07/05/2020.

Sophie Marinopoulos, psychanalyste spécialiste de l’enfance, a pu observer les relations parents-enfants en cette période de confinement. Selon elle, on ne pourra pas demander aux enfants de tout de suite “faire école”, de mettre les bouchées doubles. Le déconfinement est un cheminement.






Après huit semaines de confinement et d’école à la maison, dans des conditions sanitaires et sociales loin d’être égalitaires, de nombreuses familles expriment leur mal-être et semblent au bord de l’implosion. Sophie Marinopoulos, psychanalyste spécialiste de l’enfance, est une observatrice privilégiée de relations parents-enfants, notamment grâce à son association Les pâtes au beurre.

Depuis le 19 mars dernier, elle a ouvert une ligne d’écoute, « confinés mais pas seuls » (1) pour les parents qui se sentent débordés. Elle a ainsi pu faire des constats sur l’état psychique des familles confinées et penser le déconfinement pour les enfants. Elle publie aux éditions Les Liens qui libèrent, l’ouvrage numérique Un virus à deux têtes. Traversée en famille au temps du Covid-19 (disponible ici pour 2,90 euros, les droits d’auteur seront reversés à son association).

Quelles ont été les premières conséquences de ce confinement sur les familles ?

Ce confinement est l’histoire d’une rupture : une modification interne très profonde, toujours violente. C’est un choc émotionnel. Le confinement a donc obligé chacun, parents, enfants, à se redéfinir, et à redéfinir leur relation, avec plus ou moins de heurts. On a parlé des inégalités sociales et matérielles, évidemment, mais peu des inégalités psychiques : on n’a pas tous les mêmes ressources, ni la même capacité à supporter l’autre, avec ses exigences. Et les enfants sont devenus très exigeants dans ce confinement.

“Dans la vie normale, on peut se supporter justement parce qu’on se sépare et qu’on se retrouve.”


Mais surtout, ils ont été 24 heures sur 24 sous les yeux de leurs parents, et inversement. Les parents, face à l’amour de leur vie, ont vu leur narcissisme essentiel s’effriter un peu : parfois, leur enfant ne veut pas travailler, il n’en a rien à faire de l’école, ça ne l’intéresse pas, il trouve que son parent explique mal… C’est une attaque au narcissisme parental ! Ils ont découvert un enfant qui, finalement, ne jouait pas toujours le jeu. Pour les parents, cela peut sembler injuste ou inadmissible. On oublie trop souvent l’enfance et sa logique, on voudrait des enfants sans l’enfance, cela n’a pas changé avec le confinement. Je parle depuis longtemps de malnutrition culturelle, de malnutrition dans nos relations humaines et familiales : nous n’étions pas déjà en grande forme dans nos relations les uns avec les autres avant ce confinement.

En quoi les relations se sont-elles encore dégradées ?

Dans la vie normale, on peut se supporter justement parce qu’on se sépare et qu’on se retrouve. La séparation promet les retrouvailles, et d’ailleurs, la première chose avec laquelle les enfants savent très bien jouer, c’est le cacher/coucou. Ce qui fonde notre équilibre relationnel est qu’on peut se perdre de vue pour mieux se retrouver, et donc se raconter, se dire des choses. Là, on a été totalement privé de cette dimension.

Les parents qu’on a eus au téléphone nous décrivaient ce qu’ils vivaient, parfois on entendait hurler dans la maison et on avait beaucoup de mal à échanger. Ils cherchaient tous des ressources. Comment vivre ainsi, les uns sur les autres ? Ils étaient à bout. On n’a pas tous la même capacité à avoir de la patience, à comprendre l’enfant, dans ce qu’il est. Mais aussi, comme on a perdu l’habitude de comprendre l’enfant, comme on aime vraiment tout rationaliser dans nos vies, on cherche à rationaliser un enfant.

Les parents ont été bouffés par des informations statistiques, sur le nombre de morts, avec des schémas, ils ont été absolument envahis par des choses extrêmement anxiogènes. On commence à entendre chez eux, ce qu’on déteste entendre, nous les psy : « Il fait exprès pour m’embêter », « il fait exprès de pas apprendre »... Quand on décrit un enfant non plus comme un enfant, mais comme un agresseur, qu’on pense qu’il est menaçant, c’est l’origine de la violence et de la maltraitance.

