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mercredi 1 février 2023

Comprendre et accompagner les émotions de l’enfant

Article de Delphine Leca, psychologue et psychothérapeute

Développement cérébral:

Pour mieux comprendre et accompagner les enfants dans la gestion de leurs émotions, il me semble essentiel de connaitre la façon dont se développent les différentes formes de compétences dans le cerveau humain:

– De façon très schématique, on peut dire que celui-ci se divise en trois grandes zones –



– LE CERVEAU REPTILIEN (Cervelet) correspond à la partie archaïque du cerveau, situé à l’arrière du crâne, il permet toutes les fonctions vitales primaires (respirations, pression artérielle, rythme cardiaque, coordination, équilibre, sommeil…) et déclenche, face au danger des réactions physiques instinctives, impulsives (instinct de survie) et des réflexes d’attaques ou de fuites → Cette partie du cerveau est mature dès la naissance

– LE CERVEAU LIMBIQUE (ou cerveau émotionnel) permet la reconnaissance et l’évaluation de la valence émotionnelle, il a également une fonction essentielle dans la mémoire et les apprentissages. Il joue un rôle de régulation des instincts primitifs de survie, engendrés par le cerveau reptilien → il grandit essentiellement entre le 15 eme mois et les 4/5 ans de l’enfant, bien connecté vers 6/7 ans, et réellement mature qu’aux alentours de 15 ans.

– LE CERVEAU SUPERIEUR (ou néocortex) enveloppe le cervelet et le cerveau limbique et participe aux fonctions cognitives dites « supérieures »: conscience, langage, capacités d’apprentissage, perceptions sensorielles, commandes motrices volontaires, présence dans l’espace. Il se divise en quatre lobes: frontal, pariétal, temporal et occipital.

Le lobe frontal est particulièrement développé chez l’humain, il nous différencie des grands singes, en nous rendant « intelligent ». Il permet réflexion, raisonnement, créativité, imagination, résolution de problèmes, planification, conscience de soi, empathie. Il participe au contrôle rationnel des émotions en les réévaluant et en les tempérant → Celui ci ne sera vraiment mature qu’aux alentours de 25 ans.

Et oui, ne jamais perdre de vue que l’enfant n’est pas un adulte en réduction mais bien un être en construction, « les structures et les réseaux cérébraux [de son cerveau ne sont donc] pas encore suffisamment fonctionnels ». Son cerveau est alors « fragile, malléable, vulnérable et immature ». 

C’est pourquoi, ce que nous interprétons souvent comme des caprices ou des troubles du développement pathologiques chez les enfants sont en fait la conséquence de l’immaturité de leur cerveau. L’enfant se retrouve régulièrement en proie à de véritables « tempêtes émotionnelles » qui le submergent et qui donnent lieu à des comportements impulsifs/réflexes initiés par le cervelet (cerveau reptilien/archaïque) seule partie mature de son cerveau.

Ce n’est que vers l’âge de « 5/6 ans, [que] l’enfant commence donc à contrôler un peu mieux ses émotions négatives, à comprendre leurs causes et à savoir les surmonter » … (C. Gueguen)


Lorsque l’enfant n’est pas consolé, rassuré, pris en compte dans son émotion, son cerveau va sécréter de façon excessive des molécules de stress (cortisol, adrenaline…) extrêmement toxiques pour son cerveau en développement. C’est pourquoi, il est particulièrement important de faire preuve d’empathie. Envers soi même d’abord (sentir et comprendre nos propres émotions) et envers son enfant (entendre, ressentir, comprendre ses émotions):
  • Exprimer ses émotions est toujours bénéfiques (exprimer ses émotions négatives contribue à apaiser la sécrétion de molécules de stress, par l’amygdale cérébrale, qui est le centre de la peur)
  • Exprimer ses propres émotions devant son enfant
  • Aider l’enfant à exprimer ses émotions et à les reconnaitre
"Consoler un enfant ‘chamboulé’ participe à la maturation de son cerveau « … (C. Gueguen)


Plasticité cérébrale: 


On sait aujourd’hui que le développement du cerveau (qui est plastique) évolue, se modifie en fonction des expériences vécues par le sujet et ce de façon particulièrement accrue pendant les 6/7 premières années de vie. On a pu découvrir, très récemment que l’expression des gènes était elle-même influencée par l’environnement (l’ensemble de nos comportements quotidiens), c’est ce que l’on appelle l’épigénétique.

C’est la raison pour laquelle il est essentiel de favoriser les bonnes expériences relationnelles dans les premières années de vie de l’enfant pour lui permettre de développer « une intelligence émotionnelle et sociale » et pour lui éviter « des perturbations physiologiques cérébrales et même structurelles, qui lorsqu’elles sont installées, sont souvent à la base de difficultés affectives durant l’enfance, l’adolescence et à l’âge adulte » * (C. Gueguen)

Lorsque l’enfant n’est pas reconnu dans ses émotions, qu’on lui interdit de les exprimer, il va se couper de celles-ci , se « déconnecter » de ses ressentis pour éviter de souffrir. Il risque alors de ne pas développer de façon satisfaisante les connexions cérébrales nécessaires à la maîtrise de ses émotions.

 En grandissant, il risque alors de rencontrer des difficultés à « comprendre et maitriser ses émotions », d’être « sujet à des crises d’angoisses, d’agressivité ou de dépression », d’être « incapable de lier des liens d’affections » satisfaisant, d’être « incapable d’éprouver de la compassion pour autrui »…

[Une étude de 2011 proposé par Emil Coccaro, professeur de psychiatrie à l’université de Chicago a clairement mis en évidence un lien entre adultes violents et cortex préfrontal hypoactif ] .

La répétition de l’activation des bons, ou des mauvais circuits cérébraux va alors avoir un effet vertueux, ou vicieux sur le développement de l’enfant…

Qu’appelle t-on « émotions »:


Il s’agit d’abord d’une manifestation interne qui va ensuite générer une réaction extérieure automatique. Les émotions primaires ou émotions de base sont la joie, la peur, la colère, la tristesse, la surprise et le dégoût. Ces émotions permettent de nous renseigner sur notre état et de nous guider vers la satisfaction de nos propres besoins. Elles ont aussi une fonction de signal social en nous permettant de communiquer aux autres notre état intérieur.

Les émotions « désagréables » sont souvent dévalorisées, vécues à tord comme des faiblesses ou des obstacles par rapport à la raison. Or, sans émotions nous ne pouvons pas fonctionner: nos décisions ne sont jamais entièrement rationnelles mais toujours orientées, dictées par nos émotions (même si nous n’en avons pas toujours conscience).

D’autre part, il n’existe pas de bonnes ou de mauvaises émotions: les émotions sont toujours légitimes et indispensables (ex: la peur va nous informer d’un danger, le cerveau va alors sécréter des hormones de stress cortisol, adrénaline ce qui va nous permettre d’accroitre notre niveau de vigilance, de courir plus vite… )

En outre, sans émotions: l’art n’existerait pas (littérature, musique, peinture…) et les apprentissages seraient inopérants…

Comment accompagner l’enfant dans ses émotions?


Le but n’est pas de stopper la crise émotionnelle mais de l’accompagner. Toutes les colères sont légitimes, elles ne sont jamais volontaires ni préméditées (l’enfant ne fait pas une colère, il est en colère). Il est important que l’émotion puisse s’exprimer, être reconnue et acceptée par l’adulte. L’enfant a parfaitement le droit d’être en colère, d’avoir peur, d’être triste…

C’est en apprenant à nos enfants à vivre avec leurs émotions (et non à les réprimer) que nous leur permettons de développer leur intelligence émotionnelle, qui correspond à « l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres » (Mayer & Salovey, 1997).

CE QU’IL FAUT ÉVITER: (inefficace et contre-productif: aggrave l’intensité de l’émotion et génère une libération excessive de molécules de stress)

  • Nier l’émotion ou la minimiser
  • Culpabiliser: « tu n’as pas à être en colère! » « ce sont les bébés qui pleurent pour ça… »
  • Donner des conseils ou faire la morale
  • Contagion émotionnelle: répondre à la colère par la colère (petit problème de cohérence…)

CE QU’IL FAUT PRIVILÉGIER
:

  • Se connecter à l’émotion: il s’agit d’abord de se brancher, se connecter à l’émotion de l’enfant sans en avoir peur et sans la prendre pour la nôtre: dans le contact mais en silence.
  • Pratiquer le « reflet émotionnel »: puis poser des mots en reflétant l’émotion que vit l’enfant: « je vois que tu es colère et que c’est compliqué pour toi. Je comprends que ce soit frustrant de devoir attendre ton tour… » 
  • Eviter tout jugement ou commentaire.
  • Proposer des outils: pour créer une médiation entre l’enfant et son émotion, pour lui permettre de mettre un peu de distance entre l’émotion et sa réaction:

– Le coin à émotions: un gros pouf (type poire) pour permettre à l’enfant de se lover dedans pour retrouver une certaine unité, contenance ; une table et chaise avec des feuilles à disposition pour que l’enfant puisse exprimer son émotion à travers le dessin (dessin de la colère) …

– Le sac à émotions: pour permettre à l’enfant d’y déposer symboliquement sa colère/tristesse au moyen de petits objets symboliques représentant chaque émotion et préalablement réalisé ou du moins investi par l’enfant.

– Le sac à cris: proposer à l’enfant de crier devant un petit « sac à cris » pour y mettre sa colère et l’aider à contrôler ses cris. Il a le droit de crier, mais on lui propose une autre façon de le faire en redirigent ses cris, sa colère « dans » le sac. Cela peut aussi s’envisager avec « une cabane à cris »un lieu préalablement choisi avec l’enfant, dans lequel il est libre de crier comme il le souhaite…

– Les plumes ou la paille: l’interêt est de permettre à l’enfant de souffler pour l’aider à mieux respirer. La respiration lui permettant de s’apaiser. Il s’agira soit de souffler sur des plumes, soit de souffler dans une paille plongée dans un verre d’eau… (ex: pour les plumes: on peut proposer à l’enfant de créer un « bonhomme en colère » qu’il pourra nommer du nom de son choix avec une boule de polystyrène, un visage mécontent dessiné dessus et des plumes plantées au sommet de la tête, et dont il pourra se servir librement lors de ses colères)

– Le coussin de colère: l’enfant a le droit de le taper, de le mordre, de le jeter… pour évacuer ce tsunami émotionnel qui le submerge.

– Le punching-ball: sur le même principe que le coussin, il va permettre à l’enfant de décharger ses tensions. On lui indique qu’il a le droit de taper (mais seulement sur le punching ball).

– La balle anti-stress DIY: même objectif, elle permet à l’enfant de la serrer très fort, de diriger toute sa colère sur cette balle. (Très simple à réaliser à l’aide de 2 ballons de baudruche et un peu de riz: on découpe l’extrémité des ballons/on forme une boule de riz que l’on enferme dans un petit sac de congélation/on insère le sac de riz dans le premier ballon que l’on recouvre ensuite par le second. Il ne reste plus qu’à dessiner une tête en colère)

Pour les enfants un peu plus âgés, on peut leur proposer des outils pour leur permettre davantage d’identifier et de nommer leurs émotions et leurs sentiments:

– les cartes des émotions

– les visages des sentiments

– la boussole des émotions

Enfin, une méthode fabuleuse pour aider les enfants à vivre avec leurs émotions et à apprendre à les accepter et à mieux les maitriser: LA MEDITATION. Un super ouvrage: « calme et attentif comme une grenouille ».

→ Il est possible d’inventer et de réaliser toute sorte d’outils avec les enfants, ensuite, à chacun de trouver celui ou ceux qui conviendront le mieux …

* NB: Rassurez-vous, par le fait même de cette plasticité cérébrale, il est possible de corriger par la suite d’éventuelles carences ou difficultés rencontrées dans la petite enfance, si celles-ci n’ont pas été trop importantes et n’ont pas duré trop longtemps. Rien n’est figé, le cerveau est un organe plastique, modifiable jusqu’à la fin de nos jours…


  • « Pour une enfance heureuse », C. Gueguen, Ed. Robert Laffont (désormais disponible en format de poche)
  • Conférences proposées par C. Gueguen: « enfant et apprentissage »;  « Empathie et neurosciences affectives et sociales »; « Pour une parentalité sans violence »; « Ce que nous apprenne les recherches en neurosciences sur le développement émotionnel et affectif de l’enfant ». 

Photo d’illustration trouvé sur le site « parentstakecharge.com »

jeudi 15 septembre 2022

« Tu m’énerves quand tu fais ca ! »

 

article du blog "les ateliers Gordon"

S’affirmer face à un comportement qui me pose problème


Lorsque notre enfant a un comportement qui nous pose problème, nous avons bien souvent du mal à nous affirmer de manière appropriée. Et ça peut donner « Tu m’énerves quand tu fais ça ! », accompagné parfois de noms d’oiseaux plus ou moins exotiques... Et là, contrairement à ce que nous espérons, notre réaction engendre la plus grande indifférence apparente de l’autre ou provoque un conflit.

Comment faire autrement ? Comment indiquer à mon enfant que son comportement ne me convient pas sans être agressif ? Comment l’inciter à changer sans lui faire perdre la face ou lui faire éprouver du ressentiment à mon égard ?


Lorsque le comportement de notre enfant nous pose problème, nous sommes contrariés, énervés ou en colère parce qu’il fait quelque chose qui nous empêche de satisfaire nos besoins.

  • Par exemple, votre aîné qui s’était porté volontaire pour aller chercher son petit frère à l’école n’a pas rempli son engagement, vous êtes dérangé au milieu de votre réunion pour aller le chercher de manière précipitée.
  • Ou encore, votre fils laisse dans le salon ses chaussures pleines de terre et ses affaires de sport alors que vous avez des invités.
Dans de telles situations, nos besoins ne sont pas satisfaits. Nous voulons nous aider nous-mêmes. Cela signifie que nous devons nous affirmer, nous dévoiler, donner à notre enfant des informations qui l’aideront à comprendre en quoi son comportement nous pose un problème, afin qu’il modifie son attitude. Voici deux manières de le faire :

En évitant les messages blessants et les “messages-Tu"

En formulant ce que Thomas Gordon appelle des “messages-Je de confrontation”

1. Eviter les messages blessants et les « messages-Tu »

Tout d’abord voyons comment éviter les messages blessants et les « messages-Tu ».

Parfois, lorsque nous avons un problème et que nous sommes contrariés, nous accusons l’autre en utilisant des paroles blessantes ou jugeantes. Les cris et les mots blessants, qui sont d’usage fréquent dans notre culture, ont malheureusement des effets négatifs, ils créent une relation tendue, « électrique » et ne permettent pas de résoudre les problèmes.

Si je veux communiquer de façon positive et résoudre les problèmes de manière constructive, j’évite le plus possible les attitudes et les mots blessants.

Voici quelques attitudes à éviter :
- Les cris,
- Les insultes,
- Le ton ironique,
- L’absence d’attention
ex : Je ne regarde pas mon enfant ou je suis sur mon téléphone pendant qu’il me parle,
- Juger mon enfant et non son comportement
ex : Tu es égoïste ! au lieu de « tu pourrais ranger tes affaires de sport dans ton placard»,
- Minimiser ce que l’autre ressent
ex : Mais non, ce n’est pas grave, vous allez vous réconcilier demain ! (quand mon enfant est désemparé après s’être disputé avec son ami) ,
- Généraliser le comportement
ex : Tu ne ranges jamais rien ! (au lieu de « tu n’as pas rangé tes affaires de sport »),
- Comparer les enfants entre eux
ex : Ta sœur, elle, n’aurait jamais laissé le salon dans cet état !
- Critiquer, faire des reproches
ex : C’est toujours pareil ! Il n’y a pas moyen de garder une maison propre et rangée avec toi !
- Menacer
ex : Si ça continue, je vais te priver de foot ou t’envoyer en pension !

On gagne aussi à éviter les messages-Tu car ils rejettent la faute sur l’autre personne et disent dans les grandes lignes « Tu as tort », « tu es injuste », « tu devrais être plus responsable », « c’est de ta faute », « voici ce que tu dois faire ».

Dans mon exemple, cela pourrait être : “Tu n’es pas le seul à utiliser le salon, tu abuses vraiment de toujours laisser cette pièce en bazar !” ou « tu comptes ranger et nettoyer un jour ?”

Les messages-Tu vont particulièrement contrarier l’autre personne sans pour autant nous aider à obtenir ce dont nous avons besoin ou envie.

En résumé, les Messages-Tu :

✓ sont le plus souvent pleins de critiques et de jugements,
✓ attaquent l’estime de soi de l’autre,
✓ rejettent la faute sur l’autre,
✓mettent presque toujours l’autre sur la défensive et peuvent générer des argumentations ou des disputes,
✓ nuisent à la relation,
✓ ne facilitent pas la résolution d’un problème.

Lorsque je suis confrontée à un comportement qui me pose problème, je peux déjà commencer par porter mon attention aux mots que j’emploie en évitant les mots et attitudes blessantes ainsi que les messages-Tu.
Je peux aussi formuler un message-Je de confrontation.


2. Le message-Je de confrontation


Lorsque nous avons un problème avec une personne, nous aurons plus de facilité à initier un changement de comportement si nous lui disons nos pensées et ressentis de façon claire, directe, et sans accusation. Il est important d’assumer nos pensées, besoins et ressentis, et d’apprendre à les exprimer à nos enfants lorsque leurs comportements entrent en interférence avec la satisfaction de nos besoins. Thomas Gordon a appelé cela un « Message-Je de confrontation ».

Cela peut être difficile, nous sommes tous réticents à dire aux autres que leur comportement nous pose un problème. Et personne n’aime entendre cela. Nous craignons qu’ils se sentent blessés, se mettent en colère ou ne comprennent pas. Pour certains, cette appréhension est si présente qu’ils évitent tout simplement la confrontation. Le problème n’est ni traité ni résolu. L’autre personne est laissée dans l’ignorance du problème et nous développons du ressentiment à son égard.

Au contraire, le message-Je fait savoir à mon enfant ce qui m’arrive et ce dont j’ai besoin. Il n’accuse ni ne rabaisse personne et ne dit pas à l’autre ce qu’il doit faire.

Dans le message-Je de confrontation, je vais décrire :
1. Le comportement qui me pose problème
2. Les conséquences concrètes que ce comportement provoque chez moi
3. Mon ressenti

COMPORTEMENT / EFFETS / SENTIMENT : ces trois parties peuvent se positionner dans n’importe quel ordre, bien que cet ordre soit souvent le plus efficace.


  • Premièrement, la description du comportement : c’est uniquement ce que je pourrais filmer ou enregistrer. Les sentiments intérieurs, interprétations, jugements, pensées, ou suppositions ne sont pas des comportements car nous ne pouvons pas les observer directement, factuellement. Je décris factuellement sans être accusateur.
Ex. si je dis « tu agis vraiment comme un égoïste » : c’est un jugement
Si je dis « Tu laisses au salon tes chaussures pleines de terre et tes affaires de sport. Il y a de la boue sur le tapis.» : je décris le comportement

  • Ensuite, nommer les conséquences concrètes que le comportement de l’autre a sur moi : cela lui permet de se rendre réellement compte de la manière dont son comportement limite ou empêche la satisfaction de mes besoins. Les personnes peuvent mieux nous comprendre et s’identifier à notre problème. Les conséquences concrètes sont les effets réels et directs que nous n’apprécions pas ou que nous ne voulons pas avoir à subir : nous prendre du temps, de l’énergie ou de l’argent, nous empêcher de faire quelque chose, nous demander davantage de travail, nous fatiguer, nous faire mal physiquement ou nous donner de l’inconfort.
Ex : perte de temps et d’énergie pour ranger et nettoyer le salon avant que les invités n’arrivent, nous mettre en retard pour commencer à préparer le repas avec le risque de ne pas avoir le temps de finir à temps.
  • Troisièmement, mon ressenti : c’est une sensation que nous éprouvons en réaction au comportement de l’autre personne et que nous éprouvons dans notre corps (et pas dans notre tête).
Ex. je suis agacée, je crains de ne pas pouvoir finir, je crains de ne pas récupérer le tapis sali.