“J’ai peur de la montée en puissance de l’anxiété majeure, qui ne s’exprime pas toujours chez les enfants.”


Comment faire pour éviter cela ?

Il faut qu’on puisse reprendre un peu de mouvement, pour, physiquement et psychiquement, se dégager les uns des autres. Il va falloir y aller, mais les mots choisis par le gouvernement ne sont pas ceux qui permettent de transformer la peur en quelque chose de rassurant. Au contraire, on voit la peur devenir une angoisse et, à l’inverse de la peur, on ne peut pas raisonner une angoisse. Les parents sont pris entre deux feux : ils veulent sortir de ce confinement, de cet état de grand mal-être, de grande souffrance et, en même temps, quand on leur dit que l’école va reprendre, ils ne veulent pas que leur enfant s’y rendent, parce que les garanties ne sont pas claires...

Quelles seront les conséquences du confinement sur les enfants ?

Hier, mon petit-fils de 2 ans et demi, a répondu à sa maman, qui voulait lui donner la main pour traverser la rue : « Non, je suis propre. » On avait l’impression qu’il ne comprenait pas grand- chose, mais il avait pourtant intégré bien des aspects : cette main protectrice, maternelle, qui empêche de se faire écraser, qui est tout pour lui d’ordinaire, soudainement il n’en veut pas, il l’interprète comme quelque chose de dangereux.

Les traces psychiques de ce confinement sur les enfants, on les voit arriver petit à petit dans notre quotidien. Je pense qu’en septembre on aura une bonne idée de l’état psychique des enfants et de notre santé relationnelle et culturelle. Il faut prendre les choses à bras-le-corps dès maintenant, quand le psychisme est atteint, il ne se redresse pas comme ça, du jour au lendemain. J’ai peur de la montée en puissance des phobies scolaires, de l’anxiété majeure, qui ne s’exprime pas toujours chez les enfants, et des mécanismes défensifs obsessionnels.

Je redoute qu’on ait également des évitements relationnels très importants. Chez les enfants comme chez les adultes. L’autre, qui déjà jusqu’à présent était très vite l’étrange ou l’étranger, va devenir encore plus suspect, dans une dimension sanitaire : est-il vraiment propre ? Puis-je lui faire confiance ? Moins on fait ensemble, plus on est mis en danger dans notre capacité à vivre pacifié. Il va falloir une vigilance qui est, pour moi, une question centrale de santé publique.

“Il faut mettre de la narration au cœur de nos apprentissages : chanter, danser, créer avec du matériel artistique...”

Peut-on parler de traumatisme ?

Être traumatisé, c’est quand notre appareil à penser n’arrive plus à penser ce qui nous arrive : on est tellement pris par l’émotion, il y a une telle bouffée émotionnelle, que notre appareil psychique n’arrive pas à la contenir, et ça déborde. Donc oui, il y a énormément de familles qui se retrouvent dans cette situation traumatique et qui sont psychiquement très mal. On ne va pas sortir indemnes.

Et remarquez que le gouvernement ne parle pas du tout de santé psychique : la santé, elle n’est que physique. Quels sont les gestes sanitaires psychiques à adopter ? Personne ne dit rien. Sur le déconfinement, il y a pourtant des choses qui me semblent incontournables à faire pour les enfants, pour les parents, pour que chacun retombe sur ses pattes et se remette à penser. Le déconfinement est un cheminement.


Que préconisez-vous pour un retour apaisé à une vie plus normale ?
Il ne va pas falloir demander aux enfants de tout de suite « faire école », de mettre les bouchées doubles parce qu’on aurait pris du retard sur le programme. Au contraire, il faut véritablement leur proposer des sas de décompression, où ils pourront se raconter. Il faut mettre de la narration au cœur de nos apprentissages : chanter, danser, créer avec du matériel artistique, demander à ce que l’école soit une association de pédagogues et d’artistes. La santé culturelle joue un rôle énorme. Si on n’aide pas les enfants à se désintoxiquer de ce qu’ils ont vécu, ils ne vont pas pouvoir reprendre le chemin du savoir aussi simplement.