  • Ainsi, dans mon exemple, le message-Je pourrait être :
Lorsque tu laisses au salon tes chaussures pleines de terre et tes affaires de sport alors que j’attends des invités, je suis agacée car je perds 15 à 20 minutes à ranger et nettoyer. Je suis en retard pour commencer la préparation du dîner, et je crains de ne pas finir à temps.

Le message-Je de confrontation est donc une manière de dire aux autres, sans les agresser, que leur comportement nous pose un problème.
Puisque le message-Je n’accuse pas l'autre, il est moins susceptible de se mettre sur la défensive, et nous avons plus de chance de le voir coopérer.


Par Edwige Grouin, Formatrice Gordon accréditée


https://www.facebook.com/edwigegrouinateliers

dimanche 1 novembre 2020

EDUCATION ET CNV


L’association Déclic-CNV Education promeut la CNV dans les structures éducatives et auprès des familles. Sur son site, vous trouverez un large panel d’outils (vidéos, dossiers, articles) et des Webinaires gratuits ou payants.
A regarder notamment, la vidéo « Ces profs qui changent l’école ».
Une soirée d’échange avec Charlotte, l'enseignante du film, est prévue le 4 novembre à 20h30 par Zoom.



lundi 31 août 2020

Pour une rentrée en douceur




La choré des émotions


3 élèves expriment chacun à leur tour une émotion avec un geste et un mot. Ils reprennent ensemble ces 3 mots assortis des 3 gestes et cela forme une chorégraphie que les autres reprennent ensuite. Cela peut former la chorégraphie de la semaine que vous reprenez ensemble quand vous retrouvez vos élèves, etc.


Rituels de la gratitude 
 Ce que j’ai aimé aujourd’hui, cette semaine, ce mois-ci et/ou ce pour quoi je suis reconnaissant. Les exprimer avec un mur de la gratitude, une boîte de la gratitude, un journal de la gratitude (individuel et/ou collectif).

Identifier les forces de chacun
Les siennes, celles de ses élèves, collègues, celles de la classe, etc. Les célébrer, les développer au quotidien, par exemple avec notre outil « Autour des forces » !

Prendre le temps 
De passer un bon moment ensemble, d'organiser des tournées d'encouragements mutuels et de se connaître : voir nos outils comme La Spirale du bonheur et le Le jeu du lien.

Formuler des consignes négatives tournées à la forme affirmative

Pour plus d'impact, exemples :
Ne dis pas ça ->Tu sais le dire autrement alors à toi de jouer !
Ne pleure pas -> Tu es triste, en colère? Tu as besoin d’en parler?

Autant de rituels pour créer un climat de classe serein, positif et favorable aux apprentissages. Mettre en place un climat de classe favorable aux apprentissages, c’est aussi établir un cadre de référence commun, adopter une posture bienveillante, et organiser l'espace de la classe en conséquence.

La suite sur Scholavie.fr

jeudi 23 juillet 2020

Les OBSTACLES A LA COMMUNICATION : Repérez les « vôtres » !!!!

https://www.lesateliersgordon.org/post/les-obstacles-a-la-communication-repérez-les-vôtres


« Tu n’es vraiment pas sage » - « Allez, ne t’inquiètes pas, tu verras, demain sera un autre jour », « Fais tes devoirs tout de suite ! », « La prochaine fois tu rendras ton devoir à temps !! ».


Thomas Gordon a appelé OBSTACLES à la communication, les procédés qui – quand ils sont utilisés quand il y a de l’émotion dans l’air – coupent le flot de la communication avec nos enfants – au risque de faire du mal à la relation – et pour certains obstacles de casser l’autonomisation et l’envie de coopérer des enfants.

Par exemple, quand nous sommes dans l’émotion, on peut être tenté de Juger, Etiqueter, Donner des solutions, Ordonner, …

Quand notre enfant est dans l’émotion, on peut être tentés de le Rassurer, Minimser, Faire de l’Humour, Donner des solutions..

Les repérer c’est déjà clé... Se rendre compte quand on les utilise c’est la première étape !! Et puis petit à petit on les utilise de moins en moins .. et nos relations s’enrichissent.





Et vous.. quels sont vos obstacles « préférés », ceux que vous utilisez le plus ?
Quels sont ceux que vous ne supportez pas qu’on utilise avec vous ?

A chacun ses habitudes.. PAS DE PANIQUE – nous ne sommes pas parfaits !! Il ne s’agit pas de s’interdire de les utiliser à jamais. Certains sont à proscrire absolument car ils font vraiment du mal à l’estime de soi de l’enfant.

Etiqueter, Faire Honte, Humilier... cela vaut le coup de se déshabituer et cela passe parfois par se demander d’où ils nous viennent…

Mais pour les autres, l’important est déjà de se rendre compte qu’on les utilise.. et ainsi, les utiliser de moins en moins.. Mais alors par quoi les remplacer ??

QUE FAIRE si on ne peut utiliser les Obstacles à la Communication ?

Lorsque nous sommes dans l’émotion, quand nous avons un problème : la solution est de faire un Message Je. Il nous permettra de dire ce que nous ressentons de façon audible, sans faire du mal à l’autre et en se donnant toutes les chances d’une future collaboration.

Lorsque l’enfant a un problème ! Adopter l’une de ces réponses en voulant l’aider provoque souvent l’effet inverse ! Empêché de s’exprimer l’enfant ne peut prendre une décision et régler son problème.

En tant que parent il nous est difficile d’entendre que notre enfant à un problème, comment s’empêcher de voler à son secours ? On le rassure pour l’apaiser, le conseil pour le guider au mieux, on lui dit quoi faire, on le met en garde pour son bien !

« Ah si je pouvais effacer ton problème d’un coup de baguette magique pour que tu te sentes mieux !»

Faute de pouvoir magique nous disposons malgré tout d’un fabuleux outil qui peut faire bien des miracles … l’Écoute Active !

Recevoir simplement ce que l’enfant à a dire ou l’inviter à en dire davantage suffisent bien souvent à faire parler notre enfant. Senti pleinement écouté, son problème à de l’importance à nos yeux, il ose et se sent assez fort pour trouver une solution à son problème !

Pour en savoir plus sur l’Écoute : L’Écoute Active.

Les 12 obstacles de la communication sont des réponses typiques, des vieux réflexes qui une fois repérés et compris finissent par disparaitre, cela nécessite du temps… et cela vaut le coup !!

samedi 6 juin 2020

ÉMOTIONS, DE LA DIFFICULTÉ DE LES ÉCOUTER



By Catherine Dumonteil Kremer

Illustration de Lise Desportes

DIRE BIENVENUE AUX CRISES


« Ça y est, il va faire une crise… Tout le monde va se demander pourquoi je n'interviens pas, pourquoi je suis si laxiste avec lui… Et puis ça me rend dingue qu'il se mette dans des états pareils, il ne pourrait pas me demander calmement les choses ? »

Vous vous reconnaissez dans ce parent démuni face à la énième crise de rage de la semaine ou de la journée ? Cela peut être épuisant, décourageant. Que faire devant ces manifestations d'insatisfaction réitérées ?

De plus, elles peuvent se produire absolument partout : au parc, au supermarché, à la maison pendant un repas de famille…

Tout est possible pour un petit enfant qui n'est pas inhibé par la convention et ses usages et dont le cerveau n'est pas encore suffisamment mature pour différer l'expression de sa colère.


LES ÉMOTIONS, C'EST BON POUR LA SANTÉ !


Revenons tout d'abord sur un préjugé tenace : les émotions sont mauvaises, elles donnent une image très négative de celui qui les exprime, elles sont un signe évident de faiblesse et d'absence totale de maîtrise de soi.

Eh bien non, les émotions sont des alliées précieuses. Janov, entre autres, l'a démontré par son travail de thérapeute : il est bon de les évacuer, elles sont nos ressources naturelles pour guérir les souffrances.

Nos tensions s'évanouissent lorsque nous laissons vivre nos émotions. Et les enfants ne font pas exception à cette règle. L'émotion est une sorte de garde-fou dans un monde parfois hostile aux besoins des tout-petits, qui vivent quelquefois des journées en collectivité à un rythme trépident.

Les tensions s'accumulent alors… Et, en début de soirée, c'est le feu d'artifice émotionnel : ils se roulent par terre, crachent, hurlent, jettent des objets dans toutes les directions, donnent des coups de pied partout et nous ne comprenons pas ce qui nous vaut ce déluge. Mais ils sont simplement en train d'essayer de trouver des solutions en eux.

Et une fois les émotions sorties, ils sont à nouveau les petits êtres aimants, intelligents et coopératifs que nous connaissons.


JE N'ARRIVE PAS À ÉCOUTER MON ENFANT EN CRISE, QUE FAIRE ? 


Oui, mais que faire face à une émotion ? Toutes les émotions ne se ressemblent pas. Et, selon notre histoire personnelle, nous aurons plus ou moins de mal à les accepter.

En gros si nos parents nous frappaient ou nous punissaient lorsque nous nous mettions à pleurer, nous allons avoir énormément de mal avec les larmes.

Si la crise de rage était interdite, dévalorisée, si nous étions isolés systématiquement lorsque nous étions en colère, nous aurons beaucoup de difficultés à faire face à la fureur de nos enfants.

Qu'en est-il pour vous ? Comment vos parents réagissaient-ils ?

C'est une des premières questions intéressantes à se poser pour comprendre nos difficultés à écouter les émotions de nos enfants.

En voici une autre : depuis quand ne vous êtes-vous pas laissé aller complètement à pleurer, à sangloter même ? Comment pourriez-vous retrouver le chemin de vos propres émotions ?

C'est quand j'ai fait ma première crise de rage dans un groupe d'écoute des émotions, que j'ai compris de l'intérieur ce que vivaient mes enfants lorsqu'ils étaient dans cet état-là.

C'est en pleurant abondamment moi-même et en en expérimentant les effets bénéfiques que j'ai compris le processus de guérison à l'œuvre en moi et cela a totalement changé ma vision du monde.

L'effet le plus direct de ce travail, c'est que je me sentais à l'aise face aux pleurs, peurs et crise de rage de mes enfants. Je n'avais plus cette colère, ce découragement, cet agacement qui me dérangeait lorsque j'essayais de les écouter.

PRENEZ EN MAIN VOS ÉMOTIONS ! 

C'est le moment ou jamais, vos enfants vont vous y aider très indirectement, et cela peut vraiment faire évoluer votre façon d'être.

Vous pourriez donc consulter un thérapeute ouvert aux émotions, ou bien travailler au sein d'un groupe d'écoute, et/ou essayer les quelques astuces suivantes :

Hurler dans un coussin


C'est un truc qui a toujours bien fonctionné pour moi.
Le coussin amortit les sons et les pleurs ne sont pas loin derrière la rage.
Faites cela à l'abri des regards, cela pourrait effrayer vos enfants.

Pleurer devant un bon mélodrame


C'est un excellent truc, la prochaine fois que vous aurez envie de pleurer chez vous devant un DVD, sautez à pied joints sur l'occasion, allez-y ! Sanglotez et expérimentez ce que cela peut être de verser des larmes sans se sentir mal à l'aise.

De plus, vous résoudrez quelque chose en vous, même si vous ignorez quoi. Ce film vous fait pleurer parce qu'il fait écho à votre histoire, c'est très complexe de savoir à quoi vous réagissez, mais, ce qui est important, c'est que vous commencez à guérir.

Appelez une amie ou un ami


Choisissez un complice qui sait ce que vous souhaitez faire, qui vous écoutera pleurer ou vous mettre en colère sans vous juger et qui saura accueillir toutes vos émotions.

Ce sont des petits trucs d'urgentiste ! Il y a un travail de fond à faire, c'est certain, mais chacun sent quel est le bon moment pour l'accomplir et, en attendant, vous serez plus détendu et confiant lorsque vous écouterez les émotions de vos enfants.


ET AVEC VOS BAMBINS ? 


Vous les aiderez beaucoup en accueillant leurs décharges émotionnelles. Essayez de ne pas interrompre les larmes, mais soyez là, présent par un contact physique, un regard aimant.

Cela suffit parfois pour se sentir bienvenu dans ce que l'on traverse. Pour ce qui est de la crise de rage, c'est un peu la même chose, restez présent et veillez à ce que vos enfants ne se fassent pas mal.

Lorsqu'ils se roulent par terre, en cognant leur tête et leurs poings contre le sol, votre rôle consiste à mettre des coussins pour les protéger des chocs. Restez là, essayez d'être attentif à ce que vous ressentez afin de pouvoir travailler ultérieurement et, peu à peu, vous vous sentirez de mieux en mieux.

Et n'oubliez pas : il y a une manifestation d'émotion très efficace que nous aimons tous beaucoup vivre : le rire ! Il élimine les tensions en nous de façon radicale et, pour celle-ci, il n'y a qu'une option : se faire plaisir dans l'humour, la drôlerie, le chahut !


Catherine Dumonteil Kremer

mardi 2 juin 2020

1 JOUR 1 ACTIVITÉ : MÉTÉO DES ÉMOTIONS - ou comment mettre des mots sur ses émotions



Pendant cette période exceptionnelle, la bibliothèque vous propose des activités amusantes, surprenantes et intelligentes à réaliser entre enfants et adultes. Des expériences en cuisine, des objets à fabriquer, des contenus à lire, écouter ou regarder...

Aujourd'hui : La météo des émotions
À partir de 3 ans




Grâce à cette météo des émotions, on peut trouver les mots pour exprimer tout ce qui nous traverse, de la peur à la joie, de l'excitation à la colère !

IL VOUS FAUT

2 feuilles de papier (ou deux petites assiettes en carton)
une paire de ciseaux
une attache parisienne
des crayons, des feutres

COMMENT FAIRE ?


Découper dans chaque feuille (ou chaque assiette en carton) un cercle, de la taille d'une petite assiette
Grâce à une règle, diviser chaque cercle en 6 parts égales
Sur un seul des deux cercles, découper une des parts et l'enlever
Sur l'autre cercle, écrire dans chacune des parts une des émotions suivantes et y dessiner la météo qui va avec (ex : je suis heureux : un soleil ; je suis en colère : un nuage avec un éclair etc.) : Je suis de bonne humeur ; Je suis triste ; Je suis heureux(se) ; Je suis en colère ; J'ai peur ; Je suis excité(e)
Placer le rond avec une part découpée au-dessus du rond avec les émotions dessinées. Attention de bien garder ces deux éléments l'un sur l'autre. A l'aide de la paire de ciseaux, faire une petite entaille au centre.
Faire passer l'attache-parisienne dans le trou

QUE SE PASSE-T-IL ?

Les émotions apparaissent au fur et à mesure que l'on tourne la roue du dessus.

Et toi, comment tu te sens aujourd'hui ?

Apprendre à mettre des mots sur ses émotions permet de mieux les canaliser, de les accepter et d'en parler.

EN SAVOIR PLUS

Quelques liens pour aller plus loin

Livres numériques accessibles gratuitement


L'atelier des émotions, 35 activités créatives pour aider mon enfant à exprimer ce qu'il ressent
Mathilde Chevalier-Pruvo.- Eyrolles, 2019

Joie, colère, peur, tristesse, impatience, amour... : les émotions sont au coeur des journées de nos enfants. Ils les vivent avec une intensité qui les déborde, laissant l'adulte souvent démuni.
Dans ce guide, Mathilde Chevalier-Pruvo aborde, à travers une méthode innovante, les neuf émotions les plus présentes dans la vie des enfants. Elle s'appuie sur la créativité pour les aider à exprimer leurs émotions et à les apprivoiser, afin d'en faire des alliées. Grâce à 35 activités, fondées sur les pédagogies actives (Montessori, Steiner-Waldorf, Reggio Emilia), le jeune lecteur découvrira sa vie intérieure et renforcera son estime de soi. Au fil des chapitres, il fabriquera ainsi un croqueur de colère, un cahier anticauchemars, un jardin zen, un miroir des talents..., qu'il réutilisera au quotidien, en toute autonomie pour retrouver sérénité et joie. Chaque émotion sera également illustrée d'un conte : en s'identifiant aux personnages, l'enfant pourra mettre en mots ses émotions afin de trouver ses propres solutions pour se sentir apaisé et confiant.
(Pour accéder au livre dans son intégralité, se connecter sur l'Espace personnel)

samedi 30 mai 2020

Comment accueillir les émotions du jeune enfant

Un article paru sur le site : Les pros de la petite enfance


Les tout-petits expriment leurs émotions de façon brute, sans filtre. Les adultes qui les entourent, notamment les professionnels qui les accueillent jouent un rôle essentiel dans la réception et la compréhension de ces émotions : pour développer la confiance de l’enfant en lui-même et en les autres. Les explications de Miriam Rasse, directrice de l’Association Pikler Loczy en France*.

Apprendre à observer l’enfant

Emmi Pikler était pédiatre de famille et transmettait ses réflexions aux parents pour les aider à accompagner leur enfant : agir moins et observer plus. Elle a voulu mettre en évidence que le jeune enfant prenait dès l’enfance une part active dans son développement. Ses travaux se sont d’abord portés sur la motricité libre : la capacité de l’enfant à réaliser de lui-même ses acquisitions motrices, un potentiel inscrit dans ses gènes. Ses recherches se sont ensuite étendues à l’activité autonome : sa capacité à initier une activité constructive, « élaborative », à travers laquelle l’enfant construit ses savoirs et développe sa pensée.

L’objectif de l’Association qui porte aujourd’hui son nom est de former les professionnels à l’observation, ou comment être attentif à ce que le tout-petit exprime. En effet avant de savoir parler, l’enfant dispose d’un mode de communication pré-verbal qui passe par le corps, les gestes et les émotions. Le rôle de l’adulte est de chercher à comprendre ces manifestations et de lui donner du temps et de l’espace pour les exprimer.

Comprendre les émotions comme une forme de communication

Les émotions sont d’abord des réflexes de survie, de préservation. La peur, par exemple, est une alerte face à une menace, réelle ou imaginée. La colère, elle, est le résultat d’une frustration face à l’expression d’un besoin non prise en compte. Les émotions jouent donc un rôle très important en termes de communication puisqu’elles disent des choses de nos besoins. Chez le petit enfant, les pleurs ne représentent pas un caprice mais une revendication. Son émotion se manifeste comme une demande de reconnaissance pour protéger son intégrité.

Le bébé exprime ses émotions de façon brute parce qu’il ne sait pas quelle en est l’origine, il s’agit simplement du ressenti d’un état. Il est complètement habité par son émotion : plus que dire qu’il a peur, on pourrait dire qu’il est la peur. Ce n’est que peu à peu qu’il va reconnaître ce qui se passe en lui, grâce aux réponses de l’adulte. « Le bébé seul n’existe pas » disait Winnicott...