        


Les parents vont devoir également arriver à créer des espaces de dialogue et d’échange pour dépasser leur besoin de savoir si leur enfant, s’il retourne à l’école, s’est bien lavé les mains, s’il a bien respecté les distances, etc. Il faut plutôt l’aider à se raconter : ce qu’il a fait, le plaisir d’avoir revu les copains. Penser à mettre du narratif plutôt que de lui demander de nous aider à supporter notre angoisse : se déconfiner, c’est aussi se désintoxiquer et donc se parler. La parole est un geste sanitaire psychique essentiel pour que les colères et les mauvaises nuits s’arrêtent.

“Il faut faire l’école dehors avec les enfants et les amener à apprendre à partir de la nature.”


Dans quelle situation la famille déconfinée se trouvera-t-elle ?

Quand on va sortir de l’état de sidération, nous devrons nous réinventer. Quel sens a le fait d’aller au travail, d’être loin de ses enfants, de courir comme des malades, d’avoir ce rythme de vie de dingue alors qu’on a réussi à faire deux mois sans... Il va y avoir des questionnements internes, intrafamiliale, mais aussi sociales, culturelles qui vont peut-être aller vers ce nouveau monde. Qu’est-ce que la famille de l’après-Covid-19 ? J’espère que cette famille va se pencher sur les programmes scolaires de ses enfants et se rendre compte qu’on ne leur parle jamais d’écosystème, d’environnement, ou d’entraide. Les programmes sont d’une pauvreté par rapport à ce que nous sommes en train de traverser ! Je souhaite qu’il y ait des changements majeurs, sous l’impulsion des familles.

L’idée est sûrement un peu utopique, mais il faut faire l’école dehors avec les enfants et les amener à apprendre à partir de la nature. Dans la Commission des 1 000 jours, lancée par le gouvernement et à laquelle je participe, j’ai demandé à ce que les crèches disposent d’un espace extérieur pour que les enfants puissent vivre en contact avec la nature. J’ai senti les freins, pas des membres de la commission, mais sur la possibilité de le mettre en place. Comment faire si on n’instaure pas de règles, ni d’obligations ? Si on laisse les promoteurs décider de l’espace pour construire une crèche (mettre un maximum d’enfants dans un minimum de place), il est évident que les enfants n’auront jamais accès à la nature.


(1) Le 02 40 16 06 52, du lundi au vendredi de 9 heures à 21 heures et le samedi de 9 heures à 12 heures.

samedi 16 mai 2020

Comment gérer son stress et celui de ses élèves lors du déconfinement?



Article de Marina Dumas, Ph.D, H. Poncet-Kalifa (psychologues), Dr. Coline Stordeur, Dr. Emma Baron, Dr. Alexandre Hubert, Pr Richard Delorme (pédopsychiatres).

Centre d’excellence des troubles du neurodéveloppement, Hôpital Robert Debré, Paris




La crise du Covid-19 a imposé un confinement assez prolongé associé à des inquiétudes. Vous avez malgré tout su vous adapter rapidement et innover pour continuer à enseigner, mais à distance. Bravo !

Le déconfinement nous inquiète tous, en tant qu’adultes mais aussi en tant que professionnels de l’enfance. La reprise du travail en présentiel est envisagée par les enseignants comme particulièrement difficile : non seulement les modalités de reprise restent incertaines, mais en plus la crainte d’être infecté par les élèves est très importante.



Avant tout, voici une précision importante :


# Le risque de contamination par les enfants paraît faible au vu des données scientifiques récentes. Avant le confinement, on pensait que les enfants étaient très contagieux, ce qui ne semble plus le cas pour les enfants de moins de 10 ans. Il y a plusieurs publications dont celle du comité scientifique Covid-19 du Ministère de la Santé qui soulignent ce point. Cependant, le stress des enseignants est palpable et les nouvelles organisations dressent un schéma incertain qu’il faut appréhender.
Voici quelques outils pour mieux prévenir et gérer votre stress, mais aussi celui de vos élèves lors de la reprise scolaire qui s’annonce.


Prévenir la survenue d’une anxiété importante : je prends soin de moi

Les missions habituelles qui vous sont confiées se modifient sensiblement. Il s’agit toujours de continuer votre travail d'enseignant, mais dans un contexte qui facilite l'émergence d’une tension importante. Vous pouvez vous trouver fragilisé et plus sensible émotionnellement. Prendre soin de soi est un enjeu majeur pour être à l’aise dans la reprise de son travail en présentiel.