Etre un récepteur des émotions du jeune enfant

Le bébé a besoin d’un récepteur, quelqu’un qui va donner un sens à ses émotions. L’adulte lui met à disposition son appareil psychique pour l’aider à les comprendre. L’accompagnement est un travail de pensée pour relier les émotions à leurs causes, par exemple, quand on explique à un enfant pourquoi il a sursauté en voyant ou en touchant quelque chose.
Les émotions sont aussi une façon de maintenir la proximité avec un adulte sur lequel l’enfant sait qu’il peut compter : elles participent ainsi à construire les liens de l’attachement. Le bébé ressent une tension que l’adulte aide à apaiser, en l’aidant à organiser son monde interne. Le tout-petit apprendra alors à communiquer de façon différenciée. D’un ressenti émotionnel, il passe à une expression.

Montrer à l’enfant qu’on l’écoute

Les émotions du jeune enfant nous disent donc toujours quelque chose de lui et c’est à l’adulte de les décoder, en restant attentif, disponible, réceptif – le principe même de l’empathie. Pourquoi est-il aussi dispersé ? Souvent, c’est parce qu’il a un sentiment d’insécurité. Pourquoi tape-t-il ? C’est généralement un moyen de défense, de protection, quand l’enfant se sent attaqué. Cela révèle souvent un sentiment d’impuissance : il ne se sent pas reconnu dans ce qui le définit. Et l’impuissance est le contraire de la compétence qui correspond à la prise en compte d’une situation et l’ajustement de son attitude par rapport à elle. Par exemple, si l’enfant se crispe quand on lui passe un gant sur la peau, rêche ou trop froid, ou bien qu’il détourne la tête quand on lui tend la cuillère pour le faire manger parce qu’il n’a plus faim, en fait il se défend. L’adulte, parce qu’il a des compétences, peut prendre en compte cette réaction et modifier sa manière de faire, ainsi l’enfant se sentira écouté. La prise en compte des émotions par l’adulte participe donc à la construction de l’estime de soi chez l’enfant.

Adopter une réaction adaptée

Les émotions de l’enfant ne sont pas à banaliser. Par exemple, si l’enfant tombe, on évite de dire « ce n’est pas grave, ne pleure pas ». Au contraire, il faut le laisser s’exprimer. Il peut seulement recommencer à penser calmement quand son émotion est partagée.
Il est important de différencier émotions et comportements. Toutes les émotions doivent être acceptées. Si on les réprime, l’enfant se révolte et peut devenir « difficile », inquiet, agité. Il n’a plus confiance en l’adulte et se retrouve seul avec des émotions dont il ne sait que faire. Ce sont les comportements que l’on peut refuser. On ne dit pas qu’un enfant est méchant, mais que son geste n’est pas acceptable. Ainsi plutôt que dire à l’enfant « tu lui fais mal » - ce qui insinue qu’il aurait prêté une intention dans son geste -, on lui dira « ça fait mal ». Sa personne ne doit jamais être mise en cause.
L’adulte peut d’abord reconnaître l’émotion de l’enfant : avant de lui dire pourquoi il ne peut pas prendre le jouet d’un autre, il peut lui dire « tu as envie de ce jouet ». Au lieu de lui dire seulement qu’il sera servi à son tour comme les autres, il peut lui dire « je vois que tu es impatient de manger ». Il se sentira ainsi écouté et pas directement empêché dans son action. L’adulte peut aussi aider l’enfant à trouver d’autres solutions. Il ne peut pas prendre le jouet d’un camarade, mais il peut essayer de trouver un autre jouet semblable ou qui lui plaît. L’adulte a un rôle de médiateur, il fait un travail de différenciation entre l’enfant et les autres.

Se comporter en allié

Cet engagement émotionnel de l’adulte n’est pas simple car les émotions des tout-petits sont intenses voire envahissantes. Elles viennent aussi parfois rencontrer nos propres émotions ou expériences. On peut être agacé parce qu’on reconnait chez l’un des enfants un petit qui nous a embêté dans l’enfance, ou bien parce qu’on se sent coupable, pas à la hauteur. C’est souvent ce qui nous pousse à distraire l’enfant de ses émotions, à les ignorer : on cherche à s’en protéger. Mais l’enfant a besoin de l’adulte sinon il se sent abandonné. Ce n’est pas pour punir un enfant qu’on lui demande se s’assoir au calme dans un coin, mais bien pour qu’il s’apaise. L’adulte n’est pas un juge de l’enfant, mais un allié résolument de son côté.
Peu à peu l’enfant trouve d’autres moyens pour s’exprimer, il se sert de plus en plus des modes symboliques : il utilise le jeu puis la parole, son comportement change. Le rôle de l’adulte ici est de lui laisser de la place et du temps, de l’engager à parler plutôt qu’à agir. On peut même concevoir de le laisser faire des jeux violents (qui ne portent pas atteinte aux autres enfants ni à lui-même bien sûr), comme fabriquer des épées ou malmener la poupée. Lui lire des contes ou des histoires est une autre façon de lui parler de ses émotions et qu’il se sente autorisé à les exprimer.
Les adultes non plus ne doivent pas se sentir seuls. Ils doivent pouvoir compter sur une équipe : partager pour ne pas être démunis, penser ensemble, être accueillis sans jugement… comme le tout-petit.


*A l’occasion de son intervention sur « l’approche Piklérienne dans la prise en charge des émotions de l’enfant », lors des Journées Nationales d’Etudes des Puéricultrices qui se sont tenues du 14 au 16 juin 2017.

Pour aller plus loin, suivre notre formation en ligne : Comprendre et accompagner les émotions de l'enfant.
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery


PUBLIÉ LE 30 JUIN 2017

samedi 16 mai 2020

Comment gérer son stress et celui de ses élèves lors du déconfinement?



Article de Marina Dumas, Ph.D, H. Poncet-Kalifa (psychologues), Dr. Coline Stordeur, Dr. Emma Baron, Dr. Alexandre Hubert, Pr Richard Delorme (pédopsychiatres).

Centre d’excellence des troubles du neurodéveloppement, Hôpital Robert Debré, Paris




La crise du Covid-19 a imposé un confinement assez prolongé associé à des inquiétudes. Vous avez malgré tout su vous adapter rapidement et innover pour continuer à enseigner, mais à distance. Bravo !

Le déconfinement nous inquiète tous, en tant qu’adultes mais aussi en tant que professionnels de l’enfance. La reprise du travail en présentiel est envisagée par les enseignants comme particulièrement difficile : non seulement les modalités de reprise restent incertaines, mais en plus la crainte d’être infecté par les élèves est très importante.



Avant tout, voici une précision importante :


# Le risque de contamination par les enfants paraît faible au vu des données scientifiques récentes. Avant le confinement, on pensait que les enfants étaient très contagieux, ce qui ne semble plus le cas pour les enfants de moins de 10 ans. Il y a plusieurs publications dont celle du comité scientifique Covid-19 du Ministère de la Santé qui soulignent ce point. Cependant, le stress des enseignants est palpable et les nouvelles organisations dressent un schéma incertain qu’il faut appréhender.
Voici quelques outils pour mieux prévenir et gérer votre stress, mais aussi celui de vos élèves lors de la reprise scolaire qui s’annonce.


Prévenir la survenue d’une anxiété importante : je prends soin de moi

Les missions habituelles qui vous sont confiées se modifient sensiblement. Il s’agit toujours de continuer votre travail d'enseignant, mais dans un contexte qui facilite l'émergence d’une tension importante. Vous pouvez vous trouver fragilisé et plus sensible émotionnellement. Prendre soin de soi est un enjeu majeur pour être à l’aise dans la reprise de son travail en présentiel.

# Je veille à mon hygiène de vie : 
  • Je privilégie une alimentation saine et variée. 
  • Je limite ma consommation d’alcool et de tabac, particulièrement avant le coucher.
  •  Je m’accorde une bonne nuit de sommeil (un adulte a besoin en moyenne entre 7 et 9 heures de sommeil par jour). 
  • Je vis autant que possible avec des horaires réguliers. 
  • Je prends soins de mon corps en faisant de l’exercice physique (au moins 20 minutes par jours! La marche rapide compte aussi). 
  • J’évite les chaînes d’infos en continu et tous les alertes sur mon téléphone qui me donnent des informations - le plus souvent stressantes - à toute heure de la journée.

# Je prévois quotidiennement au moins 3 activités agréables qui me ressourcent : écouter de la musique, un podcast, lire, regarder un film, une série, prendre un bain, téléphoner à un ami, cuisiner, chanter, regarder un guide de voyage, dessiner, faire de la musique, tricoter... 
Je peux relever quotidiennement 3 moments positifs et me les remémorer en détail le soir.

# Je cherche du soutien auprès de mon entourage (ma famille, mes amis, mes collègues).
  • J’identifie les personnes-ressources : celles avec lesquelles je suis à l’aise pour partager mes émotions, mes inquiétudes, ma souffrance et aussi celles avec lesquelles je ressens des émotions agréables, avec lesquelles je passe facilement de bons moments.
  • Je peux les appeler, leur envoyer des emails ou même organiser des visio avec eux. Il est important de programmer des rendez-vous avec ses amis. Dans la course du quotidien et le stress, il est parfois difficile d’établir et de maintenir des routines agréables. Très vite on se met à parer à l’essentiel, et - paradoxalement - c’est rarement les activités les plus agréables que l’on maintient lorsqu’on commence à se sentir moins bien.
  • Je m’autorise à exprimer mes besoins à mes proches, par exemple lorsque je n’ai pas envie de parler ou si j’ai besoin d’un moment au calme. Je peux m’inspirer de techniques d’affirmation de soi: Cliquez ici
# Je fais des exercices de relaxation, de respiration.