# Je veille à mon hygiène de vie : 
  • Je privilégie une alimentation saine et variée. 
  • Je limite ma consommation d’alcool et de tabac, particulièrement avant le coucher.
  •  Je m’accorde une bonne nuit de sommeil (un adulte a besoin en moyenne entre 7 et 9 heures de sommeil par jour). 
  • Je vis autant que possible avec des horaires réguliers. 
  • Je prends soins de mon corps en faisant de l’exercice physique (au moins 20 minutes par jours! La marche rapide compte aussi). 
  • J’évite les chaînes d’infos en continu et tous les alertes sur mon téléphone qui me donnent des informations - le plus souvent stressantes - à toute heure de la journée.

# Je prévois quotidiennement au moins 3 activités agréables qui me ressourcent : écouter de la musique, un podcast, lire, regarder un film, une série, prendre un bain, téléphoner à un ami, cuisiner, chanter, regarder un guide de voyage, dessiner, faire de la musique, tricoter... 
Je peux relever quotidiennement 3 moments positifs et me les remémorer en détail le soir.

# Je cherche du soutien auprès de mon entourage (ma famille, mes amis, mes collègues).
  • J’identifie les personnes-ressources : celles avec lesquelles je suis à l’aise pour partager mes émotions, mes inquiétudes, ma souffrance et aussi celles avec lesquelles je ressens des émotions agréables, avec lesquelles je passe facilement de bons moments.
  • Je peux les appeler, leur envoyer des emails ou même organiser des visio avec eux. Il est important de programmer des rendez-vous avec ses amis. Dans la course du quotidien et le stress, il est parfois difficile d’établir et de maintenir des routines agréables. Très vite on se met à parer à l’essentiel, et - paradoxalement - c’est rarement les activités les plus agréables que l’on maintient lorsqu’on commence à se sentir moins bien.
  • Je m’autorise à exprimer mes besoins à mes proches, par exemple lorsque je n’ai pas envie de parler ou si j’ai besoin d’un moment au calme. Je peux m’inspirer de techniques d’affirmation de soi: Cliquez ici
# Je fais des exercices de relaxation, de respiration.

  • En prévention d’une situation de stress plus intense, je mets en place la technique la plus adaptée de respiration que l’on appelle la cohérence cardiaque pour aider son corps à se stabiliser et à ressentir un bien-être. Le corps qui a appris à être au calme va se détendre plus facilement au moment de stress. Attention : pour que cela soit efficace, il est important d’être régulier ! Nous vous conseillons de faire tous les jours de la cohérence cardiaque, 5 minutes x 3 fois par jour. La clef du succès est la répétition.
  • Il existe différents exercices gratuits sur youtube : ICI
  • Vous pouvez aussi télécharger l’application Respirelax

# J’applique 3 règles de prévention : je hiérarchise, je m’épargne et je me montre indulgent envers moi-même.
  • Je hiérarchise : Posez-vous la question suivante : « Qu’est-ce qui est le plus important tout de suite ? » Exemple : Faire à manger ou répondre à mon enfant qui a besoin de moi à cet instant ?
  • Je m’épargne: Évitez également de prévoir des tâches avec trop d’objectifs. Fractionnez-les ou déléguez une partie à vos proches
  • Je me montre indulgent avec moi-même: On n’est pas un mauvais enseignant parce qu’on modifie certaines règles afin de favoriser le vivre-ensemble durant cette période. Certaines règles devront être assouplies, d’autres instaurées
Mon anxiété est assez importante et je veux essayer de mieux la contrôler

# Savoir repérer des émotions, des idées ou des symptômes physiques qui montrent que je me sens fatigué(e), voire épuisé(e). Si je suis dans le rouge, cela signifie qu’il faut agir plus intensément et sans tarder.







# Faire des exercices de respiration (plusieurs techniques).


Ces exercices peuvent être faits quand je sens que je suis en perte d'énergie. Faites attention au rythme : rappelez-vous que lorsqu'on est stressé, on a tendance à respirer de façon plus superficielle, la respiration s'accélère, le battement du cœur aussi, et on se sent vite essoufflé, ce qui contribue au sentiment d'épuisement… Pour vous aider à compter les secondes, vous pouvez indiquer le rythme 1 -2 -3 avec vos doigts.