  • En prévention d’une situation de stress plus intense, je mets en place la technique la plus adaptée de respiration que l’on appelle la cohérence cardiaque pour aider son corps à se stabiliser et à ressentir un bien-être. Le corps qui a appris à être au calme va se détendre plus facilement au moment de stress. Attention : pour que cela soit efficace, il est important d’être régulier ! Nous vous conseillons de faire tous les jours de la cohérence cardiaque, 5 minutes x 3 fois par jour. La clef du succès est la répétition.
  • Il existe différents exercices gratuits sur youtube : ICI
  • Vous pouvez aussi télécharger l’application Respirelax

# J’applique 3 règles de prévention : je hiérarchise, je m’épargne et je me montre indulgent envers moi-même.
  • Je hiérarchise : Posez-vous la question suivante : « Qu’est-ce qui est le plus important tout de suite ? » Exemple : Faire à manger ou répondre à mon enfant qui a besoin de moi à cet instant ?
  • Je m’épargne: Évitez également de prévoir des tâches avec trop d’objectifs. Fractionnez-les ou déléguez une partie à vos proches
  • Je me montre indulgent avec moi-même: On n’est pas un mauvais enseignant parce qu’on modifie certaines règles afin de favoriser le vivre-ensemble durant cette période. Certaines règles devront être assouplies, d’autres instaurées
Mon anxiété est assez importante et je veux essayer de mieux la contrôler

# Savoir repérer des émotions, des idées ou des symptômes physiques qui montrent que je me sens fatigué(e), voire épuisé(e). Si je suis dans le rouge, cela signifie qu’il faut agir plus intensément et sans tarder.







# Faire des exercices de respiration (plusieurs techniques).


Ces exercices peuvent être faits quand je sens que je suis en perte d'énergie. Faites attention au rythme : rappelez-vous que lorsqu'on est stressé, on a tendance à respirer de façon plus superficielle, la respiration s'accélère, le battement du cœur aussi, et on se sent vite essoufflé, ce qui contribue au sentiment d'épuisement… Pour vous aider à compter les secondes, vous pouvez indiquer le rythme 1 -2 -3 avec vos doigts.

  • La technique de respiration dite du « petit chien »
J’inspire par le nez, pendant 5 secondes
Je bloque mon souffle, pendant 4 secondes
J’expire par la bouche pendant 3 secondes

  • La technique de respiration « 5-4-3-2-1 »
L'exercice 5_4_3_2_1 est un exercice de stabilisation émotionnelle. Ce lien permet de faire cet exercice d’une durée de 15 minutes en étant guidé : ICI


  • La technique de respiration dite « anti-panique 
Je vide bien mes poumons
J’inspire lentement et amplement pendant 4 secondes
Je bloque l’air dans mes poumons pendant 10 secondes. Je sens une contraction du thorax
Je souffle doucement pendant 7 secondes comme si je cherche à faire bouger la flamme d’une bougie sans l'éteindre.
Je recommence 4 à 5 fois jusqu’à percevoir des sensations de relâchement. Puis, je poursuis avec une respiration normale, lente, sur 4 à 5 cycles de respiration.


# « Partout où je suis, je fais une pause ». En seulement 4 minutes, en salle des maîtres, entre deux cours ou dans votre voiture sur le parking, vous pouvez discrètement faire une pause.
  • Je prends le temps de m’arrêter. Je m'assois. Je ferme les yeux. Je note les sensations qui apparaissent et j’observe les éventuelles crispations, tensions, douleurs.
  • Je porte mon attention à mon souffle, sans le modifier. Je suis chaque inspiration et chaque expiration, pendant quelques cycles de respiration.
  • Les yeux fermés, je perçois juste les sons. Puis j’ouvre les yeux et je porte attention à la pièce dans laquelle je me trouve. Je prends une grande respiration. Je souffle, je sens la chaise sur laquelle je suis assise, je me lève, je secoue mes mains, bras, jambes. Et je peux reprendre mon activité.
# Tout au long de la journée : je m'entraîne à la mentalisation positive.
Une fois que je suis au calme, après la pause, la relaxation ou la cohérence cardiaque, je me rappelle « les petites choses qui font que j’aime mon/mes enfant(s) », « la dernière fois qu’il/ elle/ils m’ont ému(e)(s) », « ce qui donne du sens à mon métier », « mon dernier fou-rire avec mes amis »… Je peux me faire un album photo mental ou un album photo physique avec des photos qui me font du bien.

# En fin de journée :
j’essaie de me ressourcer et de réfléchir aux éléments positifs de la journée. Même s’il y a eu des moments difficiles, il y a probablement eu également des bons moments. Pensez à ceux-là en vous disant :
  • Qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui qui m’a apporté un peu de satisfaction ? Qu’est-ce que j’ai vu, entendu, ressenti aujourd’hui de suffisamment bon ?
  • Qu’est-ce que quelqu’un d’autre a fait aujourd’hui qui m’a apporté un peu de satisfaction ?
  • On peut aussi faire cet exercice lors d’une petite réunion familiale en fin de journée en s’interrogeant à tour de rôle et en partageant.
  • Je finis cet exercice en me disant : « JE FAIS CE QUE JE PEUX » et j'apprends à me dire cette phrase plusieurs fois par jour.
# Ne pas hésiter à prendre contact avec un professionnel.
Ne vous isolez pas, partagez votre vécu avec vos proches et vos collègues : ils comprendront !


L’association Croix Rouge Écoute est disponible de 8h à 20h et 7j/7 : 0 800 858 858. L’aide psychologique est d’autant plus efficace qu’elle intervient rapidement.


Comment gérer le stress de mes élèves ?

La gestion du stress de la classe n’est jamais simple. Il y a une vraie dynamique de classe qu’il est important de mobiliser. Vous connaissez parfaitement votre classe, et vous verrez combien finalement les enfants sont heureux de revenir à l’école et de reprendre leurs habitudes.

Cependant, cela ne saurait cacher un certain nombre d’inquiétudes chez vos élèves.

* Elles sont toutes assez communes, et donc vous avez déjà l’habitude de les gérer. Elles seront juste un peu plus intenses ou présentes chez un plus grand nombre d'élèves. Il peut s’agir par exemple de la peur de résultats scolaires insuffisants, de l’échec, de la séparation avec leur famille, d’un déménagement qui aura lieu prochainement...

* Il risque cependant d’y avoir de nouvelles préoccupations qui correspondent aux préoccupations concrètes des enfants dans ces situations de crise sanitaire et économique. Par exemple, la peur d’être infecté par le Covid-19, la gestion des règles de distanciation sociale, ou encore la peur des difficultés économiques (16% des enfants de moins de 10 ans s’inquiètent durant la crise de l’impact économique de la crise sur la vie de leur famille...)
Bien évidemment, les stratégies globales de gestion de la classe dépendent de l’âge développemental des enfants dont vous avez la charge, vous le savez bien. Nous vous rappelons juste quelques outils généraux qui peuvent vous être utiles pour gérer le stress de la classe.

# Continuez d’assurer une communication de qualité avec vos élèves.
  • Favoriser une discussion entre élèves quant à la situation. Ne les forcer pas à parler du Covid. Favoriser simplement une discussion simple où chaque élève pourra raconter vraiment une situation qu’il a bien aimée depuis la fermeture de l’école.
  • Vous pouvez prendre part à la discussion en régulant les tours de paroles.
  • Pour les plus grands, cela peut être aussi le début d’un thème à l’écrit ou d’un travail en art plastique.
  • Si on vous interpelle, corrigez les idées fausses et luttez contre la stigmatisation (par exemple, évitez les termes tels que "virus chinois" pour évoquer le coronavirus CoVID-19). Il est important que l’information soit claire pour vous afin de lutter contre la désinformation.

# Assurez la sécurité de vos élèves (et de vous-même). Vous connaissez les règles de distanciation sociale adaptée à votre établissement, vous connaissez vos élèves. La sécurité sera affaire d’ajustement entre les deux.
Il y a un message assez complexe à faire passer mêlant la sécurité individuelle et la sécurité collective: Protéger les autres, c’est se protéger soi-même.
Pour les enfants de classe primaire, les slogans diffusés par les médias provenant de Santé Publique France peuvent être vraiment utiles (ICI). Les enfants les ont déjà entendus.
Chaque école aura un aménagement qui lui est propre. Donc il faudra bien expliquer les nouvelles règles de l’école à vos élèves.
Beaucoup d’enfants n’ont pas connaissance des mesures barrières ou ont du mal à les appliquer systématiquement (il faudra apprendre à les gérer dans des situations complexes comme les temps de récréation ou de repas)
Pensez à féliciter vos élèves lorsqu'ils respectent les gestes barrières.

Pour les plus petits (maternelles - CP):

Proposez des activités ludiques autour de la prévention: création d’affichette avec les règles de base, atelier lavage de main.
Vous pouvez familiariser les enfants à exprimer leurs émotions, par exemple choisir une couleur par état d'esprit (sérénité, joie, anxiété, etc …) que l’élève pourra afficher sur son bureau en début de journée. On peut également proposer un cahier pour suivre l’évolution dans la journée et la semaine.

Pour les plus grands (collège/lycée):

Prévoir un temps de discussion ouverte sur la santé mentale: vous sentez vous anxieux, quelles méthodes avez vous trouvé pour aller mieux, etc …
L’afflux d’informations plus ou moins vérifiées est un levier majeur du stress chronique en période de pandémie. Discutez de l’information et de la validité des sources.


# Certains élèves auront peur et seront stressés.

Rassurez-les sur le fait que la peur est une émotion normale et naturelle. La peur se transmet aussi rapidement. Essayez de proposer à l’enfant qui exprime sa peur aux autres élèves un temps de parole plus individuel avec lui.
Introduisez des temps calmes. Des temps de pause en écoutant de la musique, en regardant une vidéo éducative, un temps de dessin ou de lecture dans le calme vont permettre des moments de répit pour les élèves et aussi pour vous. Attention : la lecture n’est pas toujours simple quand on est très stressé - parfois on rumine encore plus).
Introduisez une routine de relaxation en début de classe. Evitez les exercices de respiration si les enfants ne portent pas de masques. Cela oblige souvent à faire des respirations profondes avec des souffles longs - privilégiez les exercices de méditation pour enfant comme par exemple : Cliquer ici

vendredi 15 mai 2020

Former des enseignants aux compétences psycho-sociales

L’académie de Lyon développe à destination des enseignants des formations sur les compétences psycho-sociales dans le but d’améliorer le climat scolaire des écoles de l’académie. Ces formations ont vocation à faire évoluer les pratiques professionnelles des équipes éducatives et pédagogiques. Les services académiques, en partenariat avec l’Université de Clermont-Ferrand étudient par la suite l’impact des formations sur le personnel enseignant et l’impact des nouvelles pratiques pédagogiques sur les élèves (les élèves développent-ils leurs compétences psycho-sociales ?).







avec les
autres élèves, en adoptant des gestes barrières

jeudi 14 mai 2020

Comment occuper les enfants, en répondant à leurs besoins fondamentaux ?


Un article des Ateliers Gordon





Comment occuper les enfants pendant le confinement ou tout autre situation exceptionnelle, en répondant à leurs BESOINS FONDAMENTAUX ?


Depuis le 16 mars 2020, en raison du COVID 19, la France se trouve confinée. Un peu plus de 12 millions d’élèves des écoles, collèges et lycées en France, sont concernés, soit 18,5 % de la population française. Ceci est une source d’inquiétude visiblement plus pour les parents que pour les enfants….

Ces 2 mois sans école nous permettent d’expérimenter d’autres formes d’apprentissages. Ce temps d’apprentissage effectif à l’école n’est pas de 100 % en raison des capacités de concentration de chacun – les élèves ne sont pas des ordinateurs ! et rappelons qu’un enseignant accompagne en moyenne entre 25 et 40 élèves, ce qui réduit de fait les interactions individuelles avec chaque élève.

Pour se rassurer, allons voir du côté de l’instruction à domicile dont près de 25 000 jeunes soit 0,3 % des enfants de 6 à 16 ans bénéficient – CNED ou en famille (recensement 2017). L’instruction est obligatoire en France, mais pas l’école…

L’instruction à domicile efficace n’est pas la reproduction de l’école. A la maison, pour être efficace, le style éducatif sera plus soucieux du rythme, des besoins, des intérêts et de l’autonomie de l’enfant et il existe une grande diversité de pratiques d’instruction à la maison... La socialisation ne sera pas oubliée via la fréquentation d’autres enfants au cours des activités extra-scolaires et des réseaux sociaux, contrôlés bien évidemment.

Cette période exceptionnelle qu’est celle de l’épidémie de COVID 19 et du confinement est l’occasion d’expérimenter a minima cette « instruction à domicile ». Celle-ci comprend une grande partie d’apprentissages par des activités de la vie quotidienne dans laquelle elle vient s’insérer : en mettant le couvert, le petit apprendra à dénombrer, trier, organiser spatialement... En aidant à jardiner, il entrera dans la connaissance du vivant, mais également dans la motricité fine. Il apprendra à « cultiver son jardin » dans tous les sens du terme…

Beaucoup d’activités de la maison mettent en œuvre des activités cognitives multiples et fondamentales : apprentissage et entraînement d’activités de lectures, activités numériques, mais également fonctions exécutives…

Quoi qu’il en soit, réussir avec succès cette période de confinement à la maison avec les enfants, dans une période chargée en émotions, voire en stress, c’est prendre en compte les besoins de l’enfant afin des les satisfaire au mieux tout en respectant nos besoins personnels.


Ceci n’évite pas les émotions désagréables pouvant générer de fortes tensions, mais contribue à mieux les accueillir et les accompagner.

C’est pourquoi il nous a semblé intéressant de partir de ces besoins pour construire des activités propres à les satisfaire.



Plusieurs représentations de besoins ont été modélisés, la plus célèbre étant celle de la pyramide de Maslow dont le schéma suivant est inspiré et complété par d’autres approches : Gordon, Rosenberg - schéma de C. Marsollier en 2011.




Cet article a pour objectif de vous proposer des ressources pour chaque besoin, en fonction de vos besoins à vous aussi avec des liens vers des sites et documents pour approfondir !


1/ La santé passe par :

- Une nourriture équilibrée mais qui fait plaisir : c’est l’occasion que chacun puisse exprimer ses souhaits et faire une proposition culinaire à réaliser seul.e ou avec aide ! Et pour cela, on peut demander des recettes aux anciens, consulter internet, un livre de cuisine, écouter une émission culinaire – que de ressources s’offrent à nous !

- Une activité physique : elle est essentielle. L’activité physique n’est pas que la pratique sportive ! Bouger dans la maison, c’est déjà manipuler : aider à ranger, cuisiner, bricoler, coudre, réaliser des œuvres artistiques. Par ailleurs, de nombreuses ressources ludiques et attrayantes sont disponibles sur internet, par exemple les défis quotidiens de l’USEP 91.

Un article est également disponible sur le site des Ateliers Gordon : « Bouger ! à la maison » des conseillers pédagogiques EPS de l’Essonne.

2/ Le cadre, la sécurité et la confiance


L’enfant et l’adolescent peuvent parfois montrer des signes d’inquiétude face à cette situation exceptionnelle. Ce sont de véritables « éponges » émotionnelles et l’angoisse des adultes, leur tristesse sont d’autant plus stressants qu’ils n’en ont pas les clés.

La sécurité matérielle et affective sont essentielles et reposent sur un cadre sécure et la confiance qu’ont les enfants dans leurs parents.
Sincérité et authenticité chères à l’approche Gordon sont ici plus que jamais de mise.
Pour venir en aide à vos enfants et adolescents, voici plusieurs conseils :

· Prenez du temps pour parler de l’épidémie de Covid-19 avec eux s’ils le souhaitent ;

· Répondez à leurs questions de manière factuelle et compréhensible, dans un langage accessible pour eux et adapté à leur âge ;

· Lisez-leur/partagez des histoires, des contes, des mythes pour répondre aux questions, mais également les aider à s’évader ;

· Rassurez-les sur le fait qu’ils sont en sécurité ;

· Restez à l’écoute et acceptez qu’ils se sentent éventuellement débordés par la situation ;

· Partagez avec eux vos stratégies pour faire face à votre propre stress, afin qu’ils apprennent de vous ;

· Limitez l’exposition de votre famille aux couvertures médiatiques ;

· Essayez de mettre en place et de maintenir des routines, notamment des horaires pour les activités scolaires à la maison et pour les loisirs de vos enfants ;

· Soyez un modèle pour eux ;

· Maintenez les contacts avec les amis et les membres de la famille.

L’hôpital Robert Debré a mis à disposition un ensemble de fiches fort intéressantes

En voici quelques titres :

- Mes enfants se bagarrent toute la journée durant le confinement

- Comment gérer les comportements d’opposition et les crises de rage pendant le confinement ?

- Planification de la journée en période de confinement pour les enfants 3/11 ans


3/ Appartenance et considération


L’être humain étant un « animal social », l’appartenance au groupe est fondamentale pour son bien-être. Les jeunes comme les adultes ont besoin de considération de la part des différents groupes auxquels ils appartiennent (famille, amis, groupe sportif…). Le confinement par la force des choses réduit le tissu relationnel avec interactions concrètes à des relations uniquement intra familiales, là où l’enfant et le jeune construisent leur appartenance au groupe social de leurs pairs.

Si cette période peut permettre aux jeunes de renforcer le sentiment d’appartenance au groupe-famille (parents à la maison et grand-parents par des liens réguliers via le téléphone et autres medias), elle a tendance à distendre les liens avec les camarades et les amis, de part la réduction des interactions sociales physiques. Certes les réseaux sociaux existent mais l’on sait le danger qu’ils peuvent aussi représenter. Là encore, il est important d’accompagner le jeune par rapport à l’utilisation d’internet. Ce n’est pas en interdisant mais en formant et en accompagnant que l’enfant arrivera à un usage raisonné de la communication via les réseaux sociaux et internet.

Nous vous proposons sur ce sujet un lien intéressant de Serge Tisseron : « le confinement : les écrans autrement »

Et en conclusion, n’oublions pas la motivation qui est le moteur de toute activité : pour être motivé, il faut être rassuré, félicité et encouragé.

Toutes les activités déclinées ci-dessus peuvent être des défis qui déboucheront sur la réussite, qui vient directement activité notre circuit de la récompense !

On peut ainsi sur différents sujets, construire un défi qui aboutira à une « récompense ». Ceci peut être collectivement construit par la famille avec le « vase de la récompense ». Chaque membre de la famille qui aura réussi son propre défi viendra porter un haricot ou une perle, ou une graine, dans un pot (plus ou moins grand…) transparent (pour voir la progression). Ainsi quand le pot sera rempli, il y aura une « récompense globale » pour toute la famille choisie ensemble.

Donnons un exemple concret :


Paul 6 ans s’est donné pour défi de mettre le couvert de midi tous les jours : A chaque fois que Paul a mis le couvert (les critères de réussite auront été posés au préalable), il portera un haricot dans le vase.
Marie 15 ans s’est donné pour défi de se lever tous les matins à 7h30. Chaque matin où elle a réussi son défi, elle porte son haricot dans le pot.
Pierre, le père, s’est donné pour défi de faire la cuisine tous les soirs.
Sylvie, la mère, s’est donné pour défi de faire 1/2h de gym tous les jours à 9h .Etc….
Lorsque le pot sera rempli, la famille bénéficiera d’une récompense collective qu’elle aura choisie au préalable au sein d’un « conseil de famille ». Ici, ce sera : des billets pour aller au Parc Astérix... Quand il réouvrira !!!!