  • La technique de respiration dite du « petit chien »
J’inspire par le nez, pendant 5 secondes
Je bloque mon souffle, pendant 4 secondes
J’expire par la bouche pendant 3 secondes

  • La technique de respiration « 5-4-3-2-1 »
L'exercice 5_4_3_2_1 est un exercice de stabilisation émotionnelle. Ce lien permet de faire cet exercice d’une durée de 15 minutes en étant guidé : ICI


  • La technique de respiration dite « anti-panique 
Je vide bien mes poumons
J’inspire lentement et amplement pendant 4 secondes
Je bloque l’air dans mes poumons pendant 10 secondes. Je sens une contraction du thorax
Je souffle doucement pendant 7 secondes comme si je cherche à faire bouger la flamme d’une bougie sans l'éteindre.
Je recommence 4 à 5 fois jusqu’à percevoir des sensations de relâchement. Puis, je poursuis avec une respiration normale, lente, sur 4 à 5 cycles de respiration.


# « Partout où je suis, je fais une pause ». En seulement 4 minutes, en salle des maîtres, entre deux cours ou dans votre voiture sur le parking, vous pouvez discrètement faire une pause.
  • Je prends le temps de m’arrêter. Je m'assois. Je ferme les yeux. Je note les sensations qui apparaissent et j’observe les éventuelles crispations, tensions, douleurs.
  • Je porte mon attention à mon souffle, sans le modifier. Je suis chaque inspiration et chaque expiration, pendant quelques cycles de respiration.
  • Les yeux fermés, je perçois juste les sons. Puis j’ouvre les yeux et je porte attention à la pièce dans laquelle je me trouve. Je prends une grande respiration. Je souffle, je sens la chaise sur laquelle je suis assise, je me lève, je secoue mes mains, bras, jambes. Et je peux reprendre mon activité.
# Tout au long de la journée : je m'entraîne à la mentalisation positive.
Une fois que je suis au calme, après la pause, la relaxation ou la cohérence cardiaque, je me rappelle « les petites choses qui font que j’aime mon/mes enfant(s) », « la dernière fois qu’il/ elle/ils m’ont ému(e)(s) », « ce qui donne du sens à mon métier », « mon dernier fou-rire avec mes amis »… Je peux me faire un album photo mental ou un album photo physique avec des photos qui me font du bien.

# En fin de journée :
j’essaie de me ressourcer et de réfléchir aux éléments positifs de la journée. Même s’il y a eu des moments difficiles, il y a probablement eu également des bons moments. Pensez à ceux-là en vous disant :
  • Qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui qui m’a apporté un peu de satisfaction ? Qu’est-ce que j’ai vu, entendu, ressenti aujourd’hui de suffisamment bon ?
  • Qu’est-ce que quelqu’un d’autre a fait aujourd’hui qui m’a apporté un peu de satisfaction ?
  • On peut aussi faire cet exercice lors d’une petite réunion familiale en fin de journée en s’interrogeant à tour de rôle et en partageant.
  • Je finis cet exercice en me disant : « JE FAIS CE QUE JE PEUX » et j'apprends à me dire cette phrase plusieurs fois par jour.
# Ne pas hésiter à prendre contact avec un professionnel.
Ne vous isolez pas, partagez votre vécu avec vos proches et vos collègues : ils comprendront !


L’association Croix Rouge Écoute est disponible de 8h à 20h et 7j/7 : 0 800 858 858. L’aide psychologique est d’autant plus efficace qu’elle intervient rapidement.


Comment gérer le stress de mes élèves ?

La gestion du stress de la classe n’est jamais simple. Il y a une vraie dynamique de classe qu’il est important de mobiliser. Vous connaissez parfaitement votre classe, et vous verrez combien finalement les enfants sont heureux de revenir à l’école et de reprendre leurs habitudes.

Cependant, cela ne saurait cacher un certain nombre d’inquiétudes chez vos élèves.

* Elles sont toutes assez communes, et donc vous avez déjà l’habitude de les gérer. Elles seront juste un peu plus intenses ou présentes chez un plus grand nombre d'élèves. Il peut s’agir par exemple de la peur de résultats scolaires insuffisants, de l’échec, de la séparation avec leur famille, d’un déménagement qui aura lieu prochainement...