Et maintenant ! 

Bonne chance, et que cette période vous permette d’oser ce que vous n’avez jamais osé sans jamais oublier d’en parler !



Par Marie-Claude Bloch, formatrice Gordon

mardi 12 mai 2020

Mon enfant prend du poids et gère ses émotions avec la nourriture… (et moi aussi !)

Article de :
Dr S Barret, psychiatre et Dr C Stordeur, pédopsychiatre ; F Bergametti, diététicienne ; Centre de Référence Maladie Rare – Anorexie Mentale à début Précoce - Centre d’Excellence Trouble du Neurodéveloppement – Hôpital Robert Debré - Paris

Nous sommes tous perturbés par cette situation exceptionnelle de confinement. Le confinement bouleverse nos repères. Les horaires des repas sont chamboulés, peut-être même complètement inexistants. Le confinement nous impose un nouveau mode de vie et cela a des répercussions sur nos temps de repas et sur notre alimentation.

  •  Si votre enfant prend trop de poids, il est probable que l’alimentation soit trop riche ou trop abondante – ce d’autant que l’activité physique est souvent réduite durant le confinement. Nombreux sont ceux qui ont tendance à manger plus et à grignoter dans la journée avec le confinement, les enfants comme les parents.
  • C’est une réaction fréquente face à une situation de stress et plusieurs facteurs peuvent maintenir l’augmentation des prises alimentaires :
- Une recherche de fuite des émotions négatives (ennui, tristesse en particulier) qui s’associe avec une envie d’aliments plaisir réconfortants souvent gras et /ou sucrés

- La déstructuration des rythmes de vie en particulier l’absence d’horaire de repas et les régimes alimentaires non équilibrés.

1 . Identifiez ce qui se passe : Utilisez le thermomètre des émotions


Lorsque vous voyez votre enfant manger la totalité du paquet de bonbon 1h après la fin du déjeuner, proposez-lui de faire un point sur ce qui se passe avec les questions suivantes :

o Est-ce vraiment de la faim que tu ressens ?
o Comment te sens tu ? Es-tu triste, en colère, as-tu peur ?
o Est-ce que tu t’ennuies ?


Proposez-lui un thermomètre des émotions
et demandez-lui de situer l’intensité de son émotion sur celui-ci.



(source : http://lavs-hallucine.blogspot.com/2014/03/transmission-doutils-thermometre-des.html).


Montrez lui une liste d’émotions afin de préciser le plus possible ce qu’il ressent. Pour les plus grands cette solution avec des mots plus complexes peut être utile.




(D’après Elizabeth Couzon et Charlotte Ribault “Moi aussi je médite”, source : https://adozen.fr/la-tableau-des-synonymes-des-emotions-telechargement-gratuit/)

Au début, votre enfant ne trouvera peut-être pas grand-chose à noter, mais progressivement, il parviendra à mieux identifier ce qui se passe en lui. Et cela lui sera très utile !

Même en période de confinement, il existe d’autres gratifications que les gratifications alimentaires. Faites une liste d’activités réconfortantes accessibles à la maison.

2/Réagissez en fonction : Votre enfant mange parce qu’il s’ennuie

 Il est normal de spontanément chercher à combler le sentiment d’ennui, c’est une sensation que certains trouvent très inconfortable. La nourriture est un moyen simple et facilement accessible pour l’effacer. Voici quelques alternatives que vous pouvez lui proposer :

 Rédiger une liste d’activités que vous et vos enfants pourriez faire lors des moments d’ennui (et donc de grignotage). Par exemple, jouer à des jeux de société, faire des dessins, des bricolages, écouter un podcast sympa, chanter, danser, lire un livre. Si vous manquez d’inspiration, de nombreux sites internet regorgent d’idées (dont https://taleming.com). Échangez avec vos amis et vos proches, partagez vos idées !

Planifier la journée de votre enfant permet également d’éviter de trop grandes plages horaires d’ennui. C’est aussi l’occasion d’échanger en famille sur les envies, les besoins et les limites de chacun.

 Essayer la méditation. De nombreux ouvrages traitent de ces sujets (Calme et attentif comme une grenouille d’Eline Snel, Un Cœur tranquille et sage de Susan Kaiser Greenland, Méditer jour après jour de Christophe André pour les techniques de méditation, Le piège du bonheur du Dr Russ Harris, pour une réflexion sur le sens de la vie, les valeurs que l’on souhaite cultiver) et peuvent vous accompagner dans cette démarche. 

Vous trouverez aussi de nombreux supports sur internet pour la méditation, par exemple, pour les enfants : https://www.youtube.com/watch?v=CWRAe2b_ZhI
https://www.youtube.com/watch?v=trZ7IYKCGbc


 3 Réagissez en fonction : votre enfant mange parce que cela lui évite de penser ou d’être triste

 Il est humain d’être tenté de fuir ses pensées et émotions désagréables. Cela fonctionne souvent à court terme… moins à long terme ! Et les conséquences à long terme peuvent ne pas convenir à votre enfant ! Les émotions négatives reviennent toujours à nous en boomerang, et tenter de les annuler implique de tout annuler, le positif comme le négatif !

 vous pouvez l’aider à se concentrer sur un exercice de respiration abdominale.

- Certaines applications peuvent être utiles (par exemple, Breathe plus, application téléchargeable gratuitement sur votre portable).
- Vous pouvez dans ce cas-là aussi essayer la méditation.
- Attention ces techniques sont cependant plus efficaces si votre enfant s’est entrainé au préalable à distance d’un moment émotionnellement compliqué.

Dresser une liste d’actions que vous et vos enfants pouvez faire dans les moments difficiles : par exemple : se faire un câlin, faire un câlin à doudou ou au chat, écouter une musique qui m’apaise, appeler un proche …
- Testez les solutions qui vous viennent à l’esprit et notez celles qui vous semblent être les plus efficaces.
- On peut afficher cette liste sur le frigo, dans le salon, dans la cuisine ou même la mettre dans sa poche !

4 Réagissez en fonction : maintenez des horaires de repas réguliers

 Il est important de maintenir des horaires de repas réguliers. Une des conséquences du confinement peut être la perte des rythmes habituels de la vie quotidienne. Ce confinement doit être l’occasion de retrouver les repas de famille pris tous ensemble.

 Favorisez la préparation des repas en famille, et impliquez vos enfants dans la confection des recettes.

Discutez les menus en famille, cherchez de nouvelles recettes, planifiez les courses, cela développera les compétences d’organisation et de planification de chacun.

Souvenez-vous que les enfants prennent 4 repas par jour (pas plus). Le goûter est un repas important pour eux. Limitez au maximum les grignotages, sauf avis médical contraire (par exemple diabète ou encore trouble du comportement alimentaire de type ARFID, c’est -à-dire un enfant qui ne mange pas assez et qui a besoin de prendre des collations entre les repas pour sa santé).

 Si votre enfant vous réclame à manger constamment dans la journée, proposez-lui éventuellement une collation (soit 1 ou plusieurs articles alimentaires prélevés sur les repas d’avant et/ou d’après) à 10h.

Prenez également conscience de ce que vous mangez au cours du repas : éteignez les écrans, faites du repas un moment convivial et consacrez-y le temps nécessaire, à savoir au minimum 30 minutes. Profitez-en, vous pouvez prendre le temps de manger !

Évitez les grignotages : pour éviter les grignotages, reportez-vous à la fiche, mon enfant grignote toute la journée. Cliquez ici

 5 Réagissez en fonction : Adaptez vos habitudes alimentaires au confinement

Si votre enfant a pris du poids, il n’est pas souhaitable de le mettre au régime. Ceci ne ferait qu’augmenter la fréquence des grignotages et des prises alimentaires irrépressibles.

 L’objectif est d’avoir une alimentation équilibrée et variée. Inutile de batailler pour qu’ils finissent leurs légumes mais insistez pour qu’ils y goûtent. Valorisez plutôt les efforts effectués et déterminez ensemble au préalable les menus.

En cas de conflit récurrent autour des repas, des systèmes de tableau à points peuvent même être proposés. 

Voir fiche Motiver les changements durant le confinement : Le tableau à point ou système d'économie de jeton


Un repas équilibré (déjeuner ou dîner) peut être obtenu avec 4 types d’aliments seulement :

- Crudité pour la vitamine C : légume cru (tomate/salade/..) en entrée ou fruit cru (pomme/orange)
- Viande ou poisson ou œuf (protéines)
- Féculent ou légume, ou un peu des deux
- Produit laitier (fromage 1x/jour maximum ou un laitage)

Attention : on ajoutera très peu ou pas de pain si on ne mange que des féculents.

 Pour le goûter : vous pouvez donner 2 des 3 types d’aliments suivants :

- Une portion individuelle de biscuits
- Un laitage (yaourt ou verre de lait)
- Un fruit

Si vous n’avez pas d’idées, une grande variété de menus est disponible sur le site manger, bouger


6 Réagissez en fonction : Faites du sport avec votre enfant et toute la famille

 Favorisez l’activité physique : malgré le confinement, il est possible de pratiquer du sport à la maison : yoga, gymnastique adaptée aux enfants vous trouverez plein d’exercices à effectuer sur internet et de nombreuses applications sont maintenant gratuites le temps du confinement. Vous pouvez aussi faire des parcours de motricité, danser en famille, l’essentiel est d’avoir des temps au cours desquels vous vous dépensez tout en vous amusant.

Déterminez à l’avance les temps au cours desquels les enfants pourront se dépenser à leur guise, structurez la journée avec un emploi du temps … Prévoir deux fois 30 minutes chaque jour pour se dépenser et se défouler, vos enfants en ont besoin et vous aussi !

 Vous pouvez aussi lire nos fiches de psychomotricité, il y en a pour tous les âges et vous y trouverez plein d’idées pour bouger : maternelle – primaire - collège / lycée