* Il risque cependant d’y avoir de nouvelles préoccupations qui correspondent aux préoccupations concrètes des enfants dans ces situations de crise sanitaire et économique. Par exemple, la peur d’être infecté par le Covid-19, la gestion des règles de distanciation sociale, ou encore la peur des difficultés économiques (16% des enfants de moins de 10 ans s’inquiètent durant la crise de l’impact économique de la crise sur la vie de leur famille...)
Bien évidemment, les stratégies globales de gestion de la classe dépendent de l’âge développemental des enfants dont vous avez la charge, vous le savez bien. Nous vous rappelons juste quelques outils généraux qui peuvent vous être utiles pour gérer le stress de la classe.

# Continuez d’assurer une communication de qualité avec vos élèves.
  • Favoriser une discussion entre élèves quant à la situation. Ne les forcer pas à parler du Covid. Favoriser simplement une discussion simple où chaque élève pourra raconter vraiment une situation qu’il a bien aimée depuis la fermeture de l’école.
  • Vous pouvez prendre part à la discussion en régulant les tours de paroles.
  • Pour les plus grands, cela peut être aussi le début d’un thème à l’écrit ou d’un travail en art plastique.
  • Si on vous interpelle, corrigez les idées fausses et luttez contre la stigmatisation (par exemple, évitez les termes tels que "virus chinois" pour évoquer le coronavirus CoVID-19). Il est important que l’information soit claire pour vous afin de lutter contre la désinformation.

# Assurez la sécurité de vos élèves (et de vous-même). Vous connaissez les règles de distanciation sociale adaptée à votre établissement, vous connaissez vos élèves. La sécurité sera affaire d’ajustement entre les deux.
Il y a un message assez complexe à faire passer mêlant la sécurité individuelle et la sécurité collective: Protéger les autres, c’est se protéger soi-même.
Pour les enfants de classe primaire, les slogans diffusés par les médias provenant de Santé Publique France peuvent être vraiment utiles (ICI). Les enfants les ont déjà entendus.
Chaque école aura un aménagement qui lui est propre. Donc il faudra bien expliquer les nouvelles règles de l’école à vos élèves.
Beaucoup d’enfants n’ont pas connaissance des mesures barrières ou ont du mal à les appliquer systématiquement (il faudra apprendre à les gérer dans des situations complexes comme les temps de récréation ou de repas)
Pensez à féliciter vos élèves lorsqu'ils respectent les gestes barrières.

Pour les plus petits (maternelles - CP):

Proposez des activités ludiques autour de la prévention: création d’affichette avec les règles de base, atelier lavage de main.
Vous pouvez familiariser les enfants à exprimer leurs émotions, par exemple choisir une couleur par état d'esprit (sérénité, joie, anxiété, etc …) que l’élève pourra afficher sur son bureau en début de journée. On peut également proposer un cahier pour suivre l’évolution dans la journée et la semaine.

Pour les plus grands (collège/lycée):

Prévoir un temps de discussion ouverte sur la santé mentale: vous sentez vous anxieux, quelles méthodes avez vous trouvé pour aller mieux, etc …
L’afflux d’informations plus ou moins vérifiées est un levier majeur du stress chronique en période de pandémie. Discutez de l’information et de la validité des sources.


# Certains élèves auront peur et seront stressés.

Rassurez-les sur le fait que la peur est une émotion normale et naturelle. La peur se transmet aussi rapidement. Essayez de proposer à l’enfant qui exprime sa peur aux autres élèves un temps de parole plus individuel avec lui.
Introduisez des temps calmes. Des temps de pause en écoutant de la musique, en regardant une vidéo éducative, un temps de dessin ou de lecture dans le calme vont permettre des moments de répit pour les élèves et aussi pour vous. Attention : la lecture n’est pas toujours simple quand on est très stressé - parfois on rumine encore plus).
Introduisez une routine de relaxation en début de classe. Evitez les exercices de respiration si les enfants ne portent pas de masques. Cela oblige souvent à faire des respirations profondes avec des souffles longs - privilégiez les exercices de méditation pour enfant comme par exemple : Cliquer ici